S'abonner, c'est dessiner avec la Russie les horizons du Monde de demainDécouvrir nos offres

Affaire Ivan Safronov : la guerre de l’ombre de l’information

Affaire Ivan Safronov
La guerre de l'ombre de l'information

« Espion-Mania » : Un manifestant porte un t-shirt représentant Ivan Safronov lors d'un rassemblement organisé par l'Union russe des journalistes en soutien à l'ex-reporter accusé d'espionnage. - Sergey Savostyanov / TASS

Le 13 juillet, les services de sécurité russes ont officiellement accusé de haute trahison l'ancien journaliste Ivan Safronov, trente ans, arrêté une semaine plus tôt à Moscou. Les enquêteurs n'ont, pour l'instant, présenté aucune preuve tangible de sa culpabilité.

Dans la matinée du 7 juillet, Ivan Safronov – ancien journaliste réputé du quotidien Kommersant devenu, en mai dernier, conseiller de Dmitri Rogozine, chef de l'agence spatiale russe Roscosmos – est arrêté pour interrogatoire par des agents en civil des services de sécurité (FSB), alors qu’il se dirige vers sa voiture pour se rendre au travail. Une perquisition est ensuite effectuée à son domicile, au cours de laquelle des documents et des supports numériques sont saisis. Deux heures plus tard, le Centre de relations publiques du FSB annonce l’ouverture d’une procédure pénale pour haute trahison à l’encontre de Safronov. Ce dernier encourt une peine de douze à vingt ans de prison. Selon la déclaration succincte du contre-espionnage russe, l’ex-journaliste travaillerait « pour l'un des services de renseignement de l’OTAN ».

Le même jour, le tribunal moscovite de Lefortovo décide de placer Ivan Safronov en détention provisoire pour deux mois. Le dossier contenant, aux termes de l’accusation, des informations confidentielles, l’audience se tient à huis clos. Avant de pénétrer dans la salle, Safronov a juste le temps de clamer son innocence à l’intention des journalistes massés devant l’entrée du tribunal.

L’homme qui a trahi trois fois le Kremlin

Pendant les dix années de sa carrière journalistique, Ivan Safronov, spécialiste des questions de défense, a principalement écrit des articles concernant le complexe militaro-industriel russe. Que lui reproche exactement le contre-espionnage ? Seul l’avocat de la défense, Ivan Pavlov, apporte pour l’heure un élément de réponse : « Il ressort clairement, d’après les pièces du dossier, que mon client est surveillé depuis 2012, date à laquelle il aurait, selon l’accusation, été recruté par les services de renseignement tchèque. En 2017, il aurait accompli une première mission à la demande de ses commanditaires », explique l’avocat au Courrier de Russie. Si la défense n’a obtenu aucune précision sur la teneur de cette prétendue mission, elle a toutefois appris que le FSB accusait Safronov d’avoir transmis aux services secrets tchèques des informations concernant des livraisons d’équipements militaires russes à un pays du Proche-Orient.

Il vous reste 75% de l'article à consulter...

Créez votre compte et accédez gratuitement à 3 articles par mois

Je crée mon compte

Déjà abonné ? Se connecter

Vladimir Vachtchenko