Percée des candidats de l’opposition aux élections municipales à Moscou

Ils étaient 1046 à se présenter dans les 125 quartiers administratifs que compte la capitale russe. Leur point commun ? Faire partie de l’opposition « anti-système »


Deux cent soixante-sept candidats issus de l’opposition ont remporté des sièges au sein de conseils municipaux à Moscou au terme des élections municipales organisées dimanche 10 septembre. Une première bousculante. Décryptage.

Ces élections municipales ont connu une faible participation de 14,8%. Crédits : Rusina Shikhatova.

Ils étaient 1046 à se présenter dans les 125 quartiers administratifs que compte la capitale russe. Leur point commun ? Faire partie de l’opposition « anti-système », celle-même qui se dit contre la politique de Vladimir Poutine. Certains candidats concouraient sous le drapeau du traditionnel parti Yabloko, d’autres pour le mouvement Solidarnost de l’opposant Ilia Yachine, les derniers se présentaient comme indépendants.

Tous, en revanche, marchaient groupés au sein du jeune mouvement Démocrates unis, créé pour l’occasion par l’ex-député parlementaire indépendant Dmitri Goudkov. Un pari risqué qui a porté ses fruits. Donnés perdants d’avance, 267 d’entre eux ont créé la surprise en raflant un siège dans 62 quartiers, dont 17 avec la majorité et 29 avec un tiers des voix.

« Nous constituons une réelle force politique, la deuxième à Moscou, s’est félicité Dmitri Goudkov lors d’une conférence de presse, le 11 septembre. Mis à part nous, il n’existe plus d’autre opposition parlementaire dans la capitale. La force politique suivante, le parti communiste, a remporté 45 mandats. Et je ne parle même pas du parti libéral démocrate LDPR [4 sur 947 candidats]. »

La première force demeure le parti au pouvoir Russie Unie qui remporte 77 % des sièges, soit 1151 députés mais perd la majorité dans 15 quartiers. Issu de cette famille politique, l’actuel maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a parlé d’élections « concurrentielles », qui ont mené à la création de conseils de députés « plus variés ».

Moscou 2018

Plus variés mais aussi plus dangereuses pour le chef de la capitale russe qui remet son titre en jeu en 2018. Et le maire le sait très bien : les élections municipales de députés sont la première étape dans cette course à la mairie.

C’est précisément dans l’optique d’une candidature en 2018, comme le rappelle le quotidien russe RBC, que le mouvement des Démocrates unis a été fondé et largement soutenu par le parti Yabloko, grand ennemi de Russie Unie.

Car pour être candidat à la municipale, dicte la législation russe, il est nécessaire d’obtenir le soutien de 110 députés qui doivent représenter 75 % de l’ensemble des 125 quartiers, soit 93. Une mission pratiquement impossible pour les petits partis d’opposition à défaut d’unir leurs forces.

Si les Démocrates unis ne sont pas parvenus à conquérir autant de quartiers, Dmitri Goudkov, déjà pressenti comme le très certain candidat à la mairie moscovite, assure d’ores et déjà qu’il arrivera à « se mettre d’accord » afin de gagner le soutien des « 31 manquants ». A suivre.