Le best of de la 11e conférence de presse de Vladimir Poutine

Jeudi 17 décembre, le président russe Vladimir Poutine a donné sa 11e conférence de presse annuelle face à un nombre record de 1 390 journalistes russes et étrangers. Crise économique, Ukraine, Syrie, pétrole, famille… Le Courrier de Russie a sélectionné les déclarations les plus marquantes de ce marathon médiatique.

Sur la crise économique

L’estimation du prix du baril de Brent à 50 dollars que nous avons faite pour le budget 2016 était trop optimiste : il est à combien aujourd’hui, déjà ? 38 dollars... ? Il faudra peut-être revoir les calculs, mais nous avons le temps… Suite à la baisse des prix de nos principales matières premières énergétiques, tous nos indices ont « dégringolé ». Nous encaissons une chute de 3,7 % du PIB. Au 7 décembre, l’inflation depuis le début de l’année était à 12,3 %. Les revenus réels de la population ont baissé, les investissements dans le capital fixe se sont réduits de 5,7 % au cours des dix premiers mois de l’année. Pour autant, les statistiques indiquent que l’économie russe, globalement, a évité le pic de crise – pas la crise, mais le pic.

Sur le bilan de l'année 2015

On observe, depuis le deuxième trimestre de cette année, des signes de stabilisation de l’activité des affaires. En septembre-octobre, l’accroissement du PIB a atteint 0,1-0,3 % par rapport au mois précédent. Depuis mai, le volume de la production industrielle a également cessé de baisser. En septembre-octobre, on a même enregistré une croissance, certes faible, mais bien une croissance de la production industrielle : de 0,2–0,1 %. À propos, la croissance de la production industrielle en Extrême-Orient a été de 3,1 %.L’agriculture connaît également une dynamique positive, avec une croissance de pas moins de 3 %. Nos récoltes de céréales ont dépassé pour la deuxième année consécutive les cent millions de tonnes : avec 103,4 millions plus précisément. Le marché du travail est stable : le taux de chômage oscille autour de 5,6 %. Nous maintenons un solde positif de la balance commerciale, et à une hauteur non négligeable : 126,3 milliards de dollars. Les réserves internationales ont atteint 364,4 milliards : c’est un niveau qui a certes baissé, mais qui reste solide. La dette extérieure de la Fédération de Russie s’est réduite de 13 % par rapport à 2014.Malgré les difficultés, le complexe énergétique poursuit son développement. L’extraction de pétrole, de charbon, la production d’énergie électrique ont augmenté. À la fin de cette année, plus de 4,6 gigawatts de nouvelles capacités de génération auront été mis en service. L’infrastructure portuaire maritime du pays a vu sa capacité globale augmenter de 19,5 millions de tonnes. Le volume des transbordements dans les ports de Russie a augmenté de 3 % pour la période janvier-septembre. Nous continuons de développer notre système aéroportuaire. En neuf mois, les aéroports du pays ont fourni leurs services à plus de 126 millions de passagers. Soit une augmentation de 2,5 % par rapport à l’année dernière. Le volume des vols intérieurs s’est aussi significativement accru : de plus de 16 %.

Sur la Turquie

Ce qu’ont fait les autorités turques n’est pas simplement inamical, c’est un acte hostile, ennemi. Les Turcs ont détruit un avion militaire russe – ils ont tué nos hommes. Vous voulez savoir ce qui nous a particulièrement indignés ? Si ç’avait été un accident, comme on nous l’a dit, que fait-on dans ces cas-là ? On prend son téléphone, on appelle et on explique ce qui s’est passé. Mais au lieu de ça, les Turcs ont couru se plaindre à Bruxelles : « Au secours ! On nous maltraite ! » Mais qui est-ce qui les maltraite ? La Russie a-t-elle touché quiconque en Turquie ? Et puis, ils se sont cachés derrière l’OTAN. Mais l’OTAN a-t-elle réellement besoin de tout ça ? Manifestement, non. Je veux que vous compreniez ce qui nous a le plus blessés dans cette affaire. Nous n’avons jamais renoncé à coopérer avec la Turquie. La dernière fois que j’ai rencontré tous les responsables turcs à Antalya, ils nous ont posé des questions très sensibles et nous ont demandé notre soutien. Je ne dirai pas ce dont il s’agissait exactement, ce n’est pas mon genre, mais croyez-moi : c’étaient des questions très sensibles pour la Turquie, et qui ne s’inscrivaient pas forcément dans le cadre du droit international. Et nous leur avons dit oui, nous avons dit que nous comprenions et que nous essaierions de les aider.

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LCDR

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