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Alexeï Navalny : le poison de la politique

Alexeï Navalny
Le poison de la politique

Alexeï Navalny lors d'une manifestation à Moscou, le 29 septembre 2019. Photo : EPA/Sergueï Ilnitski/ТАSS

L’empoisonnement d’Alexeï Navalny ne semble plus faire de doute. Le Kremlin continue pourtant de le nier et ne semble pas pressé de faire la lumière sur une affaire aux nombreuses zones d’ombre.

La nouvelle est tombée le 24 août, dans la soirée. Alexeï Navalny, plongé dans un coma artificiel après son hospitalisation à Omsk (Sibérie) quatre jours plus tôt et désormais soigné à l’hôpital de la Charité de Berlin, a été empoisonné. Le produit utilisé n’a pas encore été identifié, mais il s’agirait d’une substance de la famille des inhibiteurs de la cholinestérase, selon le communiqué des médecins allemands.

Ces derniers précisent que la vie de l’opposant russe n’est pas en danger, mais qu’il faut prévoir des complications, ainsi que des séquelles peut-être irréversibles pour le système nerveux. En d’autres termes, Alexeï Navalny devrait survivre, toutefois nul ne sait à quoi ressemblera sa vie future. Une chose est certaine : son activité politique sera mise entre parenthèses pour longtemps.

L’ombre du Novitchok

L’hypothèse d’un empoisonnement a beau avoir été soulevée par les proches d’Alexeï Navalny dès les heures suivant son malaise à bord d’un avion reliant Tomsk à Moscou, sa confirmation a fait l’effet d’une bombe.

D’abord, elle a permis de disqualifier les différentes versions ayant cours ces derniers jours : overdose de drogue, excès d’alcool (selon la chaîne de télévision pro-Kremlin RenTV, Alexeï Navalny n’aurait pas dessoûlé pendant son séjour à Tomsk), voire crise d’hypoglycémie. La rédactrice en chef de la chaîne de télévision RT, Margarita Simonian, avait ainsi commenté cette dernière hypothèse, avancée officiellement par les médecins d’Omsk : « Si quelqu’un avait eu l’idée de donner un morceau de sucre à Navalny, on aurait pu éviter l’hospitalisation. » Et d’ajouter : « Ce genre de chose [un malaise, ndlr] m’arrive aussi quand je ne mange pas pendant longtemps... »

Omsk, le 22 août 2020. Alexeï Navalny est transporté en ambulance jusqu'à l'aéroport, où l'attend depuis 24 heures un avion médicalisé à destination de Berlin.

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