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Affaire Vedomosti : la presse russe sous influence

Affaire Vedomosti
La presse russe sous influence

Le quotidien Vedomosti, une référence dans le monde économique russe, est le théâtre d’une vive opposition entre ses journalistes et le nouveau rédacteur en chef, Andreï Chmarov, que d’aucuns soupçonnent d’avoir été placé là par le Kremlin.

Dès sa prise de fonction, le 23 mars – soit une semaine après l’annonce d’un changement de propritaires à la tête du journal –, cet économiste de formation, ancien de la maison d’édition Kommersant, entre en conflit avec sa rédaction. Lors de sa présentation, il fait comprendre qu’il n’entend pas se laisser enfermer dans le « dogme Vedomosti » – la charte rédactionnelle imposant un certain nombre de normes et d’exigences : objectivité, neutralité, transparence, fiabilité des sources d’information... Dans les jours qui suivent, il provoque la colère de ses troupes en modifiant radicalement, sans en informer personne, le titre d’un article consacré au pétrolier Rosneft, puis en supprimant une tribune d’un économiste renommé, Konstantin Sonine, critiquant le patron de cette même compagnie, Igor Setchine. 

Enfin, il interdit à ses journalistes de citer les sondages du Centre Levada – un institut réputé pour son indépendance – et de critiquer l’amendement constitutionnel autorisant Vladimir Poutine à se présenter à la présidentielle de 2024. 

Quelques journalistes présentent alors leur démission. La majorité d’entre eux restent néanmoins, défendant au quotidien leur indépendance. Ils reçoivent le soutien de plusieurs médias, tels le journal d’opposition Novaïa gazeta et la radio libérale Écho de Moscou. Au Conseil présidentiel des droits de l’homme, la commission pour la liberté de l’information qualifie d’« acte de censure » l’interdiction de publier les sondages du Centre Levada et exige que le rédacteur en chef de Vedomosti soit élu par ses journalistes – comme le prévoient les statuts du journal.

Chmarov, protecteur incompris ? 

Andreï Chmarov compte toutefois des partisans dans le monde médiatique. Faisant valoir la baisse de qualité du travail effectué par le Centre Levada, ceux-ci appellent à ne pas surinterpréter les déclarations du rédacteur en chef de Vedomosti concernant l’institut de sondage. 

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