Ce qu’il faut retenir de la ligne directe 2017 de Vladimir Poutine

Jeudi 15 juin,  le président Vladimir Poutine a tenu sa 15e ligne directe publique avec la population, répondant, en l’espace de 3 heures et 56 minutes, à près de 70 questions de citoyens russes. Bilan.

Sur la crise économique

« La crise économique est-elle terminée ? Je voudrais de tout cœur répondre à cette question par l’affirmative et envoyer à la société un signal encourageant. Mais nous devons partir des données objectives. Et quelles sont-elles ? Les chiffres indiquent que la récession de l’économie russe a cessé, et que nous sommes entrés dans une période de croissance.

Pourtant, je veux revenir sur un des principaux problèmes économiques : la diminution, depuis plusieurs années, des revenus de la population, et l’augmentation du nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté. Dans les années 1990, ces dernières représentaient 35 à 37% de la population russe, soit près de 40 millions d’individus. En 2012, ce chiffre n’était plus que de 10,7% – le plus bas de notre histoire. Aujourd’hui, malheureusement, il est remonté à 13,5%. Cela pourrait sembler peu, mais nous parlons, en pratique, de dizaines, voire de centaines de milliers de personnes.

Quelles sont les causes de ce fléau ? Il s’agit avant tout de la structure de notre économie, qui ne nous convient pas. Il faut aussi mentionner la faible productivité du travail en Russie : si nous ne parvenons pas à l’augmenter, il n’y aura ni création d’emplois, ni augmentation des salaires. »

Sur l’économie

« Depuis trois trimestres, on constate une augmentation du PIB russe. +3% fin 2016, +5% au premier trimestre 2017, et +1,4% en avril. La production industrielle s’intensifie, avec une augmentation de 0,7% au premier trimestre de cette année. On constate aussi une hausse des investissements, de 2,3%, et une croissance des exportations de denrées non énergétiques, de 19%.

Enfin, nous enregistrons actuellement un niveau d’inflation très bas – record dans l’histoire de la Russie – de 4,1% seulement. Ce qui nous permet d’espérer pouvoir atteindre notre objectif de 4% à la fin de l’année en cours. Sont également en hausse nos réserves de change de la Banque centrale, nos réserves internationales : nous avions entamé l’année dernière avec 368 milliards de dollars pour la finir avec 378 milliards de dollars. Cette année, ces réserves s’élèvent déjà à 405 milliards de dollars. »

Sur les sanctions

« Les sanctions ne sont pas une nouveauté : dès que la Russie commence à relever la tête, dès que nos partenaires sentent que notre pays se renforce, ils nous soumettent à des restrictions. Il en a toujours été ainsi, même avant la Révolution – durant toute notre histoire. Les États-Unis ont l’intention d’adopter de nouvelles sanctions, et on peut se demander pourquoi ils le font. En réalité, il n’y a qu’une seule réponse : c’est pour nous contenir, nous « endiguer ».

Les sanctions nous touchent, certes, mais pas de façon radicale. Nous sommes plus sensibles à la conjoncture internationale. Les États-Unis pensent que notre économie a baissé d’1% à cause des sanctions, l’ONU estime qu’elles nous ont fait perdre 50 à 52 milliards de dollars. Mais ceux qui ont introduit ces sanctions, eux, ont perdu 100 milliards de dollars !

Les sanctions nous ont permis de mobiliser nos cerveaux, nos ressources, nos talents, et de renforcer nos positions dans des domaines clés, tels l’aviation, la pharmaceutique, l’électronique, l’agriculture. Nous sommes devenus leader mondial dans l’exportation du blé : le voilà, le résultat des sanctions ! Les Chinois s’apprêtent à importer notre porc et notre volaille, nous n’en faisons plus venir de l’étranger mais, à l’inverse, nous cherchons toujours de nouveaux marchés d’écoulement.

Il y a deux ans, notre production de fruits et légumes était un sujet douloureux : nous avions cessé d’en importer et n’en possédions pas assez sur notre marché intérieur, donc les prix ont augmenté. Mais depuis, nous avons fait tout notre possible pour accroître notre production maraîchère – et je constate que cela fonctionne. L’inflation n’est plus que de 4,1 % en Russie, ce qui a fortement boosté notre production. L’embargo que nous avons introduit sur les denrées alimentaires en provenance d’Europe et des États-Unis restera en vigueur jusqu’au 31 décembre 2017, puis nous verrons. Si nos partenaires lèvent leurs sanctions, nous devrons faire de même. Nous devons assurer notre compétitivité sur le marché. [S’adressant aux producteurs de légumes, ndlr] Aujourd’hui, nous vous aidons de toutes nos forces, et si vous travaillez correctement, vous conserverez l’avantage sur les importateurs, car vos coûts logistiques sont moindres. Dans l’avenir, nous ne pourrons plus vous accorder des aides directes, mais nous continuerons de vous soutenir dans le respect des règles de l’OMC. »

Rappel. Les pays occidentaux ont adopté des sanctions contre la Russie après le rattachement de la Crimée à la Fédération et le déclenchement du conflit dans le sud-est de l’Ukraine. Initialement, ces mesures ciblaient des personnes physiques et morales précises, puis elles ont été élargies aux secteurs de l’énergie, de la défense et des finances. En août 2014, en réponse à ces restrictions, Moscou a mis en place des contre-sanctions, en particulier un embargo alimentaire. Le 29 juin 2016, le président russe Vladimir Poutine a prolongé cette interdiction d’importer certains produits en provenance de l’UE et des États-Unis jusqu’au 31 décembre 2017. Le 1er juillet, l’Union européenne a prolongé les sanctions économiques contre la Russie jusqu’au 31 janvier 2017. Le même jour, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a voté la prolongation de l’embargo russe jusqu’au 31 décembre 2017. […]

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LCDR

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