Nouvelle Grandeur : La Jeunesse russe sur le devant de la scène politique

Mercredi 15 août, sous des trombes d’eau, une poignée de russes se sont rassemblés au pied du bâtiment de la Cour Suprême pour protester contre l’emprisonnement de deux adolescentes arrêtées pour « extrémisme ». Pour leurs familles et leurs avocats, l’affaire est une manipulation visant à faire un exemple et effrayer les jeunes russes tentés par l’opposition.

Le tonnerre gronde depuis plusieurs minutes quand un déluge s’abat sans crier gare sur la Place Pouchkine et disperse en un instant les badauds et les journalistes, presque aussi nombreux que les participants à la manifestation. C’est peu dire que la « Marche des mères » ne démarre pas sous les meilleurs auspices. Depuis la veille au soir et l’annonce par le FSB de la mise en résidence surveillée de Maria Dubovik et Anna Pavlikova, de nombreux participants ont appelé sur les réseaux sociaux à l’annulation de la marche, non autorisée par la mairie de Moscou.

Le gros de l’averse passé, la foule reprend lentement possession des lieux. Les manifestants sont quelques centaines, dissimulés sous leurs parapluies, ils se reconnaissent entre eux aux peluches d’enfants qu’ils arborent. Peu à peu, le cortège prend forme. Ni haut-parleurs, ni slogans, ni organisateurs en vue : tout se fait spontanément et dans la confusion. Les rangs restent clairsemés. Les appels à l’annulation de la marche ont fait leur œuvre. Parmi les manifestants, […]

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Reportage de Léo Vidal-Giraud

Dernières nouvelles de la Russie

Politique

Nouvelle Grandeur : Une opposition radicalisée par le pouvoir ?

Depuis six mois, la société civile russe est agitée par le scandale de l’affaire « Nouvelle Grandeur », du nom d’un groupe de jeunes opposants originaires de Moscou et de sa région. L’organisation a été inscrite sur la liste des « groupuscules extrémistes », et dix de ses membres ont été appréhendés, dont Anna Pavlikova et Maria Doubovik.

Crédits Image : Jean Colet - LCDR21 août 2018
Politique

Les libertariens : étoile montante ou étoile filante de l’opposition ?

Pour de nombreux analystes, la manifestation organisée le 30 avril à Moscou en soutien à la messagerie cryptée Telegram et à l’Internet libre constitue le plus grand rassemblement de l’opposition russe cette année. Le Parti libertarien de Russie (LPR) est à l’origine de cet événement auquel entre 10 000 et 15 000 personnes ont participé. Le LPR serait-il l’étoile montante de l’opposition russe ? La boutique en ligne du LPR est une sorte de vitrine de la formation politique, elle permet de se familiariser rapidement avec ses idées. Elle propose un large choix de t-shirts, de mugs, de badges, d’autocollants et d’autres produits portant les symboles et les slogans des libertariens. Dans cette vitrine virtuelle, le symbole officiel du parti – un aigle aux ailes déployées – cohabite avec un serpent à sonnettes sous lequel il est inscrit Don’t tread on me (« Ne marche pas sur moi »). Il s’agit pour les libertariens de montrer leur volonté de défendre leur liberté en cas d’attaque dirigée contre eux tout en prônant le pacifisme. A coté des inscriptions F*** the state et Enjoy capitalism – parmi les plus populaires auprès des militants –, on trouve également la suivante : « Je veux que les couples homosexuels puissent défendre leurs cultures de cannabis avec des armes achetées avec des bitcoins. » Cette phrase met en exergue plusieurs principes fondamentaux du Parti libertarien : liberté économique, décentralisation des services de police, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

16 mai 2018
Politique

Manifestations anti-Poutine : deux Russie face à face

Plus de 1 500 personnes auraient été interpellées le samedi 4 mai lors de manifestations antigouvernementales organisées dans tout le pays, à l’appel d’Alexeï Navalny, le principal opposant à Vladimir Poutine, qui lui aussi a été arrêté. La foule crie « À bas le Tsar ! » ; et les cosaques foncent dans le tas en distribuant des coups de cravache aux manifestants. Petrograd, 1917 ? Non. Moscou, 2018. En arrivant sur la place Pouchkine, les partisans d’Alexeï Navalny ont trouvé les lieux déjà occupés : une contre-manifestation de militants pro-Kremlin du Mouvement de libération nationale (NOD) entoure la statue du poète qui s’élève en son centre. Uniformes de cosaques, tenues de l’Armée Rouge, chants militaires et nuée de drapeaux noir et orange, ils scandent « Patrie, Liberté, Poutine ! » ou « Non aux fascisme américain ! ». En face d’eux, les jeunes anti-Poutine arrivent d’abord au compte-gouttes et se retrouvent totalement désorientés. Il règne sur la place, dans les premières minutes de cet étrange double meeting politique, une confusion complète: « Vous venez à la manifestation ? », « Oui, mais laquelle ? ». Ce sont deux Russies diamétralement opposées qui se font face en ce début d’après-midi de mai. D’un côté, les nationalistes, plus poutinistes que Poutine, brandissent des portraits de leur président et exigent une révision de la Constitution pour l’expurger de ce qu’ils nomment « les articles coloniaux » : ce sont les deux articles prévoyant la primauté du droit international sur la législation russe et l’adoption par la Russie des principes démocratiques. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

6 mai 2018