Sergueï Oudaltsov. Crédits : Alexandre Cherbak - Kommersant

Sergueï Oudaltsov, un nouveau souffle de gauche

Sergueï Oudaltsov, 40 ans, vient de purger une peine de quatre ans et demi de prison, pour avoir causé « des troubles de masse à l’ordre public » fin 2012. Socialiste et démocrate, leader du mouvement Avant-garde de la jeunesse rouge, Oudaltsov incarne une autre opposition au Kremlin, celle d’une gauche hors-système, réclamant la redistribution des richesses pour le bien de tous. Oudaltsov, dont l’arrière-grand-père fut un compagnon d’armes de Lénine, saura-t-il rassembler tous les gens de gauche ? C’est la mission qu’il se fixe. Extraits de son interview à la revue Rousski Reporter.

Sur les raisons de son emprisonnement

Les manifestations de 2012 ont été extrêmement dérangeantes pour le gouvernement. Jusque-là, depuis dix ou quinze ans, l’activisme civil en Russie avait été proche de zéro. Et quand les gens ont commencé de descendre dans les rues par centaines de milliers pour critiquer violemment le pouvoir, cela a profondément heurté les élites dirigeantes. Le pouvoir a donc provoqué lui-même des désordres de rue, le gouvernement a décidé de se fermer au dialogue et d’opter pour la répression.

Mon mouvement, le Front de gauche, a été choisi comme cible principale. Nous ne demandons pas le remplacement d’une figure au pouvoir par une autre. Nous rejetons le modèle socio-économique même du capitalisme russe – sauvage et souverain –, parce qu’il ne convient pas à la majorité de la population.

En outre, contrairement à d’autres, nous ne sommes pas soutenus par des sponsors de l’ombre. Personne, parmi les cercles de l’élite, ne prend notre parti – pour eux, nous sommes des étrangers. C’est pour ça qu’on s’en est pris à nous.

Sur les manteaux de vison

Cette idée selon laquelle le mouvement de 2012 n’aurait réuni que la classe créative en manteaux de vison est un cliché de propagande, contre lequel nous nous sommes battus comme nous le pouvions. Le pouvoir a intérêt à répandre cette vision caricaturale pour diviser la population des grandes villes et les habitants de la province. On dit aux campagnes : « Ces gens repus et gavés qui protestent dans les villes ne savent même pas ce qu’ils exigent. Mais vous, ouvriers de province – cette protestation n’est pas la vôtre. Vous devez être de notre côté, du côté du pouvoir et du président. » Et ils ont réussi à instaurer ce clivage. Quant à notre mouvement de protestation, le pouvoir a prétendu qu’il était composé de combattants, que nous préparions des émeutes. C’est ridicule ! Nos manifestations ont rassemblé principalement des gens tout à fait pacifiques – des jeunes, des étudiants, des intellectuels, des travailleurs manuels.

Sur sa rencontre avec Medvedev

En février 2012, mes compagnons et moi avons été reçus par le président Medvedev, nous nous sommes assis à une même table et avons discuté de la façon dont on pouvait changer le système électoral du pays, […]

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Rousski Reporter

Dernières nouvelles de la Russie

Société

En 2017, la Russie enregistre le nombre de prisonniers le plus bas depuis 80 ans

La population carcérale en Russie représente aujourd’hui 630 000 personnes, soit le chiffre le plus bas enregistré au cours des 80 dernières années. À quoi est due cette diminution flagrante ? La revue Rousski Reporter a mené l’enquête ; Le Courrier de Russie la résume. Il y a un siècle exactement, en septembre 1917, les prisons de Russie ne comptaient que 34 000 détenus, selon la statistique officielle. En septembre 1921, leur nombre était passé à 62 500, et n’a cessé de croître depuis, pour atteindre 1 million en 1935, puis 2 millions 400 000 en 1941, soit 1 500 détenus pour 100 000 personnes. En 1952, un an avant la mort de Staline, la Russie comptait plus de 2,5 millions de prisonniers. En 1955, sous l’effet de l’amnistie générale proclamée par Khrouchtchev, le nombre de prisonniers est divisé par deux et reste stable jusqu’aux années 1970. Puis, on assiste à une nouvelle hausse, avec un pic en 1986 : le nombre de détenus double de nouveau, passant à 2,3 millions, soit 864 détenus pour 100 000 personnes. Avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir, le chiffre repart à la baisse pour atteindre, en 1991, 1,2 millions de prisonniers, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

4 octobre 2017
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