Une année en demi-teinte pour Vladimir Poutine

Le nouveau triomphe électoral d’un président Poutine sans concurrent sur la scène nationale cache mal les difficultés éprouvées par l’homme fort du Kremlin, tant en Russie qu’à l’international en 2018.L’élection présidentielle de mars 2018 était sans suspense, tant la victoire de Vladimir Poutine ne faisait pas de doute. Alexeï Navalny, le candidat le plus prometteur de l’opposition et le seul véritable concurrent du maître du Kremlin, n’avait pas été autorisé à se présenter par la commission électorale en raison d’une condamnation pour organisation illicite de manifestations – un « prétexte » plutôt qu’une raison valable, selon l’opposant et son équipe.Le seul intérêt véritable du scrutin résidait dans les scores que réaliseraient le président sortant et ses challengers. Ces derniers se sont finalement cantonnés à des rôles de faire-valoir d’un Vladimir Poutine élu triomphalement au premier tour avec 77 % des voix. Ancien du parti au pouvoir, Russie unie, et candidat indépendant soutenu par les communistes, Pavel Groudinine a rassemblé seulement 11,8 % des électeurs, soit moins que le candidat officiel du Parti communiste russe (KPRF) en 2012 (17,2 %). Quant à Ksenia Sobtchak, fille de l’ancien maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak (accessoirement mentor politique de Vladimir Poutine), sa candidature a tourné à la farce : la présentatrice de télévision, censée incarner le renouveau de l’opposition libérale (mais parfois accusée d’être un pion manipulé par le Kremlin), n’a pas dépassé les 2 %.
Avant sa réélection, Vladimir Poutine n’avait rien dit de son projet de réforme des retraites.
Fort de plus des trois quarts des voix, Vladimir Poutine a de nouveau démontré qu’il ne connaissait aucun rival sérieux et que l’élan de popularité dont il bénéficiait depuis le déclenchement de la crise ukrainienne n’était pas retombé. Le président sortant n’a presque pas fait campagne et n’a pas présenté de programme. Une fois élu, il s’est contenté d'effectuer quelques changements mineurs au sein d’un gouvernement toujours mené par son compagnon d’armes,

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Maxime Artemiev