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Poutine président : quinze ans après

Le 26 mars 2000, Poutine remportait pour la première fois les élections présidentielles. Voici les extraits d’une interview donnée par Vladimir Poutine il y a quinze ans : l’entretien a été publié dans le livre À la première personne. Conversations avec Vladimir Poutine, rédigé par les journalistes Natalia Guevorkian, Natalia Timakova et Andreï Kolesnikov.

Le 31 décembre 1999, le président russe Boris Eltsine annonçait son départ volontaire. Dans un discours aux citoyens russes, il a expliqué ne pas vouloir « s’accrocher au pouvoir six mois de plus, alors qu’il y a dans le pays un homme fort, digne d’être président, et auquel pratiquement chaque Russe lie ses espoirs pour l’avenir ». Ainsi Vladimir Poutine entrait-il dans la grande politique. 11 candidats ont participé aux élections de l’année 2000, dont Guennadi Ziouganov, Vladimir Jirinovski, Grigori Iavlinski, Ella Pamfilova, Stanislav Govoroukhine et Iouri Skouratov. L’état-major de campagne de Poutine était dirigé par le chef de l’administration présidentielle Dmitri Medvedev. Le vote a eu lieu le 26 mars. Quelques jours plus tard, le Bureau central de la commission électorale confirmait les résultats définitifs du scrutin. Le taux de participation national s’élevait à 69 %. Parmi les régions, c’est la Tchétchénie qui affichait le plus fort taux, avec 93 % de participants. Vladimir Poutine a remporté la victoire au premier tour, choisi par 53 % des électeurs.

Quand Eltsine a annoncé vouloir partir avant terme, vous n’avez pas répondu « Mais que dites-vous, Boris Nikolaevitch ?! » ?

Vladimir Poutine : Non, je n’ai pas entrepris de le faire changer d’avis, mais je ne me suis pas non plus extasié, je ne l’ai pas remercié ni assuré que je serai digne de sa confiance. Ma première réaction a été de dire que je n’étais pas prêt…

Quand j’ai été nommé Premier ministre, c’était intéressant, et c’était un honneur. Je pensais travailler une année, et encore, ç’aurait été déjà bien. Je me disais que si je pouvais aider à sauver la Russie de la débâcle, je pourrais en être fier. C’est une étape de taille dans la vie. Mais après…

Deux ou trois semaines avant le Nouvel An, Boris (Eltsine) m’a fait venir dans son bureau et dit qu’il avait décidé de partir. Ainsi, je devais devenir président intérimaire. Il m’a regardé et a attendu de voir ce que j’allais dire.

J’étais assis et je ne disais rien. Il a commencé d’entrer dans les détails – d’expliquer qu’il voulait annoncer son départ rapidement… Quand il a eu fini de parler, j’ai dit : « Vous savez, Boris Nikolaevitch, pour parler franchement, je ne sais pas si je suis prêt à cela, si je le veux, parce que c’est un destin assez lourd. » Et je n’étais pas certain de vouloir d’un tel destin… Il m’a alors répondu : « Quand je suis arrivé ici, […]

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Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Un Internet souverain de combat

À l’heure où les parlementaires débattent d’une série de lois permettant de créer un « Internet souverain » en Russie, l’armée passe de la parole aux actes. Elle s’est lancée dans la création d’un réseau informatique baptisé « MTSS » (pour Réseau de communication multiservices), qui doit être en partie opérationnel à la fin de l’année 2019, et totalement d’ici deux ans. Les Izvestia se penchent sur le sujet.Le MTSS ne sera pas relié à la Toile mondiale, il possédera son propre moteur de recherche, ses serveurs gérés par le ministère de la Défense, et son système de stockage cloud. Il fonctionnera grâce à un câble de fibre optique installé dans le fond de l’océan Arctique, et permettra d’échanger très rapidement des mégadonnées (Big data). Selon les représentants de l’armée russe, il s’agit avant tout de garantir la sécurité informatique du pays.Entre-soiLe World Wide Web est issu de la recherche militaire, avec le lancement en 1966 par l’agence DARFA – créée par le ministère américain de la Défense – du réseau ARPANET, rappelle l’expert en sécurité informatique Urvan Parfentiev, du Centre russe pour la sécurité d’Internet. Au début des années 1980, le réseau évolue vers une utilisation civile et passe au protocole de communication TCP/IP, base de l’Internet actuel. « Au départ, l’armée américaine a mis au point ces systèmes pour ses propres besoins stratégiques, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 mars 2019
Opinions

Maïdan, cinq ans après…

Cinq ans ont passé depuis que le mouvement de l’Euromaïdan, à Kiev, a abouti, après plusieurs mois de contestation populaire, à la destitution du président Viktor Ianoukovitch. Selon le politologue Gueorgui Tchijov, auteur d’une tribune publiée par le quotidien Vedomosti, les événements de 2013-2014 ont plus transformé la société ukrainienne que le pouvoir.Il y a cinq ans, le 21 février 2014, Viktor Ianoukovitch quittait Kiev. Il fuyait, littéralement, abandonnant dans son palais de Mejgorié une grande partie de ses trésors déjà emballés. À ce moment-là, pourtant, personne ne mettait officiellement en cause son autorité, et ses hommes contrôlaient encore la police et l’armée… Mais le pouvoir avait tiré sur la foule, le sang des Ukrainiens avait coulé. Décision froide, malentendu, excès de zèle ? Cela n’avait déjà plus d’importance. Ianoukovitch le savait : il n’y aurait aucun pardon possible, aucun retour en arrière. Une page douloureuse de l’histoire ukrainienne se tournait avec fracas.Une question d’honneurÀ propos des événements de 2013-2014, les Ukrainiens parlent de « révolution de la Dignité ». Bien que la formule ait tout d’un cliché idéologique, elle permet en réalité de comprendre le sens des événements. Le premier Maïdan, la « révolution orange » de 2004, était déjà une révolution de la Dignité. En effet, quel qu’ait pu être le discours des élites à l’époque, les Ukrainiens ordinaires étaient descendus dans la rue pour défendre leur honneur contre un État qui avait, ouvertement, cyniquement et avec le plus grand des mépris, triché aux élections.D’une certaine manière, la contestation de l’hiver 2013 a une cause similaire. Le refus de Ianoukovitch de signer un accord d’association avec l’Union européenne (UE), les violences policières contre les manifestants, majoritairement jeunes, n’ont été que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres.Et les Ukrainiens sont parvenus à se défendre. C’est d’ailleurs la seule conséquence absolument positive de cette révolution. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 février 2019
Économie

L’adresse aux pauvres

Augmentation des allocations aux enfants handicapés, aide au remboursement de crédits immobiliers, réindexation des retraites inférieures au minimum vital… Lors de son traditionnel discours annuel devant le Parlement, retransmis en direct par cinq chaînes nationales, le 20 février, Vladimir Poutine a promis à ses compatriotes une série de mesures budgétaires destinées à aider les plus fragiles.Invité à commenter le discours du président à l’Assemblée fédérale sur le plateau de la chaîne Rossia 24, le ministre des Finances, Anton Silouanov, a évalué ces mesures de soutien aux plus démunis entre 100 et 120 milliards de roubles par an (entre 1,3 et 1,6 milliard d’euros).Ces fonds seront dégagés grâce à une « meilleure exécution budgétaire », a précisé M. Silouanov. « Nous avons déjà mis en branle toutes les ressources du Fisc et des Douanes, afin de rendre la gestion de l’argent public encore plus efficace. Nous nous assurerons des recettes supplémentaires en étendant la couverture du tissu économique par le contrôle fiscal, c’est-à-dire en réduisant la part des échanges qui échappent encore à l’impôt, donc en luttant contre la fraude », a-t-il expliqué.Les mesures d’aide aux familles nombreuses, aux propriétaires endettés et aux retraités ne permettront pas d’enrayer la baisse du pouvoir d’achat des Russes, en chute constante depuis cinq ans.« En outre, toutes les économies réalisées au cours du présent exercice budgétaire, d’ordinaire reportées sur l’exercice suivant, serviront, cette année, à mettre en œuvre les mesures annoncées par le président », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 février 2019

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