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Le Kremlin veut dompter les messageries

À partir du printemps prochain, chaque compte de messagerie instantanée devra être associé à un numéro de téléphone enregistré en Russie, afin de pouvoir fonctionner dans le pays. Officiellement, la nouvelle législation répond à une nécessité pour lutter contre le terrorisme et la publicité intrusive.

La loi instaurant des amendes pour les messageries qui ne vérifient pas l’identité de leurs utilisateurs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Jusqu’à maintenant, elle n’était pas appliquée faute d’un texte précisant la procédure exacte d’identification. Un décret, signé fin octobre par le Premier ministre Dmitri Medvedev, comble cette lacune.

Identification expresse en vingt minutes

Dorénavant, afin d’enregistrer chacun de leurs clients, les messageries instantanées devront faire une demande d’authentification auprès des opérateurs téléphoniques. Ces derniers disposent en effet des données personnelles (nom, prénom, numéro de passeport) de leurs abonnés. Chaque demande d’identification devra être satisfaite en vingt minutes, sous peine d’échec de connexion à la messagerie.

Selon Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, il s’agit de créer un système de communications sûr pour la population et pour l’État.

Si les données fournies par l’utilisateur ne correspondent pas à celles détenues par l’opérateur téléphonique (par exemple, en cas d’achat de carte SIM « sous le manteau », sans enregistrement du passeport), l’accès aux services de messagerie sera refusé. Enfin, tout changement de numéro de téléphone devra entraîner une nouvelle procédure d’authentification de l’utilisateur. Les messageries qui n’appliqueront pas ces nouvelles règles verront leur responsabilité administrative engagée.

Alexandre Jarov, directeur de Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, a qualifié d’indispensable cette nouvelle disposition législative, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

Yandex, objet de toutes les convoitises

La presse affirme que la plus grande banque du pays, Sberbank, contrôlée par l’État, s’apprête à prendre une part importante au capital du leader russe de l’IT.

1 novembre 2018
International

Les frontières de l’influence numérique russe

Interview exclusive – À l’occasion de la sortie de son livre Ru.net, Géopolitique du cyberespace russophone (éd. L’Inventaire), Kevin Limonier, maître de conférences en études slaves et géopolitique à l’Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis, revient pour le Courrier de Russie sur l’image de « cyberpuissance » que s’est construite la Russie ces dernières années. Entre ingérences politiques supposées et guerre de l’information réelle ou fantasmée, bienvenue dans le Ru.net, le cyberespace tant redouté par le monde occidental ! Le Courrier de Russie : Avons-nous aujourd’hui la preuve que la Russie a contribué à la victoire de Donald Trump lors de l’élection présidentielle américaine de 2017 ? Kevin Limonier : Non, nous n’en avons pas de preuve irréfutable et cela pour plusieurs raisons : la première, c’est qu’il faudrait qu’une attribution claire soit établie concernant les attaques dirigées contre le Comité national démocrate (DNC / Democratic National Committee), ce qui pour le moment n’est pas le cas. On sait qu’il y a eu des ingérences russes par le biais d’une agence qui s’appelle Internet Research Agency, située à Saint-Pétersbourg, sur laquelle enquête aujourd’hui le procureur spécial Robert Mueller. On commence à avoir une masse d’informations sur des sociétés écrans, comme Concord Catering, qui appartient à Evgueni Prigojine, un proche de Vladimir Poutine. Il y a des bribes d’informations qui commencent à faire sens. Mais, même si on avait la preuve irréfutable que le DNC a été piraté par les Russes, même si il était établi qu’ils sont bien à l’origine de tout ce qu’on leur reproche dans l’élection américaine, nous n’aurions pas pour autant la preuve irréfutable que leurs agissements ont déterminé l’issue du scrutin. Pour moi, le résultat de l’élection présidentielle de 2017 est, avant tout, une affaire de politique intérieure, les Américains n’avaient pas besoin des Russes pour en arriver là. Maintenant, l’action supposée de la Russie pose un certain nombre de questions aux démocraties occidentales, sur leur solidité notamment. LCDR : Où se situe la frontière entre influence et ingérence ? K.L. : Il n’y a pas de limite très claire, dans la mesure où des grandes puissances comme la Russie, les États-Unis ou la France, ont toutes une politique d’influence. L’ingérence, généralement, induit des actions plus ou moins coercitives pour essayer d’influencer un processus dans un État tiers. C’est d’ailleurs une des définitions de la puissance selon Raymond Aron : une puissance est un pays qui impose sa volonté à un autre, une unité politique qui impose ses choix à une autre. D’une certaine manière, l’ingérence est une des formes de contrainte dont disposent aujourd’hui les États pour parvenir à leurs fins. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 septembre 2018
Société

Alexandre Jarov : la fulgurante carrière du censeur de l’internet russe

Alexandre Jarov ne cesse de faire la Une des journaux russes. Depuis un mois, l’Agence fédérale de régulation des communications qu’il dirige, Roskomnadzor, a déclaré la guerre à la messagerie Telegram et bloque des millions d’adresses IP, perturbant le fonctionnement de tout l’internet russophone. Pourtant, le personnage reste mal connu : on sait simplement qu’il a gravi les échelons du pouvoir à une vitesse impressionnante. Retour sur l’ascension de l’un des hauts fonctionnaires russes à la fois les plus secrets et les plus influents. L’agence fédérale de contrôle des médias et des technologies de l’information, Roskomnadzor, fête ce mois-ci ses dix ans d’existence. Avec une centaine de sites web bloqués à son actif, elle est aujourd’hui l’un des organes de pouvoir les plus redoutés de Russie, et son directeur, Alexandre Jarov, est l’un des hauts fonctionnaires les plus en vue du pays. « L’inquisiteur châtie des innocents, Roskomnadzor punit des coupables » Alexandre Jarov cumule décorations et médailles, dont le prestigieux « Ordre pour service rendu à la patrie », qui salue « son grand professionnalisme et l’objectivité dont il a fait preuve dans la couverture des événements de Crimée ». Dans le même temps, son nom est régulièrement scandé lors des manifestations de l’opposition, qui exige sa démission. Depuis le 6 avril 2018, il est inscrit sur la nouvelle « liste noire » publiée par Washington, aux côtés de vingt-trois autres officiels et hommes d’affaires russes visés par des sanctions personnelles. Alexandre Jarov a accueilli la nouvelle avec ironie, estimant qu’il s’agissait « d’un compliment adressé au travail de Roskomnadzor ». Depuis quelque temps, les rumeurs sur son départ imminent vont bon train. Mais Jarov les réfute obstinément. En 2015, dans une interview accordée au portail d’information Znak, il déclarait, à propos du rôle de l’agence qu’il dirige : « L’inquisiteur châtie des innocents, Roskomnadzor punit des coupables. Malheureusement, c’est notre fonction. Et si nous ne l’assumons pas, je ne donne pas cher du service de régulation. » Une carrière fulgurante Quand Alexandre Jarov est nommé la tête de Roskomnadzor en mai 2012, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

10 mai 2018

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