Le Courrier de Russie

« La Russie n’a pas le droit d’être vulnérable » : Discours de Vladimir Poutine à l’Assemblée fédérale

Terrorisme, économie, sanctions, Turquie… le président russe Vladimir Poutine a tenu jeudi 3 décembre son discours annuel devant l’Assemblée fédérale dans la salle Gueorguievski du Kremlin, en présence de 1 000 invités, dont Guelena Pechkova et Irina Pozynitch – les épouses des deux pilotes morts suite au bombardement du Su-24 russe par la Turquie. Le Courrier de Russie en a traduit les passages les plus marquants.

Sur l’action en Syrie

Le terrorisme ne peut pas être vaincu grâce aux forces d’un seul pays, surtout dans un monde aux frontières pratiquement ouvertes, qui connaît constamment de nouveaux déplacements de populations, et où les terroristes reçoivent un soutien financier permanent.

La menace du terrorisme va croissant. Le problème de l’Afghanistan n’est toujours pas réglé. La situation de ce pays est alarmante et n’incite pas à l’optimisme ; et récemment, des pays du Proche-Orient et d’Afrique centrale qui étaient stables et assez prospères – Irak, Libye, Syrie – se sont transformés en une zone de chaos et d’anarchie, d’où émane une menace pour le monde entier.

Et nous savons pourquoi c’est arrivé. Nous savons qui a voulu remplacer des régimes « indésirables », imposer grossièrement ses règles. Avec quel résultat ? Ils ont détruit les structures étatiques, excité les gens les uns contre les autres, et ensuite, ils se sont contentés, comme on dit en Russie, de « se laver les mains », en laissant la voie libre aux radicaux, aux extrémistes et aux terroristes.

Les combattants qui se sont concentrés en Syrie représentent un danger particulier pour nous. Il y a, parmi eux, de nombreux ressortissants de Russie et des pays de la CEI. Ils reçoivent de l’argent, des armes, ils accumulent des forces. Et s’ils se consolident et qu’ils remportent la victoire là-bas, ils arriveront ensuite inévitablement chez nous, pour semer la peur et la haine, pour faire exploser, assassiner et torturer les gens. Et il est de notre devoir d’aller à leur rencontre et de les anéantir de façon préventive.

Voilà pourquoi nous avons décidé cette opération militaire à la demande officielle, légale et légitime des autorités syriennes. C’est en premier lieu pour la Russie que nos forces armées se battent en Syrie, c’est la sécurité de nos concitoyens qu’elles protègent avant tout.

Dans la lutte contre le terrorisme, la Russie a fait montre d’une responsabilité maximale et de sa capacité à diriger. Ces actions décisives sont soutenues par la société russe. Et derrière cette position absolument déterminée de nos concitoyens, il y a la conscience profonde de la menace totale du terrorisme, la manifestation de sentiments patriotiques authentiques et de qualités morales supérieures, la certitude que les intérêts nationaux, leur histoire, leurs traditions, nos valeurs doivent être défendus.

Sur une large coalition internationale contre Daech

Les leçons du passé s’imposent au monde de toute leur taille. Les parallèles historiques sont évidents.

Au XXe siècle, le refus d’unir les forces, en temps et en heure, dans le combat contre le nazisme a coûté des millions de vies, a coûté la guerre la plus sanglante de l’histoire des hommes. Aujourd’hui, nous nous trouvons de nouveau face à une idéologie barbare et destructrice, et nous n’avons pas le droit de laisser ces nouveaux obscurantistes atteindre leurs buts. Il faut mettre de côté toutes les disputes et divergences, créer une seule masse puissante, un front antiterroriste uni, qui agira sur la base du droit international et sous l’égide de l’ONU. Tous les États civilisés ont le devoir, aujourd’hui, d’apporter leur contribution à l’écrasement des terroristes, d’affirmer leur solidarité non par des déclarations mais par des actions concrètes. Ce qui signifie : aucun abri aux terroristes. Aucun double discours. Aucun contact avec des organisations terroristes. Aucune tentative de les utiliser à des fins personnelles. Aucun business criminel et sanglant avec les terroristes.

Sur la Turquie

Nous savons, par exemple, qui, en Turquie, […]