Le Courrier de Russie

Hahatchkala

Parler plus de deux minutes sans raconter une blague ? C’est trop demander à un Daghestanais. Dans ce pays de montagne, les conversations les plus sérieuses sont immanquablement accompagnées d’élégantes plaisanteries. Et ce n’est pas un hasard si les Daghestanais raflent régulièrement les premières places du jeu humoristique le plus populaire de Russie : le KVN. Où l’humour daghestanais puise-t-il sa force ? Réponses d’Alexandre Kourguinian, directeur adjoint de l’équipe daghestanaise de KVN de 1999 à 2003, aujourd’hui vice-ministre de l’information de la république.

Le Courrier de Russie : Qu’est-ce qui fait la particularité de l’humour daghestanais ? Et d’où vous vient cette culture du rire ?

Alexandre Kourguinian : L’origine de notre humour est à chercher dans l’hospitalité caucasienne, qui est quelque chose de sacré. Chez nous, accueillir des invités, c’est tout un art. Et nous estimons que le meilleur moyen de rendre leur séjour inoubliable, outre la cuisine et les paysages, c’est de leur raconter des histoires sur les singularités de la région ! Ces histoires sont généralement transmises sous forme de petites anecdotes – vous savez, dès que l’on ajoute des éléments d’humour, les gens s’ouvrent, se détendent. Les histoires drôles, dans notre région, c’est véritablement toute une culture. […]