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Saïd Amirov, ex-maire de la capitale du Daghestan

Saïd Amirov : le « Roosevelt sanguinaire»

Suspecté d’avoir commandité un assassinat, Saïd Amirov, ex-maire de la capitale du Daghestan, a été arrêté le 1er juin 2013. Point d’orgue d’une série de meurtres et d’attentats ayant touché le Daghestan ces dernières années, et alors que la république bascule un peu plus chaque jour dans l’islamisme, Le Courrier de Russie a voulu se pencher sur l’envers du décor de cette république russe dont on dit qu’elle sera la prochaine Tchétchénie. Dossier à retrouver sur notre site jusqu’au 21 juin.

Récit poignant sur l’ancien maire de Makhatchkala, comment il est arrivé au pouvoir et a semé la terreur autour de lui.

Note de l’auteur : Cet article a été écrit par un ami, qui vit à Makhatchkala. Il craint de le signer de son nom – car au Daghestan, qui s’oppose au pouvoir se condamne à mort.

Cet article a été publié avant l’arrestation du maire de Makhatchkala Saïd Amirov.

Coupeur de laine

Il fut un temps où Makhatchkala était une agréable ville portuaire, noyée sous la verdure de ses allées fleuries. On y venait passer ses vacances depuis toute l’Union soviétique. Les immeubles au style Renaissance soviétique, les statues d’athlètes staliniens le long du stade Dynamo, la jeune femme de bronze près du fleuriste, le monument au pêcheur sur le bord de la Caspienne, le cinéma d’été – tout ceci créait l’aura inimitable de la Makhatchkala soviétique. Mais la sombre tornade des années 90 n’a épargné ni la jeune femme de bronze (elle a fini en pièces détachées à l’usine de métal) ni les athlètes staliniens de pierre (détruits par des vandales). Le monument au pêcheur n’est plus, le cinéma d’été a été anéanti jusqu’à ses fondations – à sa place parade désormais une salle de banquet. En une période relativement courte, la « gentille ville du bord de la Caspienne » est devenue un monstre sale, lourdaud, couvert d’édifices sans goût et d’une inimaginable quantité de centres commerciaux, restaurants, cafés, boutiques.

Makhatchkala aujourd’hui, c’est un gigantesque chantier. On peut dire adieu à la sauvegarde de son image historique – le moindre mètre carré a ici une valeur commerciale, qui seule signifie quelque chose pour le maître de la ville.

Le maître s’appelle Saïd Amirov. Il est né le 5 mars 1964 au Daghestan, dans le village de Dzhangamakhi, dans une famille nombreuse – comme le veut la tradition en ces lieux – de paysans darguines.

Saïd Amirov a commencé sa carrière comme coupeur de laine. À l’image du personnage d’Ilf et Petrov, souvent, il « confondait la laine de l’État avec la sienne propre ». Ce qui ne l’a pas empêché de se hisser au rang de chef d’entrepôt et, plus tard, de prendre la tête de la Coopérative des consommateurs du Daghestan. Le fruit de son « travail » fut que les entrepôts de lainages brûlaient l’un après l’autre. Les autorités commencèrent de soupçonner que ces incendies étaient intentionnels, ayant pour but de dissimuler le détournement de propriétés de l’Etat socialiste. […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

L’inquiétante nébuleuse des centres de désintoxication privés en Russie

Le 28 novembre dernier, la directrice du centre de désintoxication Phénix, situé en banlieue de Moscou, a été mise en examen dans l’affaire de la mort, en octobre 2017, de l’acteur Dmitri Marianov, qui y était soigné pour sa dépendance à l’alcool. Une première en Russie. Les centres privés de « thérapie par le travail », pullulent dans le pays. N’étant pas considérés comme des établissements médicaux, ils sont très peu contrôlés. Patients privés de droits, enlevés en pleine nuit ou réduits en esclavage… les Izvestia ont mené l’enquête.Il aura fallu plus d’un an – et un travail de fourmi – pour traîner le centre Phénix devant les tribunaux. Après avoir épluché les relevés de communications téléphoniques de toute la petite ville de Lobnia, où le centre est situé, et mené des dizaines d’interrogatoires, les enquêteurs ont fini par établir la responsabilité de la directrice, Oxana Bogdanova. Mise en examen fin novembre, elle risque jusqu’à six ans d’emprisonnement.L’enquête a en effet établi que Dmitri Marianov aurait pu survivre s’il avait été pris en charge, dès le matin du jour de sa mort (le 15 octobre 2017) par un chirurgien vasculaire.Selon des sources policières, à son arrivée au centre Phénix, le 5 octobre 2017, l’acteur, âgé de 47 ans, présentait déjà des risques de thrombose veineuse. La direction de l’établissement le met pourtant sous injections d’halopéridol (antipsychotique) et de phénazépam (anxiolytique), pourtant censés être prescrits exclusivement par un médecin. De plus, les piqûres sont effectuées par d’autres patients, et non par des membres du personnel soignant…Dmitri Marianov. Crédit : IzvestiaLe matin du 15 octobre, alors que Dmitri Marianov se plaint de fortes douleurs aux reins et à la jambe, Mme Bogdanova refuse d’appeler le SAMU, affirmant que l’homme cherche simplement un moyen de s’enfuir du centre. En réalité, poursuivent les enquêteurs, il faisait une hémorragie interne, consécutive à une déchirure de la veine iliaque.On peut supposer que la célébrité du patient, « morceau de choix » pour les centres de ce genre, a joué, en l’occurrence, en sa défaveur : la directrice a probablement craint une « mauvaise publicité ».Enlèvements « sur commande »Mais c’est aussi la célébrité de Marianov qui a permis de révéler l’affaire. Les cas de personnes se retrouvant placées, contre leur gré ‒ puis quasiment « otages » ‒ dans ces centres de désintoxication privés sont, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 janvier 2019
Économie

Coût de la vie en Russie : les hausses d’impôt prévues en 2019

Alors que les Russes voient leurs revenus réels chuter de façon constante depuis cinq ans, ils doivent se préparer à une nouvelle augmentation du coût de la vie cet hiver. En cause, principalement, les hausses de la TVA et du coût du carburant, qui vont se répercuter sur les prix de tous les produits de consommation courante. Le portail d’information News.ru passe en revue les mauvaises nouvelles.Avec l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2019, de la hausse des taxes sur le carburant, la Chambre russe des comptes (dirigée, depuis mai 2018, par l’ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine) s’attend à une nouvelle flambée des prix de l’essence et du diesel. Les taxes sont en effet passées de 8 200 à 12 300 roubles (de 107 à 160 euros environ) sur la tonne d’essence, et de 5 600 à 8 500 roubles (de 73 à 111 euros environ) sur la tonne de diesel.Essence, tabac, alcool…Si la Banque centrale ne prévoit qu’une augmentation de 4,5 % sur les prix du carburant au détail – soit d’environ deux roubles le litre – les experts, plus pessimistes, tablent sur le double. Quoi qu’il en soit, en pratique, cette hausse n’interviendra pas avant début avril : réunis à l’appel du gouvernement russe en octobre dernier, les dirigeants des grandes compagnies pétrolières ont accepté de geler leurs tarifs jusqu’au 31 mars. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

9 janvier 2019
Culture

Zaporojets, la voiture qui valait mille bouteilles de vodka

À la fin du mois de novembre 1960, la première ZAZ 965 sortait de l’usine automobile Kommunar, dans la ville de Zaporojié, en Ukraine soviétique. Aujourd’hui pièce de collection, la « Zaporojets » devient rapidement le véhicule familial le plus vendu en URSS. Sofia Krakova (Gazeta.ru) revient sur l’histoire et les différents modèles de cette voiture « balèze et bon marché », adorée des Russes. Reconnaissable entre toutes, la ZAZ 965 est immédiatement surnommée « la Bossue » pour la forme de sa carrosserie, qui rappelle celle de sa grande sœur italienne, la Fiat 600. Pour le reste, tout l’en distingue : autre moteur, autre boîte de vitesses, autre suspension et pneus élargis. La Zaporojets ne compte pas plus de 27 chevaux sous le capot… ou plus exactement, sous le coffre – les bagages étant relégués à l’avant, à la place habituelle du moteur –, mais les plus téméraires réussissent à pousser leur « Zazik » jusqu’à 90 km/h. « Savez-vous pourquoi la Zaporojets a le coffre à l’avant ? Parce qu’à une telle vitesse, il faut surveiller ses bagages ! », affirme une blague de l’époque. Les Russes n’ont jamais cessé de « charrier » la ZAZ 965, n’épargnant ni son aspect extérieur ni ses caractéristiques techniques, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 décembre 2018

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