Sotchi : Station balnéaire et nouvelle capitale politique

Ceux qui s’intéressent à la politique russe ont pu se rendre compte que Vladimir Poutine passait de plus en plus de temps à Sotchi, où il possède une résidence officielle. Dans la plus grande station balnéaire du pays (située à 1 700 km au sud de Moscou), devenue mondialement connue grâce aux Jeux olympiques d’hiver de 2014, toutes les conditions sont réunies pour garantir le repos du président. Mais pas seulement. Ce dernier organise en effet à Sotchi de plus en plus de réunions de travail et y accueille des fonctionnaires et des personnalités politiques venus de Russie et du monde entier. Quelle en est raison et combien cela coûte-t-il à l’État ?

Le 1er juillet 2018, un événement historique s’est produit à Moscou : la sélection russe, qualifiée par les critiques avant le début du Mondial de plus faible équipe dans l’histoire du pays, a battu l’Espagne, récente championne du monde et d’Europe, accédant, pour la première fois depuis plusieurs décennies, aux quarts de finale de la Coupe du monde. En plus de se demander comment leur équipe nationale avait réalisé un tel exploit, les Russes qui s’intéressent à la politique se sont étonnés de ne pas voir le président Poutine dans la tribune VIP du stade Loujniki, à Moscou, où presque toute l’élite politique russe était rassemblée.

Vladimir Poutine était tout simplement ailleurs. À la fin du mois de juin, il s’était envolé pour Sotchi, au sud de la Russie. C’est là qu’est située sa résidence de Botcharov Routcheï, où il avait décidé de prendre quelques jours de repos et de se préparer à sa rencontre avec son homologue américain, qui s’est tenue le 16 juillet à Helsinki.

« Non loin de la ville, à l’écart de la station de ski accessible à tous, se trouve le centre Lounnaïa Poliana, où Vladimir Poutine aime skier. »

L’intérêt de Vladimir Poutine pour Sotchi ne date pas d’hier. C’est lui qui avait émis l’idée d’y organiser les Jeux olympiques d’hiver de 2014. À cette occasion, la ville a été presque entièrement reconstruite et enrichie de nouvelles infrastructures sportives ayant coûté, selon les autorités, quelque 214 milliards de roubles (environ 7 milliards de dollars selon le taux de change de l’époque), dont près de la moitié provient du budget fédéral.

Ski, plage et soleil

Vladimir Poutine a de bonnes raisons d’aimer cet endroit. À la différence du reste de la Russie, Sotchi se trouve dans la zone subtropicale. Le temps y est donc presque toujours chaud et ensoleillé. […]

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Denis Vardanian

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Sergueï Kirienko, le favori

Il y a vingt ans, ce technocrate au physique d’intellectuel annonçait le défaut sur la dette russe au nom du gouvernement qu’il dirigeait. Le président était alors Boris Eltsine. Aujourd’hui, Sergueï Kirienko est le bras droit de Vladimir Poutine et l’un des piliers de sa politique intérieure. Cet été, les médias ont commémoré l’une des pages les plus sombres de l’histoire du pays : la crise du 17 août 1998, qui vit les Russes perdre une grande partie de leurs économies et la valeur du rouble être divisée par quatre. Mais la plupart des journaux qui ont célébré ce triste anniversaire n’ont pas mentionné l’homme dont le nom est associé à cette crise : Sergueï Kirienko, le Premier ministre de l’époque, que Boris Eltsine força à démissionner au bout de quatre jours de chaos politique. Logiquement, après une telle mise à l’écart, sa carrière aurait due être brisée net, d’autant que Kirienko appartenait au très impopulaire « camp des libéraux ». Or, vingt ans plus tard, l’homme se trouve toujours au sommet de l’État. Il occupe une place de choix dans la verticale poutinienne du pouvoir : Sergueï Kirienko est le premier adjoint du directeur de l’administration présidentielle, auprès duquel il est chargé de la politique intérieure russe. Il est notamment en charge du contrôle des partis politiques institutionnels, des organisations représentatives de la société civile, ainsi que des relations avec le parlement et les gouverneurs. Il s’occupe, enfin, de l’organisation des échéances électorales. « Salut, Volodia [diminutif familier du prénom Vladimir, ndlr] ! Toutes mes félicitations ! Je lui réponds : félicitations pour quoi ? Et il me dit : l’ordonnance vient d’être signée, tu es le nouveau directeur du FSB… » Dans son livre Première personne, Vladimir Poutine raconte comment, en 1998, Kirienko est le premier à lui annoncer sa nomination à la tête du Service fédéral de sécurité (FSB). […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

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28 mai 2018