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Éminence grise à la russe : les hommes du premier président

Éminence grise à la russe
les hommes du premier président

« Éminence grise » : le surnom donné à François Leclerc du Tremblay, proche conseiller du cardinal de Richelieu, est entré depuis longtemps dans le langage courant. L’expression connaît notamment une forte popularité auprès des historiens et des politologues, toujours prêts à chercher (et à trouver), derrière chaque homme de pouvoir, celle ou celui qui, tout en préférant rester dans l’ombre, influence directement sa politique. Ces conseillers si particuliers existent partout : n’importe quel homme d’État, surtout s’il cultive un penchant autoritaire, a besoin d’avoir une personne, au sein de son cercle le plus rapproché, en qui il puisse avoir confiance. Même les dirigeants soviétiques avaient leurs éminences grises. Cinquième partie : les hommes du premier président Le premier président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine, a dû bâtir un nouvel État à partir de rien. Il n’y était bien sûr pas prêt. Mais comment se préparer à une tâche aussi monumentale ? Solide gestionnaire, cadre du parti communiste, tribun de talent, il s’est trouvé confronté à une nomenklatura attachée à ses privilèges, et a pris la tête d’une démocratie naissante où personne n’avait de véritable culture démocratique. Quoi d’étonnant, dans ces conditions, à ce que son entourage ait compté les personnalités les plus diverses : membres de la famille, agents des services secrets, jeunes économistes et autres astrologues, qui, sans toujours occuper officiellement de postes importants, n’en avaient pas moins une sérieuse influence sur la politique du président. Boris Eltsine a bâti un nouvel État sans se départir des vieilles traditions russes : des institutions faibles et des favoris influents. Le premier président de la Russie a vite compris qu’un parlement fort et indépendant constituait une sérieuse source de problèmes. Il s’est donc efforcé, avec son cabinet, de manipuler la Douma d’État. Avant de pénétrer dans le premier cercle de Boris Eltsine, rappelons deux traits déterminants de sa personnalité. D’abord, le président Eltsine était gravement malade. Il n’était pas toujours en mesure d’assurer ses fonctions. Ensuite, le penchant d’Eltsine pour l’alcool n’a rien d’un mythe. Aussi le nombre des éminences grises ne pouvait-il que croître, au point qu’il est impossible de désigner LE conseiller occulte du président. En outre, leur influence était telle, que ces hommes et ces femmes de l’ombre ont souvent pu prendre des décisions sans l’aval du malade.

Rouslan Khasboulatov : l’homme qui en voulait trop

Rouslan Khasboulatov n’est pas l’homme auquel on pense d’abord quand on parle d’éminence grise de Boris Eltsine. Il est, en effet, entré dans l’Histoire comme l’un des principaux ennemis du premier président de la Russie. Né en 1942 en Tchétchénie, Rouslan Khasboulatov passe son enfance au Kazakhstan, où sa famille a été déportée. Petit, il rêve de tuer Staline, « pour que la vie de Maman soit moins terrible »,

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