Nikolaï Zlobine : Une Russie humanisée aux yeux des étrangers

La Coupe du monde de football-2018 a révélé au monde une image de la Russie qu’il ignorait. Quel héritage l’événement laissera-t-il, quels changements provoquera-t-il en Russie et dans le monde, et peut-il contribuer à l’amélioration des relations entre Moscou et les pays occidentaux ? Le célèbre politologue américain d’origine russe Nikolaï Zlobine, président du Center on Global Interests à Washington, répond aux questions du Courrier de Russie.

LCDR : L’organisation de la Coupe du monde en Russie a-t-elle changé l’image du pays à l’étranger ?

Nikolaï Zlobine : L’expérience m’a appris cette règle : l’influence d’un pays est proportionnelle à la quantité de journalistes qui y sont accrédités et écrivent sur le sujet. En ce sens, lors de cette Coupe du monde, la Russie a battu tous les records. Elle a gagné son championnat dans la catégorie « médias », en remportant haut la main l’épreuve qui consistait à informer le monde sur ce qu’elle est vraiment. C’est une réussite de taille, incontestable. Et le gouvernement russe y est pour beaucoup : il a su prendre conscience de l’importance de l’événement et tout faire pour que la Russie occupe la Une des grands journaux mondiaux. Et sous un jour positif, ce qui est particulièrement important. Au XXIe siècle, le fait, pour un État, de véhiculer une image médiatique positive à l’étranger est un des piliers de ce que l’on appelle le soft power.

« Lors de cette Coupe du monde,

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Propos recueillis par Dmitri Zlodorev, Washington

Dernières nouvelles de la Russie

Culture

Sur les traces des Russes d’Alaska

Pour raviver la flamme des navigateurs intrépides des XVIIIe et XIXe siècles, une équipe d’explorateurs sibériens s’est rendue d’Irkoutsk, sur la rive occidentale du lac Baïkal, à Anchorage, la principale ville de l’Alaska. Une des organisatrices de l’expédition « Baïkal-Alaska », Anna Vajenina, revient sur ce périple. LCDR : Comment est née l’idée d’une telle expédition ? Anna Vajenina : Anatoli Kazakevitch, un entrepreneur d’Irkoutsk, avait entendu parler de ces marchands sibériens qui entreprenaient parfois le voyage, il y a plus de 150 ans. À l’époque et jusqu’à son achat par les États-Unis, en 1867, pour 7,2 millions de dollars, l’Alaska appartenait à la Russie. Les marchands russes ont été les premiers à se rendre du Baïkal à l’Alaska comme nous l’avons fait. Anatoli Kazakevitch s’est dit qu’il fallait retenter l’aventure. Pendant trois ans, nous avons minutieusement préparé l’itinéraire. Nous avons consulté des sources historiques et demandé conseil à des spécialistes. Un catamaran gonflable, apte à affronter l’océan, a été spécialement créé pour l’expédition. En 2016, nous avons repéré les lieux. Enfin, le 30 mai 2017, le grand jour est arrivé : partis d’Irkoutsk, nous avons traversé le Baïkal, la Lena et la mer d’Okhotsk. Nous avons accosté à Petropavlovsk-Kamtchatski, où le catamaran a passé l’hiver. Nous avons repris la mer le 17 juin 2018 : nous sommes partis du Kamtchatka, direction Anadyr (au nord de la mer de Bering) ; puis, nous avons rallié Nome, sur la côte ouest de l’Alaska, et False Pass (îles aléoutiennes orientales), avant de remonter sur Homer, atteint le 28 août. Trajet de l’expédition Baïkal – Alaska. Crédits : baikal-alaska.ruL’équipe se composait d’une vingtaine de personnes, qui se relayaient à bord du bateau. Nous n’avons dû démonter l’embarcation qu’une fois, afin de franchir des montagnes. Nous avons parcouru 13 422 km sur l’eau, à travers sept régions russes et l’Alaska. Partout, les gens, responsables des administrations locales, entrepreneurs ou simples curieux, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 octobre 2018
International

Le métropolite Jonah : « L’unité au sein du monde orthodoxe est très fragile »

L’octroi par le patriarche œcuménique Bartholomée de l’indépendance ecclésiale à l’Église d’Ukraine pourrait diviser le monde orthodoxe, mais Moscou est en mesure d’user de son influence sur Constantinople et la Turquie pour l’éviter, selon le métropolite Jonah (James Pauffhausen), primat de l’Église orthodoxe en Amérique de 2008 à 2012. L’ancien évêque commente, pour Le Courrier de Russie, l’opposition entre les patriarcats de Moscou et de Constantinople sur la question du statut de l’Église orthodoxe d’Ukraine. Le Courrier de Russie : Les adversaires de l’autocéphalie de l’Église orthodoxe d’Ukraine attendaient beaucoup de la rencontre, fin août, à Istanbul, entre le patriarche de Moscou et de toute la Russie, Cyrille, et le patriarche œcuménique Bartholomée de Constantinople… Le métropolite Jonah : Ces négociations de Phanar ont manifestement été difficiles pour Cyrille. On a le sentiment que Bartholomée avait déjà pris la décision d’octroyer l’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine, et qu’il s’est contenté, à l’occasion de cette rencontre, d’en faire part au patriarche de Moscou. LCDR : Les représentants de l’Église orthodoxe russe menacent déjà de rompre tout lien avec Constantinople. Le patriarche œcuménique a-t-il conscience de toutes les conséquences, notamment politiques, d’un tel geste ? Le métropolite Jonah : Je suis certain que Bartholomée sait parfaitement qu’il risque de se mettre la Russie à dos. Et pas seulement lui, mais tout l’épiscopat de Constantinople, car le patriarche ne peut pas faire ce choix seul : l’octroi de l’autocéphalie à l’Église orthodoxe d’Ukraine doit être décidé par le Synode. Dans le même temps, je suis tout aussi certain que le Kremlin fait pression sur le patriarcat de Constantinople, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 septembre 2018
International

Suzanne Massie : « Trump est un mystère »

Suzanne Massie était conseillère auprès du président américain Ronald Reagan durant la perestroïka. Maîtrisant parfaitement le russe, elle joua un rôle important dans la décision de la Maison-Blanche de prendre langue avec l’URSS. Auteur de plusieurs bestsellers sur la Russie, parmi lesquels Le pays de l’Oiseau de Feu : la beauté de la Vieille-Russie, Suzanne Massie livre au Courrier de Russie sa vision des relations russo-américaines contemporaines, à la lumière de ses souvenirs de l’époque de Reagan et Gorbatchev.LCDR : Les sanctions adoptées en août ont fait s’effondrer le cours du rouble russe par rapport au dollar et à l’euro. Les Russes s’inquiètent de voir les prix augmenter, en particulier ceux des produits importés. Le Congrès américain comprend-il que ses sanctions les frappent avant tout ? Suzanne Massie : Il me semble que le problème est bien là : nos hommes politiques veulent que toute la Russie ressente le choc de leurs sanctions. C’est une politique stupide et à courte vue. Tout Washington sait parfaitement que les sanctions n’atteignent pas leur cible affichée, qu’elles font souffrir la population et épargnent les politiciens russes. Ma seule consolation est que les députés et sénateurs ne soutiennent pas tous ces mesures. Début avril, le sénateur Rand Paul était en visite à Moscou, où il a rencontré ses homologues russes. C’est un homme politique exceptionnel et haut en couleurs, qui se prononce ouvertement contre ces sanctions. « Ce que veut Trump et ce qui lui passe par la tête, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 septembre 2018
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