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Makha la caucasienne

Makha la caucasienne

Qui est la vraie Makhatchkala, ou Makha, comme se plaît à la surnommer la jeunesse ? Quelle est la vie de ses vieilles rues ; de ses plages avec leurs cafés hospitaliers sur la berge et leurs clubs fermés ; où trouver, sur les marchés, des produits pas chers… et qu’est-ce que Cléopâtre vient faire là ?

On dit que la reine Cléopâtre n’était pas si belle que ça. Cou épais, jambes courtes, nez crochu… – elle aurait peu probablement remporté un concours de beauté. Et pourtant, elle a rendu fous les plus grands stratèges de Rome. Quel rapport avec Makhatchkala, me direz-vous ? Eh bien, que ses habitants me pardonnent, mais la ville a quelque chose de Cléopâtre.

Makhatchkala n’est pas proportionnée : son agencement ravirait les peintres d’avant-garde, qui aiment, sur leurs portraits, placer l’oreille là où devrait être le nez. Ici, les hôtels particuliers, qui hurlent à pleines briques la fortune des fonctionnaires locaux, voisinent avec des balcons illégaux de la taille d’un appartement, tenant sur deux pilotis. Ici, les affiches citant des paroles du président sont plus nombreuses que dans la Moscou soviétique, et certaines rues sont plus dangereuses à traverser qu’un canyon de montagne.

Et pourtant, l’étranger qui a l’occasion de passer une semaine ou deux à Makhatchkala ne saura résister longtemps à ses attraits. Le premier choc passe rapidement, et si l’hôte de passage n’a pas été, entre-temps, écrasé par un automobiliste fou ou poussé à la cirrhose par ses libations avec l’intelligentsia locale, il voudra immanquablement revenir. Car en termes de charme et de force vitale, Makha la caucasienne tient largement la concurrence avec la légendaire reine d’Égypte.

La Makhatchkala d’aujourd’hui est une combinaison sans précédent de choses parfaitement incompatibles. Y vivent en bonne intelligence des dames en hidjab et des demoiselles en mini-jupes, de joyeuses tavernes et des distributeurs de café qui préviennent :  « Pendant le mois de Ramadan, la machine ne sert pas de boissons et ne rend pas la monnaie avant 19h. » La prière du vendredi à la Grande Mosquée entraîne d’interminables mouvements de foule et des embouteillages immenses, tandis que la ville a, dans le même temps, des airs de réserve naturelle ayant conservé par miracle ses intellectuels soviétiques, avec leurs conversations enfumées dans les cuisines sur le sens de la vie, les femmes et Heidegger.

Restaurants pour les siens

Il y a plusieurs années, une célèbre revue avait publié une sélection de ce qui existait en Europe et que l’on ne trouverait jamais à Moscou. On y mentionnait, entre autres, un café au bas d’un immeuble dont tous les habitants se connaissent, où de joyeux cuisiniers, travaillant en famille, vous servent votre repas sur la simple promesse de revenir payer le lendemain. À Makhatchkala, ce rêve moscovite inaccessible est une réalité des plus ordinaires.

La ville est pleine de ces petits cafés, pas présentables pour un sou, ouverts par d’anciens habitants des divers villages des alentours pour leurs anciens voisins. Ici, le Balkharois déjeune chez les Balkharois, le Sogratlien chez les Sogratliens, et ni l’un ni l’autre n’a honte d’emmener dans ces salles obscures et enfumées même les hôtes les plus nantis : car la nourriture que l’on prépare pour les siens est, d’ordinaire, délicieuse.

Bars pour les intimes

Depuis l’ouverture de son premier club, le Liverpool, au début des années 2000, par le fanatique des Beatles Gueorgui Garounov, Makhatchkala a engendré une quantité innombrable de lieux du même type. Malgré toute leur hétérogénéité, ces endroits ont un point commun – chacun ne fonctionne… que pour les siens. Le visiteur de hasard soit se voit refuser l’entrée, […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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