Les Gilets jaunes et le MGIMO : La crise sociale vue par l’école du pouvoir russe

Considéré comme l’école de l’élite russe – et des espions –, l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO), observe avec attention l’actualité politique mondiale. Le français étant, après l’anglais, la langue la plus populaire au sein de la communauté étudiante de l’université, le mouvement des « Gilets jaunes » est au cœur des débats et des conversations.

« Dès que l’exécutif entreprend des réformes impopulaires, il doit s'attendre à rencontrer des difficultés. L'esprit collectif et solidaire du peuple français s’est, une fois de plus, manifesté à travers les Gilets jaunes », estime Mikhaïl Ogorodov, directeur du département de français du MGIMO, qui voit dans le mouvement de contestation actuel un phénomène typiquement hexagonal. Les revendications des manifestants n’ont, elles non plus, pas grand-chose d’original, selon les étudiants et les professeurs de la prestigieuse école. « Bien au-delà de l’augmentation du prix de l'essence, ces manifestations visent plusieurs décennies de politique française, caractérisées par un matraquage fiscal, une dégradation des services publics, une hausse de l’insécurité et une augmentation du chômage », déclare Alexandre Lebas, Lillois, venu faire ses études à Moscou. « Malheureusement pour le président Macron, il arrive après Sarkozy et Hollande et, en quelque sorte, il paie les pots cassés », déplore, quant à lui, Alexeï Dremov, professeur de russe pour les étudiants étrangers au MGIMO.

Oui aux manifestants, non aux casseurs

Le soutien au mouvement de contestation fait plutôt consensus parmi les personnes rencontrées sur le campus. Polina Mytsalo, vingt ans, originaire de Krasnodar, souhaite ainsi que « les Français réussissent à apporter des changements significatifs dans la politique sociale de leur pays ».

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Clément Schneider

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