Arnaud Dubien : « Le renouvellement de la classe politique russe est un phénomène sociologique majeur »

Arnaud Dubien, Directeur de l’Observatoire franco-russe, revient, pour le Courrier de Russie, sur les deux derniers épisodes de la campagne présidentielle de 2018 : l’éviction du principal opposant du Kremlin, Alexeï Navalny, et la désignation de Pavel Groudinine comme candidat du Parti communiste.

Le Courrier de Russie : La nomination surprise de Pavel Groudinine comme candidat du Parti communiste (KPRF) et la mise à l’écart officielle d’Alexeï Navalny changent-elles la donne pour la prochaine élection présidentielle ?

Arnaud Dubien : La disqualification d’Alexeï Navalny par la Commission électorale centrale était attendue. Il était clair depuis plusieurs mois que le Kremlin, après avoir, semble-t-il, hésité à la fin de 2016, avait décidé de ne pas laisser concourir le principal représentant de l’opposition dite « hors-système ». L’expérience des municipales de Moscou en 2013, où Navalny avait recueilli 27% des suffrages à l’issue d’un scrutin démocratique, ne sera donc pas rééditée.

Le pouvoir a décidé de ne prendre aucun risque, fidèle en cela à sa ligne de conduite traditionnelle. Pourtant, Alexeï Navalny ne représentait certainement pas une menace électorale immédiate pour Vladimir Poutine. Le plus probable est qu’il aurait recueilli environ 10% des voix. Mais cela aurait impliqué un changement des règles du jeu – notamment en termes d’accès à la télévision d’État – auquel le pouvoir n’est pas prêt. […]

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Propos recueillis par Jean-Claude Galli