Dave Hayton : « Je veux faire connaître le Daghestan au monde entier »

L'anthropologue américain Dave Hayton vit depuis six ans au Daghestan avec sa femme russe et leurs trois enfants. Qu’est-ce qui l’a amené au Caucase ? Il raconte son expérience à la revue Etokavkaz.ruEtokavkaz : Dave, pourrais-tu décrire le Daghestan d'un point de vue anthropologique ?Dave Hayton : Le Daghestan a très longtemps été considéré comme un endroit où finissait le monde. Pour la Chine, le monde s'arrêtait au bord de la Caspienne, et pour la Grèce, dans les monts du Caucase - là précisément où se situe le Daghestan. La terre du Daghestan était perçue comme la frontière nord du monde habité par les Perses, et comme sa frontière sud par les Vikings - pour les uns et les autres, elle était le refuge de tous les fuyards et les aventureux. Ils y arrivaient de partout, s’y installaient et y vivaient en autonomie totale, sans se mêler à leurs voisins. C’est ce qui explique que l'on trouve au Daghestan une très grande variété de langues ; et c'est aussi ce qui rend les Daghestanais à la fois si méfiants et si hospitaliers envers les étrangers.Aux Ier et IIe siècles avant notre ère, les territoires des actuels Géorgie, Daghestan et Azerbaïdjan étaient occupés par un État connu sous le nom d'Albanie caucasienne. Le géographe grec Strabon le décrit comme une fédération « de 26 tribus ardentes », à la culture très raffinée. Ces montagnards étaient des guerriers, mais aussi des poètes. Il reste de cette époque lointaine quelques vestiges, sous formes de très beaux contes et légendes ; mais pas seulement.Etokavkaz : Dis-nous en plus !D.H. : Je suis tombé en panne, un jour, sur une route du Daghestan. Vers une heure du matin, ma femme et moi sommes donc arrivés dans un village, à Nijni Djalgan, et avons frappé à la première porte. Le maître de maison nous a accueillis très chaleureusement : il a immédiatement réveillé sa famille, sa femme a préparé le khinkal [plat daghestanais traditionnel, fait de morceaux de pâte cuits dans du bouillon de viande, ndlr], les voisins sont venus et nous avons passé la nuit à discuter, jusqu’à cinq heures du matin. Les habitants m’ont raconté que leurs ancêtres, persans, étaient les gardiens de la Grande muraille caucasienne Dag-Bary.

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Inna Doulkina

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