fbpx

« L’Extrême droite européenne est un danger pour la Russie »

Veronika Krasheninnikova est membre du Conseil suprême du parti Russie Unie (principal soutien de Vladimir Poutine) et coordonne son groupe de travail sur les relations internationales. Elle est également vice-présidente de la Commission des relations internationales et de la diplomatie publique au sein de la Chambre civique de la Fédération de Russie. Habituée des plateaux de la télévision russe, V. Krasheninnikova ‒ dont le nom est associé à la loi controversée sur les « agents de l’étranger » ‒ milite aujourd’hui pour un rapprochement de Russie unie avec les formations politiques européennes modérées.

Le Courrier de Russie : Comment jugez-vous la qualité des relations politiques entre la France et la Russie ?

Veronika Krasheninnikova : Ces derniers temps, il est clair que le gouvernement français, en raison de ses problèmes de politique intérieure, n’a pas beaucoup de temps à consacrer à la Russie. Pour autant, depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron, les relations entre Paris et Moscou sont bonnes. Elles ont été relancées, notamment, par la visite du président Poutine, en mai 2017. Il s’agissait de la première effectuée par un chef d’État étranger à Paris, après l’élection d’Emmanuel Macron. La rencontre s’est très bien passée.

Il faut toutefois reconnaître que ces relations se déroulent dans le cadre d’un refroidissement général avec l’Europe qui a débuté en 2014 avec le rattachement de la Crimée à la Russie. Les gouvernements européens, y compris le gouvernement français, ont suivi la voie politique choisie par les États-Unis et ont imposé des sanctions à notre encontre. Beaucoup de liens ont alors été coupés, créant un vide politique. Mais, dans les relations internationales comme en physique, le vide ne peut exister à long terme.

LCDR : Qui peut combler cet espace politique laissé vacant ?

V.K. : Il a déjà été occupé en partie, mais pas par les bonnes personnes. Hélas, ce sont des forces d’extrême droite, venues de France et de l’ensemble de l’Europe, qui ont rempli ce vide. Elles ont envoyé leurs représentants à Moscou, dans le Donbass et en Crimée, leur objectif étant de se légitimer sur le plan international, en apparaissant aux côtés d’un grand pays comme la Russie. Du fait de la rupture des liens sur le plan gouvernemental et de la mise en place des sanctions économiques, ces personnes ont été, pendant de longs mois, les seuls interlocuteurs que Moscou pouvait avoir à l’étranger. Les résultats sont destructeurs, pour les intérêts français et russes.

« Personne en Russie ne fréquenterait le Rassemblement national, s’il était clairement expliqué qu’il a été fondé par d’anciens membres des milices de Vichy. »

LCDR : Personne, à Paris ou à Bruxelles n’a obligé la Russie à prêter de l’argent au Front national ni obligé Vladimir Poutine à recevoir sa présidente, Marine Le Pen, avant le second tour de l’élection présidentielle. La légitimation que vous évoquez, n’a-t-elle pas été facilitée par le pouvoir russe lui-même ?

Rencontre entre Marine Le Pen et Vladimir Poutine à Moscou le 24 mars 2017. Crédit : RTL

V.K. : Marine Le Pen a cherché à tirer parti de la situation politique actuelle et elle a trouvé en Russie des personnes qui ont vu là une opportunité de se rapprocher de la France, sans connaître les antécédents et la nature de son parti. Personne en Russie ne fréquenterait le Rassemblement national, s’il était clairement expliqué qu’il a été fondé par d’anciens membres des milices de Vichy ou du Parti populaire français. Mais cette histoire n’est connue que de quelques experts. Vous savez, tous les 9 mai, le jour de la victoire de 1945, des marches sont organisées, auxquelles participent des millions de Russes. Ils défilent avec les portraits de leurs ancêtres qui ont combattu durant la Seconde Guerre mondiale.

Si Marine Le Pen ou son père discutaient avec ces gens, ces derniers entendraient des choses qui ne leur plairaient sûrement pas. Ils apprendraient, par exemple, que certains membres de la division SS « Charlemagne », qui a combattu aux portes de Moscou aux côtés des nazis, ont eux-aussi participé à la création du Front national. Ces différents éléments historiques ne permettent pas d’entrer en relation avec la Russie d’aujourd’hui, pas plus qu’avec l’Union soviétique auparavant. Pour ce qui est de Marine Le Pen, je ne sais pas comment elle a été présentée au président russe. Je ne peux imaginer qu’une telle rencontre ait eu lieu si les informations sur le Front national avaient été données dans leur intégralité. Pour ma part, je retiens le fait que trois semaines après l’élection d’Emmanuel Macron, le président Poutine était à Paris, cela démontre une position claire.

LCDR : Comment expliquer à vos compatriotes et aux responsables politiques russes ce qu’est réellement le Rassemblement national ?

V.K. : Nous avons publié dans le magazine russe Expert, un article présentant les partis d’extrême droite européens : le Front national, l’Alternative pour l’Allemagne, la Ligue du Nord italienne ou le FPÖ autrichien. Bien sûr, il n’est pas exclu que ceux-ci trouvent encore des interlocuteurs en Russie. Mais les personnes qui interagissent avec ces formations politiques sont soit incompétentes, soit intéressées, ou encore membres des réseaux les plus néfastes implantés chez nous. Le fascisme a toujours été un instrument utilisé par l’Occident contre la Russie. Les services occidentaux ont longtemps employé d’anciens nazis en Europe contre l’Union soviétique, puis contre la Russie.

« Lors des prochaines élections au Parlement européen, nous risquons d’assister à une déstabilisation du continent. »

LCDR : Votre parti souhaite t-il établir des relations avec les formations politiques européennes modérées?

V.K. : Bien sûr, c’est dans l’intérêt de la Russie, des pays européens et de la France en particulier. Il est temps, en effet, de rétablir des liens avec les principales formations politiques gouvernementales européennes. Lors des prochaines élections au Parlement européen du mois de mai, nous risquons d’assister à une déstabilisation du continent. Nous savons que Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, a entrepris une tournée en Europe dans le but de former une coalition des forces d’extrême-droite. Et c’est déjà très efficace. Il y a une grande probabilité de se retrouver avec un tiers de députés d’extrême-droite à Strasbourg. Certains en Russie peuvent penser que la déstabilisation de l’Europe est une bonne chose. Mais la vérité est qu’une Europe fondée sur des régimes nationalistes est un danger pour tout le continent et pour la Russie plus particulièrement.

Steve Bannon aux côtés de Donald Trump, à Washington, en 2017. Crédit : AFP

Une autre préoccupation est le fait que Donald Trump est en train de déplacer le centre de gravité de l’OTAN vers la Pologne et l’Europe de l’Est. Jusqu’ici, la France et l’Allemagne étaient au cœur de l’Alliance. Mais l’administration Trump se cherche de nouveaux alliés. Deux éléments rendent cela possible : d’une part, les nationalismes américain et polonais. Pour cela, je vous renvoie au discours prononcé par le président Trump en Pologne en juillet 2017. Il y reprend les théories d’Oswald Spengler sur le déclin de l’Occident. Tenir un tel discours, ce n’est possible qu’en Pologne ou en Ukraine, mais sûrement pas en France ou en Allemagne. D’autre part, Paris et Berlin n’accueilleront pas de nouvelles infrastructures militaires américaines, contrairement à la Pologne qui en manifeste la volonté et se montre même prête à payer pour les accueillir. Les Américains agissent pour déstabiliser l’Europe et ses moteurs que sont la France et l’Allemagne, ainsi que pour militariser le continent à leurs propres fins.

« Nous ne comprenons pas très bien la nature de La République en Marche. Comment elle est structurée, comment elle fonctionne. »

LCDR : Pour revenir à votre volonté de parler à des partis de gouvernement, avez-vous déjà réussi à prendre contact, en tant que représentante de Russie unie, avec ces derniers, à Paris ou à Berlin ?

V.K. : En ce qui concerne la France, nous ne comprenons pas très bien la nature de La République en Marche. Comment elle est structurée, comment elle fonctionne… Il y a actuellement une restructuration majeure du paysage politique en France. En Allemagne, c’est beaucoup plus clair, avec un cadre traditionnel composé de partis que nous connaissons bien, et nous sommes beaucoup plus actifs avec eux.

LCDR : Au sein de votre parti, sont-ils nombreux à partager votre point de vue ?

V.K. : Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il est hasardeux pour la Russie d’avoir des contacts avec l’extrême droite européenne. Ce que nous voulons, c’est discuter avec une Europe unie et forte, capable de défendre son propre agenda dans la conduite des affaires politiques et économiques.

LCDR : Sur un plan personnel, vous avez été à l’initiative, en 2012, de la loi obligeant les ONG qui touchent de l’argent de l’étranger, à se déclarer comme « agent de l’étranger » auprès des autorités russes. Une loi élargie en 2018 à certains médias, américains notamment. N’est-ce pas un handicap pour nouer des contacts avec vos homologues politiques français ou allemands, qui considèrent cette loi comme attentatoire aux libertés individuelles ?

V.K. : J’ai été probablement la première personne en Russie à travailler sous le régime de la loi américaine d’enregistrement des agents étrangers. En 2006, j’ai eu l’honneur de représenter la ville de Saint-Pétersbourg aux États-Unis. Imaginez quelle a été ma surprise quand on m’a expliqué que, pour occuper des fonctions économiques et culturelles, je devais me faire enregistrer comme « agent de l’étranger » aux États-Unis !

« J’ai proposé la loi sur les agents de l’étranger quand j’ai réalisé à quel point la société civile russe avait été pénétrée par l’argent et par l’agenda américains. »

Si nous étions en ce moment aux USA, en train de discuter ensemble, la première chose que je devrais faire, serait de vous indiquer que je suis un agent de l’étranger travaillant pour les autorités de Saint-Pétersbourg. À la fin de notre conversation, je serais obligée d’envoyer, dans les quarante-huit heures, le contenu de cet entretien, en deux exemplaires, à la Division de la Sécurité nationale du Département américain de la Justice, en charge des agents de l’étranger. Si je m’en abstenais, je risquerais une amende de 10 000 dollars et cinq ans d’emprisonnement. Rien de tout cela n’existe en Russie, et aucune institution française n’est soumise à de telles règles dans notre pays. En Russie, les organisations concernées [par la loi sur les agents de l’étranger, ndlr] n’ont à répondre que de leur financement et de l’usage qu’elles en font.

Une opposante à la loi sur les agents de l’étranger manifeste devant la Douma en 2015. Crédit : Spressclub

LCDR : Vous avez donc proposé cette loi en réaction à ce vous avez vécu aux États-Unis ?

V.K. : J’ai proposé cette loi en réaction à ce qui se passait ici, en Russie. Quand je suis rentrée dans mon pays en 2010, j’ai été étonnée d’entendre, dans la bouche d’experts russes ou de responsables d’ONG, les mêmes mots, les mêmes déclarations que j’entendais à Washington. Il était impressionnant de voir à quel point la société civile russe avait été pénétrée par l’argent et par l’agenda américains. La Russie a besoin d’une société civile, mais celle-ci doit être une société civile russe avec un agenda et des objectifs russes. Aujourd’hui, les organisations qui perçoivent de l’argent de l’étranger se comptent sur les doigts des deux mains, alors que des milliers d’organisations existent avec des fonds récoltés en Russie, et c’est une très bonne avancée.

LCDR : L’un des reproches adressés à cette loi est qu’elle s’applique à toutes les ONG, notamment celles qui s’occupent de questions sociales et de santé. Aux États-Unis, cela concerne davantage le lobbying politique…

V.K. : Mais c’était la même chose pour moi aux États-Unis ! À plusieurs reprises, j’ai expliqué que je ne faisais pas de politique, que je m’occupais de questions économiques et d’affaires culturelles pour la ville de Saint-Pétersbourg, qui ne conduit pas la politique étrangère. Et, à chaque fois, on m’a répété que je devais me faire enregistrer comme agent de l’étranger. La Russie est, par essence, un pays sensible aux questions sociales. Nous devons aider nos concitoyens et leur fournir des services médicaux de qualité. Je ne peux imaginer qu’un pays comme la Russie doive compter sur une aide médicale venue de l’étranger. C’est à notre gouvernement et à notre société de prendre en charge les personnes âgées, celles en situation précaire, ainsi que les enfants qui ont besoin d’aide.

« L’État russe doit prendre soins de ces citoyens. Il serait inconcevable que les besoins sociaux en France soient financés par les États-Unis ou l’Allemagne, n’est-ce pas ? »

LCDR : Vous citez l’exemple des États-Unis, mais en France ou en Allemagne une telle loi n’existe pas. Les dons français ou allemand aux ONG russes ne devraient donc pas être concernés par cette législation…

V.K. : Je maintiens que c’est à l’État russe de prendre soins de ses citoyens. La Constitution stipule que nous avons un État social. Il serait inconcevable que les besoins sociaux en France soient financés par les États-Unis ou l’Allemagne, n’est-ce pas ?

LCDR : Comment construire de nouvelles relations entre la Russie et la France ? Vous êtes dotés d’un système politique – avec un parti gouvernemental tout-puissant et une opposition quasiment exclue de vos institutions – qui, du point de vue européen, ne satisfait pas aux principes démocratiques. Croyez-vous que deux cultures politiques aussi différentes puissent se rencontrer ?

V.K. : La France et la Russie ont toute les deux une grande histoire Il existe tellement de points communs et tellement d’admiration mutuelle entre nos deux pays ! Je propose de nous concentrer d’abord sur ce que nous avons en commun et de construire sur cette base. D’ailleurs, je suis sûre que si vous posiez la question aux Russes, tous ou presque vous répondraient qu’ils souhaitent de bonnes relations avec la France. Même chose en France, je pense que la très grande majorité des Français veulent se rapprocher des Russes. Les forces politiques doivent suivre les aspirations de leur peuple. Il y aura toujours des différences entre nos pays, certes, mais elles sont mineures comparées à ce qui nous rapproche et aux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui – depuis la lutte contre le terrorisme jusqu’à la protection de l’environnement. Les sociétés française et russe, leurs élites, scientifiques et culturelles, doivent pousser les forces politiques à être plus ambitieuses.

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Propos recueillis par Jean-Claude GalliDirecteur de la rédaction

Dernières nouvelles de la Russie

Le Courrier de Russie littéraire

Le livre pour ne pas céder

Durant ses seize ans d'existence, Le Courrier de Russie a ouvert régulièrement – et généreusement – ses pages à la littérature russe sans pour autant lui consacrer un supplément à part entière. Alors pourquoi sauter le pas à présent ? La réponse est simple : l'urgence.

15 mars 2019
Le Courrier de Russie littéraire

« En Russie, les gens achètent des livres pour se réchauffer »

Vladimir Sorokine « En Russie, les gens achètent des livres pour se réchauffer »Dans Manaraga, qui paraît en français à l’occasion du Salon du Livre de Paris, Vladimir Sorokine se penche, pour la deuxième fois après Telluria, sur ce qui peut être l’avenir proche du continent européen. Il en ressort une humanité déshumanisée, un univers sans livres, une absence consentie de pensée. Le Courrier de Russie a rencontré l’écrivain lors de son dernier passage à Moscou.Propos recueillis par Jean-Claude Galli Le Courrier de Russie : Sommes-nous voués à vivre dans un monde sans livres ?Vladimir Sorokine : Je pense que l’espace du livre se réduit comme une peau de chagrin, et qu’il y aura inévitablement de moins en moins de livres papier. Ce qui les attend, ce sont les musées et des éditions spéciales à des prix exorbitants. J’ai vu une marque, dont je ne donnerai pas le nom pour ne pas lui faire de publicité, qui fabrique des chaussures dans le style du XVIIIe siècle. Ce sont des chaussures façon « faites main », stylisées, mais ce n’est pas du travail manuel. Je pense qu’il y aura des livres rétro, c’est-à-dire des éditions réalisées de la même façon que ces chaussures : avec un papier vieilli, ancien, une pseudo-odeur de vieux livre, peut-être même des taches de vin par exemple. Ce sera un des moyens de conserver le livre comme objet. Je ne crois pas que le livre papier disparaîtra complètement, parce qu’on a l’habitude du contact tactile avec lui. Mais il y en aura beaucoup moins, c’est certain.LCDR : Un monde sans livres, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

15 mars 2019
International

Fidèles et infidèles
L’orthodoxie divisée

La reconnaissance, début janvier, de l’indépendance de l’Église orthodoxe d’Ukraine unifiée, par le patriarcat œcuménique de Constantinople, exacerbe les relations déjà extrêmement tendues entre Kiev et Moscou. Quant aux autres Églises autocéphales, elles semblent éviter soigneusement de prendre position.La volonté d’une partie des orthodoxes ukrainiens de se doter d’une représentation religieuse libérée de la tutelle du patriarcat de Moscou ne date pas d’hier : elle s’exprime ouvertement dès la chute de l’URSS et la naissance de l’Ukraine indépendante, en 1991. Aussi, quand le 5 janvier dernier, à Istanbul, le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople, primus inter pares parmi les chefs des Églises orthodoxes mondiales, signe le tomos, le décret octroyant l’autocéphalie (indépendance tant juridique que spirituelle) à l’Église d’Ukraine unifiée, il s’agit d’un jour historique. Le lendemain, le chef de la nouvelle entité religieuse, le métropolite Épiphane, reçoit des mains de Bartholomée le bâton pastoral et le fameux tomos, roulé comme un ancien parchemin, en présence d’une importante délégation d’officiels venus de Kiev, conduite par le président Petro Porochenko en personne. Le 7 janvier, le tomos fait un premier voyage en Ukraine : il est exposé, pendant la messe du Noël orthodoxe, dans la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev. Le 8, le précieux document retourne à Istanbul, pour être une dernière fois vérifié, puis signé, par tous les membres du Synode du patriarcat œcuménique. Aujourd’hui, le tomos est revenu à Kiev, où il sera conservé dans l’église-réfectoire du monastère médiéval Sainte-Sophie, accessible au public.La deuxième église du monde orthodoxeJusque récemment, l’Ukraine comptait trois églises concurrentes : l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou (affiliée à sa « grande sœur » russe), l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Kiev et l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne – toutes deux non reconnues par Moscou. Pour se voir enfin accorder l’autocéphalie, ces dernières devaient fusionner : il s’agissait d’une condition sine qua non pour le patriarcat de Constantinople. Elles y parviennent le 15 décembre dernier, à l’issue d’un « concile unificateur » tenu à Kiev.Le patriarche Bartholomée Ier de Constantinople signe le Tomos octroyant l’autocéphalie à l’église d’Ukraine unifiée, le 5 janvier 2019. Crédit : BreitbartDepuis cette « fusion », l’Ukraine ne compte donc plus que deux Églises orthodoxes : celle soutenue par le patriarcat de Constantinople, et celle attachée au Patriarcat de Moscou.Pour l’heure, la seconde compte encore deux fois plus de fidèles que la première. Mais, selon de nombreux observateurs, cette proportion pourrait bientôt s’inverser. Philarète, ex-métropolite de Kiev, nommé patriarche honorifique de la nouvelle église unifiée, en est d’ailleurs convaincu : cette dernière est vouée à devenir la deuxième Église autocéphale, derrière celle de Russie, et à « jouer au sein de la communauté orthodoxe mondiale un rôle à la mesure de cette position ». « L’Ukraine va se renforcer au travers de son Église », […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

22 janvier 2019

Vous êtes actuellement hors ligne