Noces daghestanaises

Dans le Caucase, le mariage est une grande affaire. Mariage d’amour ou mariage arrangé avec une famille respectable du même clan – dans cette république conservatrice, on célèbre l’union des jeunes gens avec faste, cotillons et traditions. J’ai eu le privilège d’être invitée à trois mariages de trois ethnies différentes, à la campagne et en ville ; j’ai pu entrer dans la danse, mythique, de la noce daghestanaise.

Mariages arrangés

Difficile de savoir quel pourcentage de couples, au Daghestan, se marient par amour ou sur accord des familles.

La famille du fiancé avait repéré la jeune fille et est venue trouver ses parents, pour faire leur demande. Seuls les parents des deux familles participent à ce type de rencontres. La famille du fiancé décrit le caractère du garçon, met en avant sa force de travail, son aisance matérielle, le respect dont il fait preuve envers sa mère et les aînés. La famille du fiancé n’est invitée à s’assoir à table que lorsque l’autre famille accepte la proposition. Alors, on offre à la fiancée de l’or et des vêtements. La famille du fiancé offre aussi une maison, un appartement ou une chambre dans la maison familiale. La famille de la fiancée, elle, doit meubler et décorer entièrement la maison.

Kazbek et Aïda ne se sont rencontrés physiquement que très récemment. Pendant plusieurs mois, ils se sont simplement téléphoné ou skypés pour faire connaissance. Je demande à la mère d’Aïda de quoi parlent les fiancés quand il ne se connaissent pas. « De tout et de rien. Du travail, des occupations », répond-elle. Parle-t-on des plans de vie, des rêves, des enfants, de leur éducation ? « Non, on réserve ça pour après le mariage, poursuit-elle. Lorsqu’elle discutait par téléphone avec Kazbek, Aïda me disait qu’elle aimait sa façon de parler, et ce qu’il racontait. J’ai été rassurée. Si elle avait eu un mauvais contact, nous aurions tout annulé. »

Une amie de la jeune mariée me confie : « Notre mariage aussi a été arrangé par nos parents, nous nous sommes mariés l’été dernier. Oh, j’ai adoré mon mariage, je regarde tout le temps la vidéo en dansant avec mon bébé dans les bras. Oui, l’amour est venu après. Bien sûr, […]

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Marie de La Ville Baugé

Dernières nouvelles de la Russie

En régions

La route bleue des âmes #3 : la Iakoutie

Dans le nord-est de la Russie, on a un jour, dans les années 1930, voulu tracer un trait dans le blanc. Une route devant relier un nulle part – la ville de Magadan, tout juste fondée par les prisonniers du Goulag au bord de la mer d’Okhotsk, cette « île » comme elle a longtemps été surnommée – au continent russe. Une route qui servirait à désenclaver la région, exploiter et acheminer vers l’ouest, par la Iakoutie, les formidables trésors de son sol : or, argent, étain, uranium, bois.Le premier épisode est à retrouver iciLe deuxième épisode est ici Iakoutie La Iakoutie, appelée aussi république de Sakha, est une région grande comme six fois la France, mais peuplée seulement d’un million d’habitants. Jusqu’aux années 1930, la région abrite principalement des Iakoutes, qui vivent de la chasse, de la pêche et de l’élevage de rennes, chevaux et vaches. Puis, les Russes sont arrivés pour aider à exploiter le charbon, l’or et les diamants du sous-sol. Le chamanisme et l’animisme sont restés bien vivants, ici. On prouve son respect à la déesse terre et au dieu feu par des offrandes, et l’on invoque les esprits purificateurs du corps et de l’âme au son d’un petit instrument que l’on fait vibrer devant sa bouche : la guimbarde. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

17 mars 2017
En régions

La route bleue des âmes #2 : Kadyktchan – Oust-Nera

Dans le nord-est de la Russie, on a un jour, dans les années 1930, voulu tracer un trait dans le blanc. Une route devant relier un nulle part – la ville de Magadan, tout juste fondée par les prisonniers du Goulag au bord de la mer d’Okhotsk, cette « île » comme elle a longtemps été surnommée – au continent russe. Une route qui servirait à désenclaver la région, exploiter et acheminer vers l’ouest, par la Iakoutie, les formidables trésors de son sol : or, argent, étain, uranium, bois.Le premier épisode est à retrouver ici Kadyktchan À Kadyktchan, plus une âme. Le dernier habitant, qui vivait là avec ses chiens, est mort l’hiver dernier. Au milieu des années 1990, une explosion dans la mine de charbon – où Chalamov a travaillé entre 1940 et 1942 et qu’il décrit dans ses nouvelles – tue six personnes. Mais surtout, la mine n’est plus rentable, et on décide de la fermer. Les habitants partent ou sont expulsés, après avoir reçu une petite indemnité. On coupe l’eau, le chauffage, l’électricité, on met le feu aux garages et aux abris de potagers. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 mars 2017
En régions

La route bleue des âmes #1 : Magadan – Sinégorié

Dans le nord-est de la Russie, on a un jour, dans les années 1930, voulu tracer un trait dans le blanc. Une route devant relier un nulle part – la ville de Magadan, tout juste fondée par les prisonniers du Goulag au bord de la mer d’Okhotsk, cette « île » comme elle a longtemps été surnommée – au continent russe. Une route qui servirait à désenclaver la région, exploiter et acheminer vers l’ouest, par la Iakoutie, les formidables trésors de son sol : or, argent, étain, uranium, bois.J’ai pris cette route comme embarquée dans la lecture d’un grand livre d’histoire. J’aurais voulu prendre du temps pour relier Magadan, traverser ces huit fuseaux horaires depuis Moscou lentement, sentir réellement l’éloignement de ce Nord. Mais j’ai pris l’avion, comme tout le monde. Et j’ai été surprise de trouver l’énorme engin à moitié plein. Aujourd’hui, on continue d’aller à Magadan. Les dernières heures, nous volons au-dessus de la Kolyma, paysage de taïga très graphique : dunes blanches et glacées striées de gris par les pins, coupées ça et là par une rivière gelée. Les bus qui font la navette dans l’aéroport vous accueillent avec les slogans : « Magadan, cœur d’or de la Russie », « Magadan a été, est et sera » et un beaucoup plus inquiétant : « La route vers le ciel commence avec nous ». […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

15 mars 2017