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La voie est libre pour les investisseurs à Kalouga

Le miracle kalouguien

Il y a encore huit ans, l’oblast de Kalouga était une province perdue et largement subventionnée. Aujourd’hui, l’économie y croît plus vite qu’en Chine : en seulement quelques années, a éclos le troisième cluster automobile; ont débarqué des cadres venus de Moscou même ; et les requins du business mondial réagissent au mot « Kalouga » en frétillant amicalement de la queue. À l’origine de cette révolution économique locale : des emmerdeurs méticuleux, d’effrayants conformistes et des exécutants têtus.

Les voitures contemporaines ne poussent pas en eau trouble

Josef Baumert adore les snickers. Pour autant, il est mince, élancé et ressemble à l’attaché de presse du président, Dmitriï Peskov. Baumert est directeur de l’usine Volkswagen Group Rus, mais biologiste de formation.

En Allemagne, il possède un étang dans lequel il élève des carpes koï colorées.

— Et qu’ont-elles de si spécial ?

— Les koï, on peut les regarder des heures sans se lasser. En outre, leur élevage relève d’un processus tout à fait fascinant. Chaque nouveau poisson vient au monde avec une teinte absolument imprévisible. Dans un certain sens, cela rappelle le lancement de nouveaux modèles de voitures, puisqu’il s’agit dans un cas comme dans l’autre de tendre à la perfection.

Volkswagen n’est pas le premier producteur étranger que les « magiciens » de Kalouga ont attiré dans leur région, mais sans conteste un des plus importants. La concurrence avec les autres régions pour Volkswagen a été très dure, Kalouga a marché sur la dernière ligne droite au coude à coude avec Iaroslavl. L’argument décisif pour les Allemands fut la transparence des relations avec les autorités locales. Les voitures contemporaines ne poussent pas en eau trouble.

Le directeur général de Volkswagen Rus a produit des automobiles dans différents coins du monde et en a tiré une conclusion importante : pour obtenir des gens le résultat souhaité, il ne faut pas les gérer – il faut simplement les étudier.

— En Russie, par exemple, il faut être vigilant lorsque les employés commettent des erreurs et en aucun cas personnifier le problème – Baumert se met à ressembler à Paganel annonçant sa toute dernière découverte. En Allemagne, je peux dire directement à toute l’équipe : il nous arrive ceci, et c’est la faute de tel collaborateur. La personne tire ses conclusions, comprend la raison de son erreur et y remédie. Mais si je fais pareil en Russie, la première réaction sera « Oh ! Ce n’est pas moi ! ». Pourtant, si j’indique simplement l’erreur, sans la relier à un individu en particulier, le résultat sera tout autre. Les Russes se débrouilleront eux-mêmes pour savoir qui est coupable au sein de l’équipe, ils tireront leurs conclusions, et le problème sera réglé.

A Kalouga, chaque usine a ses traditions de gestion propres. Volvo, par exemple, en dépit de ses racines suédoises libérales, s’avère bien plus intransigeant à l’égard des habitudes locales. Le directeur, Lars Farnskog, affecte durant l’entretien un comportement démocratique, mais on devine derrière la méfiance de l’austère moujik scandinave :

— Non, nous n’ajustons pas notre système à la mentalité locale. Où que nous travaillions, nous agissons sur la base de la philosophie de gestion de Volvo, et il ne peut y avoir là-dessus aucun compromis.

Par ailleurs, Lars s’intéresse lui aussi aux poissons. Farnskog est un acharné, qui ne pêche qu’en pleine nature. Sauf qu’allez savoir pourquoi, à Kalouga, il n’a, en la matière, terriblement pas de chance : il est allé plusieurs fois sur la berge avec sa ligne mais n’a jusqu’à présent rien attrapé du tout. […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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