Alexeï Koudrine : exilé ou futur réformateur ?

L’un des principaux mystères entourant la formation du nouveau gouvernement russe est enfin élucidé : l’ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine qui, connu pour ses opinions libérales, a quitté le gouvernement en 2011 en raison d’un conflit avec Dmitri Medvedev, alors président du pays, a été nommé à la tête de la Chambre des comptes. Que faut-il attendre de cette nomination ?Le retour aux affaires d’Alexeï Koudrine, qualifié de « ministre des Finances de l’année » par la revue Euromoney en 2010 (principalement pour la création du Fonds de stabilisation et l’utilisation des énormes recettes produites par la vente du pétrole pour lutter contre la crise financière), était annoncé depuis longtemps par les analystes. Sa nomination à la présidence de la Chambre des comptes peut, au premier abord, sembler un lot de consolation ; à tort ou à raison, Alexeï Koudrine était donné par certains comme l'un des favoris au poste de Premier ministre. Toutefois, une analyse plus approfondie de la situation permet de brosser un tableau différent.Le retour d’Alexeï Koudrine dans le cercle du pouvoir a fait sensation presque autant que son départ du ministère des Finances il y a sept ans, en septembre 2011. Les circonstances de ce départ ont été des plus inhabituelles en Russie : un conflit ouvert entre Dmitri Medvedev, alors président, et l’un des ministres russes les plus importants et les plus respectés à l'étranger.
« Vous n’avez qu’une issue et vous la connaissez : partir. »
En 2011, au cours d’une réunion consacrée à la situation économique mondiale et à laquelle assistaient des journalistes, Dmitri Medvedev rappelait une déclaration faite par Alexeï Koudrine lors de son séjour à Washington quelques jours plus tôt. On parlait alors d’un renouvellement ministériel à Moscou. À la question de savoir quelle serait sa réaction si on lui proposait de faire partie du nouveau gouvernement (dont le poste de Premier ministre était déjà réservé au président sortant Dmitri Medvedev, Koudrine avait répondu qu’il « refuserai[t] évidemment » en raison de ses divergences d’opinions avec ce dernier.Dmitri Medvedev n’avait pu dissimuler qu’il prenait la chose pour une offense personnelle. « Vous n’avez qu’une issue et vous la connaissez : partir.

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Anastasia Sedukhina

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