fbpx
Ramzan Kadyrov

Ramzan Kadyrov : « Je suis le plus pacifique et le meilleur des hommes »

Le très controversé dirigeant tchétchène, Ramzan Kadyrov, a donné une longue interview à l’agence russe TASS, dans laquelle il revient sur sa jeunesse, ses relations avec Poutine, ses ennemis, la religion et le récent scandale autour du combat de ses fils. Publié le 28 novembre, l’entretien fait beaucoup parler de lui en Russie. Le Courrier de Russie en a traduit les passages les plus marquants.

TASS : Ça vous plaît qu’on ait peur de vous ?

Ramzan Kadyrov : Qui a peur ? Si vous voulez parler des ennemis de la Russie que sont les terroristes, les extrémistes et autres, alors oui, ce genre d’ennemis doivent me craindre. Me craindre à mort. Ils savent que ma position est une position de principe. Quelqu’un qui prépare le mal, qui se fixe pour objectif de commettre un acte terroriste, de prendre la vie de gens qui ne sont coupables de rien : un tel être doit être neutralisé avant d’avoir eu le temps d’appuyer sur le bouton. Il faut l’arrêter et le traîner en justice et, s’il oppose une résistance armée, il faut l’anéantir. L’humanité n’a encore rien inventé de mieux. Mes ennemis doivent-ils me craindre ? Oui ! Et non seulement me craindre, mais rester bien cachés à l’autre bout du globe. Pas question de faire des cérémonies avec ces gens-là ! Derrière les barreaux ou six pieds sous terre – qu’ils choisissent l’option qui leur convient le mieux. S’ils tentent de pénétrer en Tchétchénie, nous les détruirons. Tous. Jusqu’au dernier. Je suis un guerrier, un défenseur, j’ai donné un serment et je sers les gens, je suis prêt à donner ma vie pour eux. Alors, que mes ennemis me craignent. Pas de problème. C’est même très bien.

R.K. : Qui appelez-vous « vos ennemis », précisément ?

TASS : En premier lieu ceux qui, il y a 20 ans, ont apporté la guerre sur ma terre, assassiné le peuple tchétchène, détruit nos villes et villages, ceux qui refusent toujours d’admettre qu’ils ont perdu et que le peuple a fait son choix. Je parle des traîtres, qui rêvent de ruiner la Russie en tant qu’État souverain, je parle des sheitans, des démons à l’intérieur de la république, qui dansent au son de la flûte de l’Occident, je parle de tous ces Khodorkovskis, Berezovskys et consorts. De la racaille ! Des résidus hostiles se cachent encore dans les interstices, mais nous savons qui ils sont et ce qu’ils veulent.

TASS : L’État islamique aussi, ce sont des ennemis ?

R.K. : Évidemment.

TASS : Mais il y a aussi des Tchétchènes qui en font partie.

R.K. : Oui, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan, comparé aux centaines de milliers de terroristes venus d’Amérique, d’Asie, d’Europe, d’Afrique, d’Australie… L’ « État iblistique » [ « Iblis » est le nom du diable en islam ; c’est le démon qui a refusé de se soumettre à Allah, ndlr] et Al-Qaïda ont les mêmes père et mère.

TASS : L’essentiel, c’est que vos compatriotes ne reviennent pas.

R.K. : N’aie pas peur, ils ne reviendront pas ! En Tchétchénie, c’est sûr qu’ils ne reviendront pas ! L’Amérique, avec l’Europe son alliée, rêvent de faire tomber notre État à l’aide de mains étrangères, sans se mouiller. Si elles pouvaient faire ce qu’elles voulaient, la Russie serait aujourd’hui une vaste Alep. Mais elles ont tort d’essayer. Elles n’arriveront à rien.

Nous ne nous mettrons pas à genoux, et nous ne mourrons pas de faim ! Les sanctions sont impuissantes contre nous ! Ils se sont trompés de cible ! Gloire à Allah, la Russie possède un territoire immense, une terre riche, les épreuves nous rendent encore plus forts, et c’est l’Occident lui-même qui viendra nous demander de l’aide. C’est précisément vers cela que tout se dirige, j’en suis certain.

Mais aujourd’hui, ils sont nos ennemis. Ce qui veut dire qu’ils sont les miens aussi. En tant que citoyen de mon pays. Mais je n’ai pas d’ennemis personnels ! Je suis le plus pacifique des hommes.

TASS : Vraiment ?

R.K. : Depuis toujours, depuis les bancs de l’école. À l’époque, j’aidais les faibles, ceux qui avaient besoin d’être protégés. En classe et dans la rue. Mais ça n’est jamais allé jusqu’à l’affrontement ouvert, avec personne. Oui, j’avais des ennemis de sang, ceux qui assassinaient les fils authentiques du peuple tchétchène, les fils de la Russie – mes amis, mon père, le premier président de la république de Tchétchénie et Héros de Russie Akhmad-Hadji Kadyrov, responsable politique et figure religieuse célèbre dans le monde entier… Et ces ennemis ne sont plus, ils ont tous été anéantis. C’était notre devoir. Les bandits et les criminels ne comprennent pas d’autre langue.

TASS : Et l’opposition hors-système, vous les considérez aussi comme des ennemis ?

R.K. : Non, ce sont juste de grandes gueules. Des gens sans vergogne. […]

Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou abonnez-vous !

Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Mezen : un village
au chevet de son hôpital

À Mezen, petite ville du Grand Nord russe située à plus de 1 500 kilomètres de Moscou, les retraités se sont organisés pour financer la rénovation de l’hôpital municipal. Un reportage du magazine Ogoniok.Le petit port de Mezen est la dernière escale sur le fleuve du même nom, avant la mer Blanche. La ville ne recense qu’un peu moins de 3 300 habitants, mais elle est située au cœur d’un tel désert, entourée de toundra, qu’elle fait figure de véritable îlot de civilisation. Elle possède un minuscule aéroport, d’où un petit avion décolle une fois par semaine vers la capitale régionale, Arkhangelsk, située à 400 kilomètres de là. Des minibus privés desservent aussi la grande ville plusieurs fois par semaine – du printemps à l’automne. Mais en hiver, quasi inaccessible par la route, Mezen est comme coupée du monde. Sous les tsars, c’était un lieu d’exil.Ni ascenseur ni anesthésisteMezen a l’air d’un village sans âge avec toutes ses constructions en bois : ici la mairie, qui penche un peu, là, les annexes désaffectées de l’hôpital… Les services et le nombre de lits se réduisent comme peau de chagrin. Aujourd’hui, l’établissement tient tout entier dans le bâtiment central : une construction de briques, à étage.L’hôpital a longtemps détenu la palme régionale du plus grand chantier inachevé. Il a finalement été livré en 2000. Mais à quel prix… « L’ancien intendant m’a raconté qu’à l’inauguration du bâtiment, il y avait déjà trente-huit trous dans le toit ! », se souvient le docteur Alexandre Khviïouzov, chef du service de chirurgie.L’hôpital dispose bien d’un ascenseur, mais il n’a jamais fonctionné : il sert de remise.Son département se situe à l’étage. Au plafond, de larges taches d’humidité. Au cours de l’automne 2018, le personnel avait disposé des seaux un peu partout sur le sol – pour les fuites… Le lino, moisi, se décolle par endroits, révélant des lattes de contreplaqué noircies par le temps et l’usure. « C’est bien simple, tout est à refaire ! Régulièrement, les agents du contrôle sanitaire viennent inspecter les planchers et nous infligent des amendes. Comme si l’hôpital n’était pas assez endetté… », se désespère le médecin.L’hôpital de Mezen. Crédit : KommersantUn vacarme soudain dans l’escalier : deux hommes transportent une vieille dame sur une chaise. L’hôpital dispose bien d’un ascenseur, mais il n’a jamais fonctionné. Il sert de remise. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 avril 2019
International

Nikolaï Patrouchev : « Les sanctions occidentales nous stimulent »

Nikolaï Patrouchev est le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, organe consultatif près le chef de l’État sur les questions de sécurité nationale. Dans l’une de ses rares interviews, accordée au journal Izvestia, il expose le point de vue de Moscou sur une série de grandes questions internationales : sanctions occidentales, politique russe de substitution aux importations, traité FNI…Le 1er février 2019, les États-Unis ont dénoncé le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987. La Russie, en réponse, s’est aussitôt désengagée de l’accord. Ce dernier est-il définitivement enterré ?Nikolaï Patrouchev : Pour justifier la rupture unilatérale de ses engagements, Washington a accusé la Russie de violer ce traité, sans avancer la moindre preuve. Et les États-Unis ont fait fi de toutes nos inquiétudes quant au non-respect de leurs propres obligations.En fait, les Américains estimaient que le traité FNI était obsolète, parce qu’il ne s’étendait pas aux nouveaux pays possédant des armes de ce type. Cependant, ils n’ont jamais ne serait-ce que tenté d’entamer des négociations pour l’amender et l’adapter aux réalités nouvelles…La Russie, de son côté, n’aurait vu aucun obstacle à ce que cet accord devienne un traité multilatéral.Le commandant des forces alliées de l’OTAN en Europe a récemment affirmé que Moscou n’hésiterait pas à employer l’arme nucléaire contre « ses voisins plus faibles ». Après de telles déclarations, on comprend que l’opinion publique occidentale ait une piètre image de la Russie…N.P. : Les États-Unis et leurs alliés assènent régulièrement de telles accusations, sans jamais les étayer… En réalité, ce sont les Américains qui ne veulent pas renoncer aux « frappes nucléaires préventives » ‒ c’est écrit noir sur blanc dans leur doctrine militaire.En présentant aujourd’hui la Russie comme l’ennemi à abattre, la Maison-Blanche cherche à justifier l’élargissement continu de l’OTAN, qui vise à préserver l’hégémonie planétaire américaine. Mais le monde a changé : la domination d’un seul État sur tous les autres, dans tous les domaines, n’est plus possible.Cérémonie de passation de pouvoir entre Noursoultan Nazarbaïev (à gauche) et Kassym-Jomart Tokaïev (à droite) le 20 mars au Sénat kazakh. Crédit : Liter.kz L’économie joue un rôle de plus en plus prépondérant dans l’équilibre des forces. Et il suffit d’observer les rythmes de croissance qu’affichent des pays comme la Chine ou l’Inde, pour comprendre que les États-Unis ne sont plus les maîtres du monde.La république du Kazakhstan est le principal partenaire de la Russie au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 avril 2019
International

Damanski
Le souvenir russo-chinois à ne pas réveiller

Il y a un demi-siècle, en mars 1969, l’île Damanski (dans la région du Primorié, dans l’Extrême-Orient russe) était le théâtre d’un conflit armé entre l’URSS et la Chine. Moment décisif de la rupture entre les deux géants communistes, ce litige frontalier a redessiné en profondeur les grandes alliances internationales, notamment en engageant un rapprochement entre la Chine et les États-Unis.En 1941, en Extrême-Orient, les Soviétiques prennent le contrôle de la rivière Oussouri et des îles qui s’y trouvent – dont la neutralité est assurée par un traité sino-russe signé en 1860. Ils les conservent après la débâcle du Japon, qui occupe alors le nord-ouest de la Chine. Proclamée en 1949, la République populaire de Chine, doit trop à son « grand frère communiste du Nord » pour soulever des questions territoriales embarrassantes.Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS »À la fin des années 1950, les relations entre l’URSS et la Chine se détériorent. Mao Zedong dénonce la « déstalinisation » entamée par Khrouchtchev et, dans la courte guerre sino-indienne de 1962, Moscou prend le parti de Dehli, renforçant le « Grand Timonier » dans son rejet des « révisionnistes soviétiques ». Peu après, Moscou rappelle tous ses « conseillers techniques » dépêchés auprès du gouvernement chinois. Lors de ses rencontres avec les dirigeants étrangers, Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS » – entre autres les îles Kouriles (revendiquées par le Japon), et celles de la rivière Oussouri.Île Damanski sur le fleuve Oussouri. Crédit : PanoramioConsciente du potentiel explosif d’un litige territorial avec son voisin, Moscou envoie à Pékin, en février 1964, une délégation chargée de trouver un accord sur la question des frontières. Les négociations durent près de six mois et se soldent par un échec : les Chinois dénient toute force juridique à la frontière établie pendant la Seconde Guerre mondiale, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 mars 2019
Revolution Slider Error: Slider with alias abos-2018-9 not found.
Maybe you mean: 'une' or 'stream' or 'grand-format' or 'test' or 'standard-wp-gallery13' or 'media-carousel-autoplay15'

Vous êtes actuellement hors ligne