Crimée : Un pont trop loin?

Vladimir Poutine a inauguré, le mardi 15 mai, le pont du détroit de Kertch. L’ouvrage – réalisé en moins de trois ans et dont la construction a coûté trois milliards de dollars – est avant tout le fruit d’une double nécessité politique : établir une continuité territoriale entre la Russie et la Crimée – annexée en février 2014 sur ordre du président russe et rattachée à la Fédération de Russie suite à un référendum – et assurer l’approvisionnement de la population de la péninsule, placée sous embargo depuis cette date par l’Ukraine. Problème : le pont ultra-moderne, qui désormais enjambe le détroit de Kertch sur dix-neuf kilomètres, est venu se poser un peu comme une soucoupe volante dans une région dont les infrastructures sont vétustes et inadaptées à un tel édifice.

« Le pont, le pont, c’est bien joli… mais regardez donc sur quoi il débouche ! Un chemin de terre tout défoncé, deux pauvres voies, sans marquage au sol. Et c’est pareil des deux côtés ! Tout ce que ça va nous apporter, c’est des embouteillages jusqu’à Feodossia ! »

Vitali, 47 ans, gagne sa vie en faisant le taxi du terminal de ferry de « Port-Crimée » au centre-ville de Kertch. C’est peu dire que l’inauguration du pont de Crimée le laisse dubitatif. Comme lui, beaucoup de Criméens sont encore très circonspects sur les bienfaits réels que leur apportera leur nouveau pont.

L’absence de réseau routier relié au pont

Au-delà du symbole politique fort que représente son ouverture, beaucoup de questions restent en effet sans réponse au sujet du fonctionnement quotidien de l’ouvrage. […]

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Reportage de Léo Vidal-Giraud