Nouvelle loi antiterroriste : ce qui va changer dans la vie des Russes

Le 7 juillet 2016, Vladimir Poutine a signé une série d’amendements antiterroristes, qui durcissent les sanctions pour les infractions à caractère terroriste et extrémiste.

Le code pénal de la Fédération de Russie sera notamment doté d’un nouvel article, intitulé « Acte de terrorisme international », punissant les accusations de préparation et d’exécution d’actes terroristes à l’étranger de 10 à 20 ans d’emprisonnement, voire de la perpétuité.

Autre nouveauté du code, un article sur le non-signalement d’actes terroristes en préparation permettra de poursuivre les individus n’ayant pas signalé à la police ou aux services spéciaux « une ou des personnes qui, selon des preuves certaines, préparent, réalisent ou ont réalisé » des actes criminels de diverses catégories. Le projet de loi mentionne une dizaine d’infractions à dénoncer, tel le terrorisme international ou un soulèvement armé menaçant l’intégrité territoriale de la Russie. Les coupables risquent des amendes pouvant aller jusqu’à 100 000 roubles (1 400 euros, ndlr), ou des peines d’emprisonnement d’un an maximum. S’il s’agit d’un conjoint ou d’un parent proche, toutefois, le non-signalement de la préparation ou de l’exécution d’un crime ne peut être puni.

De même, l’incitation publique au terrorisme ou son apologie sur Internet, désormais assimilées à des déclarations faites dans les médias, pourront être sanctionnées par une amende maximale d’un million de roubles et jusqu’à sept ans de prison, avec interdiction d’occuper certaines fonctions durant cinq ans maximum. À noter : la loi définit l’apologie du terrorisme comme « des propos publics affirmant le bien-fondé de l’idéologie et de l’activité terroristes, […]

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Julien Braun

Dernières nouvelles de la Russie

Économie

La Russie plus innovante en 2016 ?

La Russie s’est hissée à la 43e place, sur 128, du classement 2016 de l’Indice global de l’innovation (Global Innovation Index – GII). Comme l’année dernière, le classement est dominé par la Suisse, la Suède, le Royaume-Uni, les États-Unis et la Finlande. Peut-on parler d’une percée de la Russie dans le domaine de l’innovation ? Ogoniok a posé la question à Vitali Roud, chercheur à l’Institut de recherche statistique et d’économie de la connaissance à l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou et coauteur d’un des chapitres du rapport. Ogoniok : Peut-on parler de progression ? Vitali Roud : Premièrement, la Russie se maintient dans le premier tiers du classement, se plaçant d’année en année entre la quarantième et la cinquantième place [48e en 2015, 49e en 2014, ndlr]. Elle conserve ses points forts et, malheureusement, ses points faibles aussi. Deuxièmement, les indicateurs pris en compte et la liste des pays participant à l’étude changent, ce qui peut modifier l’image générale. Au regard de certains indicateurs, la Russie a sérieusement « grandi », par exemple concernant le développement du marché intérieur ou l’indice d’acquisition des connaissances. En revanche, le pays a reculé selon d’autres critères, tels la diffusion de la connaissance ou les liens entre la science et le monde des affaires. Parmi les indicateurs « forts », on retrouve ceux qui déterminent le niveau de capital humain, et notamment le nombre de femmes avec un haut niveau d’études. En la matière, la Russie occupe la deuxième place de ce classement mondial, et c’est très bien. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

23 août 2016
Opinions

« La démocratie en russe » : hommage au journaliste Pavel Cheremet, tué à Kiev

Mercredi 20 juillet, à 7h45, le journaliste biélorusse Pavel Cheremet a été tué à Kiev, dans l’explosion de la voiture qu’il conduisait. Âgé de 44 ans, il avait travaillé plusieurs années en Russie avant de s’installer en Ukraine, en 2012. Son collègue, le journaliste russe Iouri Vassiliev lui rend un dernier hommage dans un billet. C’est à la télévision biélorusse que Pavel Cheremet avait fait ses débuts de journaliste, après avoir travaillé dans la finance. Sa première émission, au début des années 1990, s’intitulait Prospekt (« L’Avenue »). Et c’est en route pour son émission du matin que sa vie a pris fin, à Kiev, au carrefour des rues Bogdan Khmelnitski et Ivan Franko, dans une explosion provoquée par l’équivalent de 500 grammes de TNT. Près d’un quart de siècle sépare l’Avenue de ce carrefour. Avant de me lancer dans le journalisme, comme de nombreux habitants de Minsk au cours de la brève période qui a précédé et suivi de près l’arrivée au pouvoir d’Alexandre Loukachenko, je ne manquais aucune intervention de Pavel à la télé, ni aucun numéro du journal Belorousskaïa delovaïa gazeta, dans lequel il écrivait. Puis, j’ai eu l’honneur de faire personnellement sa connaissance à Moscou, à la rédaction du magazine Ogoniok, où il avait été invité par le rédacteur en chef, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 juillet 2016
Culture

Emir Kusturica : « Poutine est diabolisé »

Le festival de musique russe Bolchoï, organisé par Emir Kusturica dans son village de Küstendorf, en Serbie, s’est achevé le 17 juillet. Lenta.ru s’est entretenu avec le célèbre musicien et réalisateur serbe sur son amour pour la musique classique et ses liens avec la Russie. 


Lenta.ru : Qu’est-ce qui différencie Bolchoï des autres festivals ? Emir Kusturica : La principale différence, c’est le lieu même : ce village de Küstendorf, cet endroit isolé du monde – véritablement, cette île. On ne trouve ça nulle part ailleurs. J’ai moi-même toujours du mal à croire que cet endroit qui n’était qu’un champ vierge, littéralement une colline couverte de bottes de foin, accueille aujourd’hui le Bolchoï – pour la quatrième année consécutive – et ses 300 à 500 participants qui s’efforcent de donner le meilleur d’eux-mêmes dans l’art classique, la musique classique – en l’occurrence, la musique classique russe. Ce village est mon Fitzcarraldo, ce navire à qui j’ai décidé, comme le héros du film de Werner Herzog, de faire franchir une montagne. Lenta.ru : Ce festival doit être le chaînon qui relie la Russie et la Serbie ?E.K. : La Russie et l’Europe ! La Serbie, c’est l’Europe du Sud-Est, même si elle n’est pas dans l’Union européenne – et j’espère d’ailleurs qu’elle ne le sera jamais. Il n’est pas nécessaire d’être membre de l’UE pour faire partie de l’Europe. Les Roumains sont-ils devenus plus européens en adhérant à l’UE ? En ce moment, le destin de l’Union européenne n’est pas des plus radieux, et la Serbie ne doit pas se précipiter pour prendre sa décision. Je suis persuadé que l’écho du festival résonne bien au-delà des frontières de nos deux pays. Quant au fait que la Russie et la Serbie sont historiquement liées, ce n’est plus à démontrer. Le tsar Nicolas II est même entré en guerre, en 1914, parce que la Serbie était attaquée ! Lenta.ru : Le lien est sans doute plus ancien encore.E.K. : Bien sûr, nous étions déjà unis avant, par une histoire commune, une foi commune, des langues très proches. En Europe, les Serbes sont parfois appelés « les petits Russes ». Le fait que des facteurs extérieurs aient réduit ces dernières années l’influence russe en Europe se ressent en Serbie. Mais désormais, […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

21 juillet 2016