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Vladimir Poutine au pouvoir : Vingt ans déjà…

Vladimir Poutine au pouvoir
Vingt ans déjà

Été 1999 : le Kremlin est en mauvaise posture. Le second mandat de Boris Eltsine, gravement malade et de plus en plus impopulaire, approche de son terme, le pays se prépare à élire un nouveau parlement, puis un nouveau président…

Alors que l’entourage du chef de l’État s’est efforcé, tout au long des années 1990, d’empêcher le retour des communistes, une nouvelle menace se profile : plusieurs responsables régionaux rejetant le pouvoir central ont décidé d’entrer dans la course présidentielle, unis au sein du bloc « La Patrie – Toute la Russie ». Conduit par le président de la république du Tatarstan, Mintimer Chaïmiev, le maire de Moscou, Iouri Loujkov, et celui de Saint-Pétersbourg, Vladimir Iakovlev, le mouvement est soutenu par l’ex-ministre des Affaires étrangères, Evgueni Primakov – qui a tout à fait l’étoffe d’un chef d’État. Au sein de l’équipe d’Eltsine, personne ne semble capable de contrer cette fronde et de reprendre les rênes du pays. En outre, les caisses publiques sont vides : le pétrole est au plus bas et l’économie russe se remet à peine de la grande crise financière de 1998.

Un successeur sur mesure

Le 5 août 1999, Boris Eltsine convoque dans son bureau le directeur des Services fédéraux de sécurité (FSB), Vladimir Poutine, pour lui proposer le poste de Premier ministre et lui suggérer de briguer la présidence. « Je crois en vous », lui dit-il. Poutine comprend alors qu’il n’a pas le choix ; la plus grande décision de sa vie a déjà été prise pour lui. Deux jours plus tard, le 7 août, des indépendantistes tchétchènes commandés par Chamil Bassaïev entrent au Daghestan, déclenchant la seconde guerre de Tchétchénie.

Pour le premier cercle présidentiel – les « Sept banquiers », ces oligarques et éminences grises qui dirigent effectivement le pays à l’époque –, Vladimir Poutine constitue un choix par dépit, quasi désespéré. Le milliardaire Boris Berezovski, propriétaire de la plus grande chaîne de télévision fédérale, et Valentin Ioumachev, proche conseiller et gendre du président, cherchent quelqu’un qui ait peu de relations à Moscou, notamment dans les milieux d’affaires, qui leur doive son ascension et dépende entièrement d’eux. Ils pensent tenir leur homme.

Sous Poutine, les oligarques, jusque-là maîtres absolus du pays, se contentent de gérer leurs actifs et de soigner leur fidélité au Kremlin.

Rapidement, le jeune Poutine, alors âgé de 47 ans, se révèle un Premier ministre énergique et habile. Il parvient à récupérer la rhétorique patriotique des communistes sans renier son attachement aux « valeurs libérales ». La main de fer qu’il oppose aux séparatistes tchétchènes lui assure le soutien massif de la population. Lorsque Boris Eltsine annonce sa démission anticipée à la télévision, le 31 décembre 1999, son successeur est au plus haut dans les sondages. Il remporte aisément la présidentielle de mars 2000, dès le premier tour, avec près de 53 % des voix, reléguant loin derrière son principal concurrent, le communiste Guennadi Ziouganov.

Éliminer les problèmes à la racine

Les « Sept banquiers » ne tardent pas à comprendre leur erreur de casting. Conscient de ce que son élection doit aux médias et,

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