Le Courrier de Russie

Dessine-moi Taroussa

Sous ses airs de modeste petite ville de province, Taroussa offre des paysages uniques et a hébergé des artistes parmi les plus célèbres de Russie. Victime de son succès, elle est aujourd’hui menacée – avec son héritage – par la construction intensive de résidences particulières. Des étudiants en architecture russes et français y ont passé ensemble une semaine, à réfléchir aux moyens de donner un second souffle à cette bourgade chère au cœur des Russes. Reportage.

Lyon – Taroussa

Tous les Russes vous diront qu’en vous éloignant de Moscou, un autre monde s’ouvre à vous : celui des petites villes. Loin de l’agitation des grands centres, elles semblent figées dans un temps révolu, avec leurs petites maisons de bois et leurs voies de communication rudimentaires. Ces cités, dont la population ne dépasse pas les 50 000 habitants, recouvrent deux tiers du territoire russe. Parmi elles : Taroussa, 10 000 habitants, sise aux abords de l’Oka.

À seulement 120 km au sud de Moscou, la bourgade n’est pourtant reliée ni aux chemins de fer, ni à aucun grand axe. On n’y accède qu’en 4X4, par des routes de terre non asphaltées et, en cette période de l’année, couvertes de neige. Ce parcours du combattant n’a pas effrayé les quatre étudiants de l’école privée d’architecture Confluence, située à Lyon, et leur professeur, Nicolas Hannequin, qui, pour leur premier voyage en Russie, ont rejoint Taroussa.

Ils y ont retrouvé un groupe d’une dizaine d’étudiants russes, de l’école d’architecture moscovite MARCH, pour réfléchir ensemble au futur de la ville.

Choc des cultures

Le groupe a commencé par se familiariser avec les lieux en arpentant Taroussa de long en large. Mais aujourd’hui, fini la balade : les jeunes gens se retrouvent dans la salle de conférence de la Maison de la littérature, […]