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Vladimir Poutine :
Le Verbe au pouvoir

Proverbes, expressions imagées, argot… Vladimir Poutine est un orateur hors pair, qui manie parfaitement le russe et sait comment s’adresser aux électeurs. La clef de sa longévité au Kremlin.

Vladimir Poutine aime parler. Chaque année, il s’entretient pendant des heures avec les journalistes réunis pour sa conférence de presse, et plus encore avec les citoyens des quatre coins du pays qui s’adressent à lui au cours de l’émission de télévision « Ligne directe », elle aussi annuelle. Il aime discuter avec les jeunes lors des camps thématiques qu’il visite chaque été, comme avec les spécialistes et politologues du club Valdaï ou des nombreuses conférences internationales organisées par la Russie.

Pourtant, l’opposition libérale a coutume d’affirmer que le chef du Kremlin est un piètre orateur, voire qu’il est un peu simplet. En admettant qu’elle ait raison, cela signifierait que le pouvoir est, depuis bientôt vingt ans, entre les mains d’un bavard que sa gaucherie n’a pas empêché de réduire à néant le rôle politique de cette même opposition…

En réalité, Vladimir Poutine est un homme politique de talent, capable de transformer ses faiblesses en qualités. Son discours est étroitement conditionné par une stratégie, dont il n’a pas dévié d’un pouce depuis que Boris Eltsine l’a choisi comme Premier ministre, puis comme son successeur, en 1999. L’actuel président de la Russie fait fi des élites et sait s’adresser aux masses, à cette « majorité poutinienne » dont parle le politologue Gleb Pavlovski et auprès de laquelle, récemment encore, il jouissait d’une popularité stratosphérique.

Parler simple, parler vrai

Le premier cercle du président Eltsine avait jeté son dévolu sur Vladimir Poutine en pensant que le manque d’expérience politique de ce dernier le rendrait aisément gouvernable. On connaît la suite. Vladimir Poutine, de son côté, a d’emblée compris que le succès était une affaire de communication. À son arrivée au pouvoir, il s’attache presque immédiatement à prendre en main les grandes chaînes de télévision nationales – qu’elles aient marché pour ou contre lui lors de la campagne présidentielle de 2000. Dans le même temps, il soigne son discours. Et il faut bien le reconnaître : l’ancien agent des Services de renseignements soviétiques (KGB) sait parler.

« M. le président, qu’est-il arrivé à votre sous-marin ? – Il a coulé. »

Boris Eltsine, malade (et alcoolique, ajouteront les mauvaises langues) pendant une grande partie de sa présidence, parlait difficilement, sans articuler… et sans qu’on le comprenne toujours. Mikhaïl Gorbatchev avait un fort accent du sud, assez désagréable aux oreilles des autres habitants du pays,

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Ivan Davydov

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Le poutinisme après Poutine

Le 11 février dernier, le quotidien Nezavissimaïa gazeta publiait un article signé Vladislav Sourkov, le conseiller du président Vladimir Poutine. Vingt-quatre heures plus tard, le texte, intitulé « L’État persistant de Poutine », avait été lu plus de cent mille fois sur le site du journal.

18 février 2019
Politique

Les terres du conservatisme poutinien

En septembre dernier, la Haute École d’Économie publiait une étude établissant un lien entre le conservatisme avéré d’une dizaine de régions du sud et de l’est de la Russie, et leur soutien sans faille à Vladimir Poutine depuis le début des années 2000. Le territoire de Krasnodar et les régions d’Astrakhan, de Briansk, de Belgorod, de Koursk, de Lipetsk, de Moscou (hors la capitale elle-même), de Nijni-Novgorod, d’Oulianovsk, de Penza, de Riazan, de Tambov, de Toula, de Volgograd et de Voronej, forment une vaste zone acquise à Vladimir Poutine depuis plus de quinze ans, écrivent les auteurs de l’étude, Andreï Chtcherbak et Maria Oukhvatova. Lors de l’élection présidentielle de mars 2018, le locataire du Kremlin a ainsi remporté 80 % des suffrages dans cet espace géographique où le parti au pouvoir, Russie unie, est aussi très populaire. Du communisme à l’orthodoxie Ces régions majoritairement agricoles (dont une partie des « Terres noires », longue bande très fertile, qui va de l’Ukraine à la Sibérie) s’étendent au sud et à l’est de Moscou et se distinguent par une population très croyante, pour laquelle le respect des préceptes religieux (jeûnes, confession, prières…) revêt une importance primordiale. Cette caractéristique leur vaut d’être qualifiées de «  ceinture orthodoxe » par les deux chercheurs. Fait singulier, dans les années 1990, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Crédits Image : Kommersant29 novembre 2018

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