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Zaour Dadaev : « Je ne suis pas coupable »

La correspondante du quotidien Moskovskiï Komsomolets Eva Merkatcheva a accompagné des défenseurs des droits de l’homme à la prison de Lefortovo à Moscou, où sont actuellement détenus les accusés du meurtre de Boris Nemtsov. Voilà ce que leur a dit le principal inculpé, Zaour Dadaev.

Selon la juge Natalia Mouchnikova, Zaour Dadaïev aurait déjà avoué son implication dans l’assassinat de l’opposant. Crédits: Philipp Kireev
Selon la juge Natalia Mouchnikova à l’audience du 8 mars, Zaour Dadaïev avait déjà avoué son implication dans l’assassinat de l’opposant. Crédits: Philipp Kireev

La première chose que fait Zaour Dadaev est de montrer son corps.

Zaour Dadaev : Ça, ce sont les traces des menottes, et ça, celles des fers aux pieds et des chaînes.

Eva Merkatcheva: Vous êtes sûr ?

Z.D : J’ai passé 48 heures comme ça [il montre la façon dont il était immobilisé, ndlr], et avec un sac sur la tête en plus. Je l’ai conservé. Il est dans mes affaires personnelles, c’est un sac jaune, en tissu comme ça [les employés du centre de détention n’ont pas trouvé le sachet pour nous le montrer, ndlr]. Ils criaient tout le temps : « Tu as tué Nemtsov ? » Je répondais que non. Quand ils m’ont arrêté, j’étais avec un camarade, un ancien subordonné, Rouslan Ioussoupov. Et ils ont dit que si j’avouais, ils le laisseraient partir. J’ai accepté. J’ai pensé, je le sauve, et moi, ils m’emmènent jusqu’à Moscou vivant. Qu’il ne m’arrive pas la même chose qu’à Chavanov [Beslan Chavanov, le sixième suspect dans l’affaire, se serait donné volontairement la mort lorsque son domicile a été encerclé par les forces de l’ordre à Grozny, ndlr]. Il s’est prétendument fait exploser avec une grenade…

E.M: Comment vous le savez ?

Z.D : Il y a une radio, ici. J’écoute. On dit de nous des choses terribles du matin au soir. Et donc, j’ai pensé, ils vont m’emmener à Moscou, et là-bas, au tribunal, je dirai toute la vérité. Que je ne suis pas coupable. Mais le juge ne m’a même pas donné la parole. [Lors de l’audience publique du 8 mars, la juge Natalia Mouchnikova avait pourtant annoncé que Dadaev avait avoué son implication dans le meurtre de Boris Nemtsov, ndlr]

E.M : Vous devez faire un recours auprès du tribunal. Étudiez le code de procédure pénale.

Z.D : Pendant 11 ans, je me suis battu contre les criminels, j’ai défendu les intérêts de la Russie [Zaour Dadaev a servi pendant dix au sein de la police tchétchène en tant que chef adjoint du bataillon « Nord » du ministère de l’intérieur de la république, ndlr], et on ne me donne pas la parole parce que je n’ai pas eu le temps d’étudier un code de procédure quelconque ? Où est la justice ? Pourquoi est-ce qu’on ne met pas derrière les barreaux ceux qui sont contre la Russie, pourquoi est-ce qu’on me soupçonne moi, et pas eux ? Qu’est-ce que je vais faire des médailles que j’ai reçues [Dadaev a été décoré en 2010 pour son « courage dans l’accomplissement de son devoir militaire » par le ministre russe de l’intérieur de l’époque, Rachid Nourgaliev, ndlr]. Je n’ai peur de rien aujourd’hui. À Lefortovo, on me parle comme à un être humain, avec respect. Je leur en suis extrêmement reconnaissant. Ici, pour le moment, je me sens en sécurité. Mais qui va prouver que je ne suis pas impliqué ? À propos, il y avait aussi Ali Matiev avec moi. Il aurait pu confirmer, lui. Où est-il ?

E.M: Nous ne savons rien de la marche de l’enquête, ce n’est pas de notre compétence. Adressez-vous aux avocats. Vous avez vraiment refusé celui que vous avaient choisi vos parents ?

Z.D: Qui a refusé ? C’est la première fois que j’en entends parler. J’ai demandé à ma famille de me trouver des avocats, mais pour l’instant, c’est le silence. Le 28 février, le décret sur mon renvoi est sorti, et en une semaine, je me suis transformé de héros en dangereux criminel.

Après leur visite à la prison de Lerfrotovo et leur rencontre avec Zaour Dadaev, les défenseurs des droits de l’homme ont publié un communiqué dans lequel ils dénoncent l’usage de la torture envers Zaour Dadaev dans le but de lui faire avouer avoir participé au meurtre de Nemtsov. Le Comité d’enquête de la Fédération de Russie a accusé les défenseurs des droits de l’homme de s’ingérer dans l’enquête et les a menacés de poursuites judiciaires.

Julia Breen

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  1. Zaour le coupable de convenance. Après ses décorations patriotiques, c’est sa diabolisation supportée par une propagande cynique, odieuse dans les médias appartenant au Kremlin. Le régime tente de faire avaler une couleuvre à son peuple.Dans ces médias, pas de place aux opinions divergeantes.
    Les promesses d’une enquête objective s’estompent. On voit déjà se poindre le scénario Politkovskaiä.

  2. On a rarement vu un professionnel dire oui c’est moi ,c’est bien moi ! Un minimum de respect pour les enqueteurs s’il vous plait. Et ras le bol de cette sale habitude occidentale de prendre systematiquement des positions anri Kremlin ou anti russe qu’il fasse beau ou qu’il pleuve.

  3. C’est trés simple d’accuser dans la meurte de Nemtsov des Tchetchenes.Mais les hommes bien informé comprennent que tous n’est pas si simple

  4. Eh bien, ils ne sont pas très malins au Kremlin. Ils torturent les gens tout en leur laissant la radio et ensuite il leur permettent de communiquer avec les médias anti-Poutine…
    En plus si Poutine avait été assez « con » pour faire assassiner un opposant non dangereux sous ses fenêtres, sans même prévoir comment plier l’enquête… Et qu’en plus faire en sorte que ce meurtre serve tous ses ennemis… Vraiment … Les propagandistes ne lui arrivent pas à la cheville, plus ils veulent le charger, plus ça l’innocente et plus il est sympathique.
    Comment voulez-vous qu’on croit des choses pareilles, c’est cousu de gros gros fil blanc… quand on voit comme les médias occidentaux nous mentent systématiquement à tout propos.

    La vérité c’est que ceux qui actionnent les marionnettes en Ukraine ne se sont pas encore remis de leur déculottée à Debaltsevo!

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