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Vladimir Ryjkov : «La réforme renforce le pouvoir présidentiel»

Vladimir Ryjkov : « La réforme renforce
le pouvoir présidentiel »

Le 22 avril prochain, la population russe se prononcera sur la révision constitutionnelle engagée par Vladimir Poutine en janvier dernier. Le Courrier de Russie a interrogé l’historien et politologue Vladimir Ryjkov, ancien vice-président de la Douma, sur les dessous de ce remaniement.

Selon les adversaires de la réforme, celle-ci irait à l’encontre de l’esprit même de la Constitution. Qu’en pensez-vous ?

Vladimir Ryjkov : Les deux premiers chapitres de notre Constitution, rédigés en 1993, garantissent les « fondements de l’ordre constitutionnel » et les « droits et libertés de l’Homme et du Citoyen ». Ils ne sont pas aisément modifiables : il faut, pour cela, convoquer une assemblée constitutionnelle puis un référendum populaire. Au demeurant, Vladimir Poutine ne s’y est pas risqué. Il a fait le choix de la facilité en s’attaquant à la deuxième grande partie du texte fondamental, les chapitres trois à huit, qui peuvent être amendés par un simple vote du parlement. Mais effectivement, les changements prévus nient les bases du système constitutionnel.

Pour quelle raison ?

V. R. : La première partie de la loi fondamentale affirme la suprématie du droit international, protège la liberté d’expression, établit le partage des pouvoirs et l’indépendance de la Justice, etc. À l’inverse, la réforme élargit et renforce les prérogatives du chef de l’État, soustrait le pays aux normes supranationales, réduit l’autonomie des institutions judiciaires et des organes de décision territoriaux en les intégrant dans la « verticale du pouvoir ». En outre, les quelques millions de Russes possédant des permis de séjour permanents à l’étranger se verront privés du droit élémentaire de briguer des responsabilités politiques. Au fond, ces amendements vont scinder la Constitution russe en deux.

"La réforme renforce considérablement l’institution présidentielle au détriment de toutes les autres."

On entend pourtant aussi dire, à l’inverse, que la réforme va renforcer le pouvoir législatif. Le parlement pourrait nommer le Premier ministre et son gouvernement…

V.

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Propos recueillis par Sergueï Chestak