Victimes de la réconciliation

Victimes de la réconciliation

Le 28 août, le cheikh soufi Saïd-afandi était assassiné dans son village de Tchirkeï au Daghestan. L’homme qui avait entamé le processus de réconciliation entre deux courants ennemis de l’islam, salfistes et soufis, a péri et les musulmans du pays craignent une nouvelle guerre.La meurtrière du cheikh, Aminat Saprykina, est entrée chez Saïd-afandi en se faisant passer pour une pèlerine. Elle est arrivée à Tchirkeï de Kizilurt en taxi. Après avoir frappé à la porte, Aminat a dit vouloir devenir disciple du cheïkh. On lui a répondu que le cheïkh était occupé et on l’a priée de revenir plus tard. Aminat est retournée dans le taxi et a commencé d’attendre. Le chauffeur voulait discuter pour faire passer le temps mais la jeune femme, tendue et pensive, ne répondait pas aux questions. Finalement, la passagère est sortie de la voiture pour regagner la maison. Elle s’est plainte aux domestiques du cheïkh, expliquant qu’elle ne se sentait pas bien du fait de sa grossesse et a demandé à être reçue le plus rapidement possible. On l’a crue – avant de devenir Aminat, Alla Saprykina était actrice au Théâtre russe de Makhatchkala. Une fois entrée, la jeune femme s’est assise en face de Saïd-afandi, a dit être russe et souhaiter se convertir à l’islam. « Eh bien, c’est parfait », a répondu le vieillard. À ce moment-là, elle s’est fait exploser.150 000 personnes sont venues à l’enterrement du cheïkh, qui a eu lieu la nuit après son assassinat. Sur la route qui mène au village de Tchirkeï, une file de voitures s’étendait sur plusieurs kilomètres. Les gens en sortaient et allaient à pied. Sur les bas-côtés, il y avait des tables avec des chopes remplies d’eau.À chaque pas, nous nous arrêtions pour laisser passer les murides (disciples), afin de ne pas les toucher par inadvertance et transgresser ainsi leurs ablutions avant la prière. Près de la tombe fraîche, sous deux lampadaires : plusieurs centaines d’hommes vêtus de blanc. Derrière eux, un haut feu de bois. Ils se tiennent la tête baissée. Dans la mosquée, située à proximité, toutes les fenêtres sont éclairées.
Viendra le temps où des grands nous diront comment il faut faire et alors nous répondrons
— Éloignons-nous, nous demande l’un d’entre eux avant de nous emmener vers la mosquée.— Que ressentez-vous ?, lui demandai-je.— Il n’y a plus de sentiments, dit-il. Je ne sais pas comment vous l’expliquer.

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Julia Breen

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