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Arnaud Dubien : « En dépit de l’usure du pouvoir,  Poutine garde le contrôle du pays »

Arnaud Dubien
« En dépit de l’usure du pouvoir,
Poutine garde le contrôle du pays »

Kremlin.ru

Visite avortée d’Emmanuel Macron, affaire Navalny, Biélorussie, élections régionales, coronavirus… Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe, passe en revue les dossiers chauds de la rentrée politique en Russie.


La venue d'Emmanuel Macron en Russie à la fin d'août, évoquée il y a quelques mois, n'a pas eu lieu. Le Kremlin et l’Élysée gardent le silence à ce sujet. Quelle en est la raison ? 

Arnaud Dubien.
Photo : Le Courrier de Russie

Arnaud Dubien : Effectivement, après l’annulation des cérémonies du 9 mai – auxquelles Emmanuel Macron devait participer – l’idée d’organiser une visite du président de la République à Moscou à la fin de l’été a circulé. Mais dès le début du mois de juillet, on estimait dans les cercles diplomatiques que les conditions n’étaient pas réunies. Ceci étant, le contact n’est pas rompu. Les deux chefs d’État se sont parlé le 18 août, et un sommet en « Format Normandie » [Allemagne, France, Russie, Ukraine, ndlr], initialement prévu en avril à Berlin, devrait avoir lieu cet automne.

La rentrée politique est marquée par la crise en Biélorussie et l'empoisonnement probable d'Alexeï Navalny. À quel point les relations entre Paris et Moscou peuvent-elles être affectées par ces deux sujets ? 

A. D. : Le reset franco-russe, initié dès le printemps 2019 et officialisé en août avec le discours d’Emmanuel Macron à la conférence des ambassadeurs, a pris du retard à l’allumage. L’ambassadeur Vimont n’a en réalité pris ses fonctions d’envoyé spécial du président de la République pour l’architecture de sécurité et de confiance avec la Russie que fin 2019 ; de nombreux contacts prévus en mars ont dû être reportés pour cause de fermeture des frontières en raison de l’épidémie de Covid. 

C’est dans ce contexte que surviennent la crise biélorusse et l’affaire Navalny. À l’évidence, elles laisseront des traces, qu’il est encore difficile de mesurer. Je pense cependant que la tentative d’empoisonnement contre le leader de l’opposition extra-parlementaire est potentiellement plus grave pour nos relations. Les opposants à la nouvelle politique russe du président Macron ne s’y trompent pas et vont naturellement chercher à instrumentaliser ce dossier – au demeurant très grave pour la Russie elle-même. Par ailleurs,

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