Renaud Girard : « Si il veut rester dans l’histoire, Poutine doit bâtir un État de droit en Russie »

Renaud Girard : « Si il veut rester dans l’histoire, Poutine doit bâtir un État de droit en Russie »

Dans un entretien exclusif en trois parties accordé au Courrier de Russie, Renaud Girard, analyse la dégradation des rapports russo-occidentaux sur fond de crise ukrainienne.Retrouvez ici la première partie de l'interview.Deuxième partie : Au mois de mars 2014, suite à l'annexion et au rattachement de la Crimée, l'Europe et les États-Unis décident de sanctionner l'économie de la Russie. Depuis, les listes de sociétés et de personnalités russes visées par d'autres trains de sanctions se sont multipliées. Ces dernières frappent désormais la Russie, non seulement pour son implication dans la crise ukrainienne mais aussi pour l'ensemble de sa politique extérieure considérée comme agressive, aux États-Unis notamment. On parle de nouvelle « guerre froide ».Renaud Girard est le chroniqueur de politique internationale du Figaro. Depuis plus de trente ans, il couvre les principaux conflits de la planète en tant que Grand Reporter et correspondant de guerre. Géopoliticien, il enseigne la stratégie à Sciences Po Paris. Il a notamment publié Retour à Peshawar (éd. Grasset, 2010); Le Monde en guerre (éd. Montparnasse, 2016) et dernièrement Quelle diplomatie pour la France ? (éd. du Cerf, 2017).Le Courrier de Russie : Comment qualifier les rapports qu'entretiennent aujourd'hui l'Union Européenne (UE) et la Russie?Renaud Girard : Ils sont mauvais. D'abord à cause des sanctions. Je me suis, d’emblée, élevé contre elles. Je tiens à préciser que je tiens les événements du Donbass pour un coup de force de la Russie, que ce n'est pas dans son intérêt, et qu'elle doit rendre ces territoires à l'Ukraine. Mais, il est tout à fait naïf de croire que l'on va faire changer la stratégie d'un pays comme la Russie, qui a résisté pendant mille jours au siège de Leningrad par l'armée allemande ; de penser que l'on va modifier la vision géopolitique d'une telle nation avec des sanctions commerciales. C'est ridicule.Les sanctions sont contre-productives, elles créent un mauvais climat et je suis donc, comme la plupart des dirigeants des grands pays européens, favorable à leur levée. Les deux assemblées françaises ont demandé cette levée des sanctions. Les Espagnols et les Italiens se sont prononcés eux aussi dans le même sens. Il n'y a qu'en Allemagne que les choses sont plus complexes. Là, tout dépend des coalitions au pouvoir.

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Propos recueillis par Jean-Claude Galli

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