Arrestation des frères Magomedov : une lutte de clans au Kremlin ?

Un scandale vient d’ébranler le monde des affaires russe : Ziavoudine Magomedov, président directeur général du groupe Summa et l’un des hommes les plus riches et les plus influents du pays, a été arrêté, avec son frère Magomed pour détournement de fonds et organisation d’un groupe criminel.
Tandis que les internautes se divisent sur les raisons et les causes de cette arrestation, la communauté d’affaires russe est dans l’expectative. Toutes les heures, de nouveaux détails du dossier sont dévoilés. Qui est donc Ziavoudine Magomedov et que cache son arrestation ?

Le 30 mars, une perquisition a lieu dans les locaux du groupe Summa et son président directeur général, Ziavoudine Magomedov, est convoqué pour interrogatoire par les enquêteurs du ministère de l’Intérieur. Il n’imagine pas, alors, qu’il ne reviendra pas chez lui avant deux mois. Le lendemain, l’entrepreneur a prévu s’envoler avec sa famille pour Miami à bord de son avion privé, ce qui a, sans nul doute, été déterminant dans son arrestation : les enquêteurs ont craint qu’il ne s’enfuie définitivement aux États-Unis.

Les avocats de Ziavoudine Magomedov proposent que leur client verse une caution de 2,5 milliards de roubles (35,2 millions d’euros) – un record en Russie ! – pour obtenir une simple assignation à résidence. La juge chargée de l’affaire se montre intraitable : Ziavoudine Magomedov et son frère resteront en cellule et à l’isolement au moins jusqu’au 30 mai.

Une affaire en sept épisodes

Les 2,5 milliards de roubles proposés par les avocats correspondent aux détournements de fonds dont Ziavoudine est soupçonné. Pour les enquêteurs, une grande partie de ces fonds se trouverait à l’étranger. Ziavoudine Magomedov et son frère sont aujourd’hui accusés d’escroquerie, de détournement de fonds à grande échelle et d’organisation d’un groupe criminel. Au total, 209 personnes seraient impliquées dans l’affaire. Certaines auraient trouvé refuge aux Émirats arabes unis. D’autres, à l’instar des frères Magomedov, ont été arrêtées et sont accusées d’escroquerie. Des perquisitions ont eu lieu dans vingt-cinq régions russes.

« Il aurait été étrange de se voler soi-même »

L’affaire compte sept épisodes, tous liés à des détournements de fonds. L’un d’eux concerne la construction du stade Arena Baltika à Kaliningrad, qui accueillera des matchs de la Coupe du monde. Les enquêteurs ont appris qu’en 2013 GlobalElectroService, filiale de Summa, a touché environ 752 millions de roubles (10,6 millions d’euros) pour consolider le terrain où serait construit le stade, mais que la firme aurait utilisé du sable qui ne répondait pas aux exigences techniques. L’entreprise a réfuté ces accusations.

Ziavoudine Magomedov a déclaré au tribunal qu’il niait tout en bloc : « Il aurait été étrange de se voler soi-même. »

L’affaire Magomedov a ébranlé l’ensemble du monde des affaires russe. D’éminents économistes et de grandes figures politiques se sont déjà exprimés à ce sujet, notamment Boris Titov, […]

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Anastasia Sedukhina

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Elena Batourina, Madame oligarque

Elena Batourina n’a pas quitté le classement Forbes des plus grandes fortunes du pays depuis sa première apparition dans la liste, en 2004. Son patrimoine, estimé à un milliard de dollars, elle ne le doit ni à un héritage ni à un divorce. Uniquement à son travail. Et peut-être à l’influence de son mari, Iouri Loujkov, maire de Moscou de 1992 à 2010. Portrait. Elena Batourina est née en 1963 à Moscou, dans une famille d’ouvriers. Pour payer ses études, elle travaille, dès l’âge de dix-sept ans, comme dessinatrice industrielle dans la même usine que ses parents. La jeune fille y touche un salaire plutôt généreux de 180 roubles (à titre de comparaison, un ministre émarge alors à 600-800 roubles). Au bout d’un an et demi, elle s’inscrit aux cours du soir de l’Institut de direction de Moscou (l’URSS ne connaît pas encore d’école de management). Dans la journée, elle est employée dans diverses institutions, notamment au Comité exécutif du conseil de Moscou, où elle rencontre son futur mari, Iouri Loujkov, alors premier vice-président du comité. Il a vingt-sept ans de plus qu’elle. Le mariage est célébré en 1991, l’année de l’avènement du capitalisme sauvage en Russie. Premiers pas dans les affaires Peu avant son mariage, Elena Batourina s’était lancée dans les affaires avec son frère Viktor. « Nous avons touché à peu près à tout. Nous nous sommes même occupés de matériel informatique : nous achetions des ordinateurs et nous les revendions après les avoir reprogrammés. C’est comme ça que nous avons gagné nos premiers dollars », se souvient la milliardaire dans un entretien accordé au magazine Ogoniok en 2012. Ensemble, ils fondent une entreprise, Inteko, et se lancent dans la production d’objets en plastique : seaux, bassines, chaises de jardin, etc. Pour Elena Batourina, c’est le début de la réussite financière. La carrière politique de son mari est, elle aussi, marquée au sceau de la réussite. Elle prend un tournant décisif, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

19 novembre 2018
Politique

Le Kremlin veut dompter les messageries

À partir du printemps prochain, chaque compte de messagerie instantanée devra être associé à un numéro de téléphone enregistré en Russie, afin de pouvoir fonctionner dans le pays. Officiellement, la nouvelle législation répond à une nécessité pour lutter contre le terrorisme et la publicité intrusive. La loi instaurant des amendes pour les messageries qui ne vérifient pas l’identité de leurs utilisateurs est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. Jusqu’à maintenant, elle n’était pas appliquée faute d’un texte précisant la procédure exacte d’identification. Un décret, signé fin octobre par le Premier ministre Dmitri Medvedev, comble cette lacune. Identification expresse en vingt minutes Dorénavant, afin d’enregistrer chacun de leurs clients, les messageries instantanées devront faire une demande d’authentification auprès des opérateurs téléphoniques. Ces derniers disposent en effet des données personnelles (nom, prénom, numéro de passeport) de leurs abonnés. Chaque demande d’identification devra être satisfaite en vingt minutes, sous peine d’échec de connexion à la messagerie. Selon Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, il s’agit de créer un système de communications sûr pour la population et pour l’État. Si les données fournies par l’utilisateur ne correspondent pas à celles détenues par l’opérateur téléphonique (par exemple, en cas d’achat de carte SIM « sous le manteau », sans enregistrement du passeport), l’accès aux services de messagerie sera refusé. Enfin, tout changement de numéro de téléphone devra entraîner une nouvelle procédure d’authentification de l’utilisateur. Les messageries qui n’appliqueront pas ces nouvelles règles verront leur responsabilité administrative engagée. Alexandre Jarov, directeur de Roskomnadzor, l’autorité russe de contrôle des communications et d’internet, a qualifié d’indispensable cette nouvelle disposition législative, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

14 novembre 2018
Économie

La Russie se rue vers l’or

Depuis dix ans, la Russie augmente ses réserves d’or. La dynamique s’est même accélérée ces derniers mois. Au troisième trimestre 2018, la Banque centrale russe était le premier acheteur du métal jaune au monde. Selon les calculs du Conseil mondial de l’or (WGC), la Russie a réalisé une acquisition record de 92,2 tonnes de métal précieux entre juin et septembre 2018 (une hausse de 50 % par rapport au troisième trimestre 2017). C’est presque trois fois plus que les investissements cumulés des deux autres acteurs majeurs du marché, la Turquie (18,5 t) et le Kazakhstan (14,4 t). Surtout, l’autorité monétaire russe pèse plus de la moitié des achats d’or effectués, sur la même période, par les banques centrales du monde entier (148,4 t). Grâce à ces acquisitions, les réserves d’or de Moscou dépassent les 2 000 tonnes pour la première fois de leur histoire (statistiques débutées en 1993). Elles représentent 17 % des réserves mondiales, pour une valeur supérieure à 78 milliards de dollars. Contrairement aux autres actifs libellés en devises ou aux titres en dépôt à l’étranger, l’or ne peut pas être gelé ni saisi. Surtout s’il est conservé en sécurité sur le sol national. Ces chiffres placent le pays au cinquième rang des détenteurs de métal jaune, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 novembre 2018

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