Gorbatchev appelle à ne pas franchir la « ligne rouge » dans les relations internationales

Les relations russo-américaines se dégradent depuis le début du mois d’octobre


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Le dernier président soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, tire la sonnette d’alarme : il prévient que la communauté internationale s’est approchée de la « ligne rouge » et qu’il est urgent de restaurer le dialogue.

Mikhail Gorbatchev
Mikhaïl Gorbatchev. Crédits : Veni Markovski/Wikimedia

« Je pense que le monde s’est approché de la ligne rouge. Je ne voudrais pas donner de recettes concrètes, mais je tiens à dire qu’il faut s’arrêter. Il faut restaurer le dialogue », a déclaré le premier et dernier président d’URSS dans une interview pour RIA Novosti, le 10 octobre, soulignant que l’interruption de la coopération constituerait « la plus grosse des erreurs ».

Gorbatchev appelle à revenir au désarmement nucléaire, à la lutte contre le terrorisme et à la prévention des catastrophes environnementales. « En comparaison avec ces défis, tout le reste passe au second plan », a affirmé l’ex-dirigeant soviétique.

En juin dernier, M. Gorbatchev avait déclaré que la rhétorique de l’OTAN au sommet de Varsovie consistait à entraîner le monde dans une confrontation réelle. L’ancien président soviétique avait alors invité l’ONU et tous les pays du monde à « mettre fin à la dérive guerrière, afin de passer à quiconque l’envie de jouer à compliquer la situation internationale en poussant le monde vers un conflit militaire véritable ».

Les relations russo-américaines se dégradent depuis le début du mois d’octobre. Le 3 octobre, le Département d’État américain a annoncé l’interruption de la coopération avec Moscou sur le conflit syrien. Le président Vladimir Poutine, de son côté, a signé un décret qui suspend l’accord avec les États-Unis sur la transformation du plutonium.

Quelques jours plus tard, le gouvernement russe mettait fin à sa coopération avec les États-Unis en matière de recherche et développement scientifique dans les sphères nucléaire et énergétique. Dans le même temps, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov annonçait que Moscou n’utiliserait pas son plutonium à des fins militaires.

Pour sa part, le ministère russe de la défense a confirmé, samedi 8 octobre, le transfert du système de missile Iskander-M vers la région de Kaliningrad, et annoncé, la semaine dernière, que la Russie envisageait la possibilité de rouvrir des bases militaires à Cuba et au Vietnam.