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Vladimir Poutine

Tout sur Poutine – par Vladimir Vladimirovitch

Qu’est-ce qui a fait de Vladimir Poutine la personne la plus influente au monde pour la deuxième année consécutive en 2014, d’après Forbes ? Quelle place accorder à la démocratie en Russie ? Comment se porte la santé du président russe ? Pourquoi la Russie est-elle toujours classée parmi les pays les plus corrompus au monde ? A quel point Poutine est-il seul, ou entouré ? Pourquoi fait-il du judo ? Que pense-t-il de la mort – et d’une réélection en 2018 ?

Dans une très longue interview, que nous avons décidé de traduire en intégralité, Vladimir Poutine a répondu aux questions du journaliste de l’agence russe d’information TASS Andreï Vandenko, le 13 novembre dernier à Vladivostok.

Andreï VANDENKO : Comment va la santé, Vladimir Vladimirovitch ?

Vladimir POUTINE : Vous devrez attendre encore un peu !

A. V. : Vos ennemis disent le contraire…

V. P. : Ah oui ? Je n’ai rien entendu. Et que disent-ils ? Ils font passer leurs rêves pour la réalité ?

A. V. : Eh bien, je ne vais pas rapporter. Justement, je suis venu à la source.

V.P. : Laissons-les penser ça. Ils se détendront et se laisseront aller – et ça ne peut être qu’à notre avantage, à vous et moi.

A. V. : Il ne s’agit pas de vaine curiosité, comprenez-le. C’est la santé de tout le pays qui dépend de votre état physique, moral et psychique…

V. P. : Et mon état physique ou psychique est mis en doute, alors ?

A. V. : On dit des choses.

V. P. : Tout est en ordre, tout va bien… Vous, par exemple, quel sport pratiquez-vous ?

A. V. : Plus aucun depuis longtemps. Du sport « télévisuel », si je puis dire.

V. P. : Ce n’est pas bien. Non, être supporter devant son téléviseur, ce n’est pas un sport… Et le travail exige un degré important d’énergie, de forces, d’activité dynamique.

A. V. : Mais pourquoi posiez-vous la question ? Parce que vous-même…

V. P. : Je fais du sport régulièrement.

A. V. : Quotidiennement ?

V. P. : Tout à fait. Absolument tous les jours. Pas lors des missions, bien sûr. En cas de longs vols en avion et d’importants décalages horaires, on n’a pas le temps de récupérer…

A. V. : Et à propos, quand vous êtes en voyage, vous passez à l’heure locale ou vous restez sur le rythme moscovite ?

V. P. : J’ai du mal à changer de rythme. D’autant qu’à peine est-on passé à l’heure locale qu’il est déjà temps de repartir… Je m’efforce donc de vivre un maximum selon l’heure moscovite, quoique lors de longs voyages, évidemment, c’est impossible.

A. V. : Je reviens à mon thème de départ. Lors du forum de Valdaï, Viatcheslav Volodine a déclaré : « Sans Poutine – pas de Russie ». Vous avez d’ailleurs dit par la suite que cette thèse était tout à fait injuste.

V. P. : Oui.

 A. V. : Mais la formule avait un certain sens. À l’heure d’aujourd’hui, au moins. Pour beaucoup de gens dans notre pays et dans le monde, la Russie est associée à vous, elle est ramenée à un seul individu concret.

Et il n’y a rien d’extraordinaire ni d’exclusivement russe à ce que surgisse une telle association entre le pays et le chef de l’État

V. P. : Je pense que c’est naturel. On associe toujours un pays avec le chef de l’État. Et ça ne concerne pas seulement la Russie. Cette personne est choisie par un vote direct, le peuple lui délègue certains droits, le chef de l’État conduit la politique au nom des gens et selon le mandat qu’ils lui ont confié et, évidemment, le pays attend de son leader un comportement très précis. Les gens partent du principe qu’ils lui ont accordé leur confiance, et que ce dernier doit répondre aux attentes et espoirs du peuple, défendre ses intérêts, lutter pour l’amélioration de la vie dans l’économie, dans la sphère politique, sur l’arène internationale, en politique intérieure, sur les questions de sécurité. Les tâches sont nombreuses. Et il n’y a rien d’extraordinaire ni d’exclusivement russe à ce que surgisse une telle association entre le pays et le chef de l’État.

A. V. : Pourtant, peu de leaders mondiaux peuvent se flatter de sondages de popularité comme les vôtres…

V. P. : Peut-être, oui. Mais vous savez, si on commence à s’attarder sur ces chiffres, il devient impossible de travailler. Le pire est de devenir otage de ces considérations permanentes sur les sondages. Dès que l’on se met à penser ainsi, on a perdu. Au lieu de s’occuper de ce qu’il y a réellement à faire, d’avancer sans craindre de faire un faux pas, on cesse d’agir par souci des sondages. Et c’est la chute assurée. À l’inverse, si l’on ne pense qu’au fond, aux résultats du travail et à l’intérêt des gens, alors, même une erreur n’est pas si terrible. On peut en parler ouvertement, reconnaître que l’on s’est trompé. Et vous savez, cela ne se ressent pas particulièrement dans les sondages, les gens comprennent admirablement les intentions sincères, la franchise et l’honnêteté, et tout particulièrement le dialogue direct. Ce dernier est extrêmement précieux, et les gens se rendront toujours compte de sa valeur.

Je ne pourrais pas imaginer une seconde vivre hors de Russie

A. V. : Mais tout de même : quand le niveau de soutien populaire dépasse les quatre-vingt pour cent après quinze ans à la direction du pays… Avec, vous savez, une telle évidence – c’est incroyable.

V. P. : J’ai déjà dit que je me sentais une part de la Russie. Ce n’est pas simplement que je l’aime. Tout le monde, certainement, peut parler d’amour pour le pays. Nous l’aimons tous, mais moi, je me sens réellement une partie du peuple, et je ne pourrais pas imaginer une seconde vivre hors de Russie. En ayant obtenu le soutien des citoyens sur une longue durée, on ne peut pas ne pas faire absolument tout son possible pour justifier leur confiance. Peut-être est-ce là le principal, la base des rapports entre le peuple et le pouvoir qu’il a choisi.

A. V. : Il y a toutefois un « retour de bâton » : jusqu’à un certain moment, tous les succès sont associés au leader, mais ensuite, on peut de la même façon lui mettre sur le dos tous les échecs.

V. P. : Évidemment.

A. V. : Et ?

V. P. : Comme on dit chez nous : une fois que tu as pris le fardeau, ne dis pas que tu n’es pas costaud. Il faut travailler, c’est tout.

A. V. : Et Ouralwagonzavod [société russe spécialisée dans la construction des wagons et la fabrication des composants ferroviaires, ndlr] est avec vous, évidemment.

V. P. : Il n’est pas question de telle ou telle entreprise.

A. V. : C’est une image collective.

V. P. : Y a-t-il vraiment beaucoup d’entreprises qui n’aient pas bénéficié, au moment de la crise de 2008, du soutien du gouvernement que je dirigeais alors ? Et la question n’est même pas que nous les ayons aidées à l’époque, en élaborant et en mettant en place un ensemble de mesures efficaces. Le gouvernement de la Fédération russe et votre humble serviteur ne se sont jamais soustraits à leur responsabilité. Fin 2008, lors d’une manifestation organisée dans le cadre du parti Russie unie, je crois, je me suis rappelé la crise de l’année 1998 et j’ai déclaré publiquement : « Nous ne laisserons pas les choses se répéter. Je le promets ! » C’était une annonce très risquée. Prendre une telle responsabilité directement, sans connaître toutes les composantes de la nouvelle crise, sans avoir la maîtrise de tous les leviers qui l’ont engendrée et développée… Mais il était très important, à ce moment-là, qu’aussi bien les membres du gouvernement que les équipes des administrations régionales et surtout nos gens, les citoyens de Russie, ressentent que la direction du pays comprenait la situation et l’estimait de façon adéquate, qu’elle savait que faire. Dans de tels moments, c’est peut-être même plus important que des actions concrètes. Même si nos actes aussi, il faut le dire, ont été totalement en adéquation avec la situation d’alors.

A. V. : J’ai pris l’exemple d’Ouralwagonzavod pour dire que vous avez derrière vous un groupe important de partisans. Toutefois, il y a des gens qui ne partagent ni votre politique, ni votre vocabulaire. Comment réagissez-vous à cela ?

V. P. : Très bien.

On peut combattre ses opposants mais sans attaques personnelles, sans se bagarrer

A. V. : Qu’ils aillent se faire pendre, en quelque sorte ?

V. P. : Vous savez, on peut se traiter les uns les autres de tous les noms. Je suis confronté à cela depuis longtemps et j’estime que tout est affaire de culture et de politique. On peut combattre ses opposants mais sans attaques personnelles, sans se bagarrer. Ça ne signifie pas qu’il ne faille pas défendre son point de vue. On peut le faire, et il faut le faire, mais seulement – et je l’ai toujours dit – dans le cadre de la loi. Si l’on franchit ces limites, on passe du côté de la destruction. Et il est très difficile, ensuite, de recoller les morceaux de ce qui nous est cher.

A. V. : Mais vous voulez faire de vos opposants des alliés, ou bien… qu’ils vivent leur vie ?

V. P. : On ne peut pas transformer tout le monde en alliés, et il ne faut même pas essayer ! Au contraire, c’est bien qu’il y ait des gens qui doutent. Mais ils doivent proposer eux-mêmes des solutions constructives. De tels opposants sont extrêmement utiles. Cependant, il y en a d’autres, qui sont pour la politique du pire. Hélas, c’est inévitable aussi.

Vous savez, à peine un État commence-t-il de faiblir sur certains points que l’on voit surgir sur-le-champ des forces centrifuges qui l’emportent. C’est comme dans un organisme : il suffit que l’immunité chute un petit peu – et c’est la grippe. Parce qu’ils se tiennent à l’intérieur, ces bacilles, ces bactéries : ils sont présents en permanence. Mais quand l’organisme est fort, vous avez toujours le dessus sur la grippe grâce à votre immunité. Il faut faire du sport !

A. V. : Personne ne le conteste. Il y a toutefois des gens qui peuvent ne pas être d’accord avec vous sur d’autres choses. Pour autant, cela ne signifie pas qu’ils sont absolument la « cinquième colonne » et des ennemis ?

V. P. : Non, bien sûr que non. Cependant, ça ne veut pas dire non plus qu’il n’y a pas, en Russie, des gens qui servent des intérêts étrangers. Il y en a aussi. De qui s’agit-il ? Ils utilisent dans la lutte politique intérieure de l’argent reçu d’États étrangers, ils ne sont pas dégoutés de s’en servir.

A. V. : Ça devient pourtant de plus en plus difficile, grâce aux mesures de protection récentes. Je ne citerai que les lois qui assimilent les ONG à des agents étrangers, qui limitent la participation de citoyens d’autres pays dans la possession de médias russes

Le but n’est pas la démocratie pour la démocratie

V. P. : Vous vous trompez. C’est certainement plus difficile depuis l’extérieur, mais c’est toujours aussi possible qu’avant. On peut toujours trouver des chemins détournés pour toucher et dépenser cet argent aux fins que l’on veut. Bien sûr, les décisions récentes limitent l’utilisation de fonds étrangers dans la lutte politique intérieure en Russie. Elles fixent certaines barrières : car enfin, un État qui se respecte ne peut pas admettre que de l’argent étranger soit utilisé à l’intérieur du pays dans une lutte politique. Essayez de faire ça quelque part aux États-Unis – vous vous retrouverez tout droit derrière les barreaux. Là-bas, les structures étatiques sont bien plus dures que chez nous. De l’extérieur, tout a l’air agréable, démocratique, mais si vous touchez à ce genre de choses – vous n’avez aucune chance !

Chez nous, c’est beaucoup plus libéral. Tout est possible ! Certes, les questions de développement de la démocratie sont importantes pour la Russie, comme pour n’importe quel État. Mais nous devons comprendre une chose : le but n’est pas la démocratie pour la démocratie. Il faut la démocratie pour le peuple, pour que les gens vivent mieux, aient un accès réel aux leviers de gestion du pays. Il ne faut pas créer les conditions pour que des États étrangers nous affaiblissent, nous soumettent à leur volonté et espèrent faire pression de l’intérieur pour que la politique aille dans le sens de leurs intérêts. Ils ont fait pression – et nous avons dit oui sur la Syrie, sur le programme nucléaire iranien, sur la régulation dans le Proche-Orient, nous avons démantelé les programmes de notre propre politique de défense. C’est à ce genre de fins que sont utilisés ces instruments et cet argent…

A. V. : C’est une pierre jetée de quel côté ?

V. P. : Je ne jette la pierre à personne, je précise ma position. Vous m’avez posé une question et je vous explique ma façon de penser. Si les gens veulent sincèrement améliorer les structures de gestion, le contrôle de l’activité des organisations civiles, l’accès des citoyens aux organes du pouvoir, qu’ils soient judiciaires, administratifs ou ce que l’on voudra, c’est tout à fait juste et ce doit être soutenu, je serai toujours pour. Mais si je vois que tout cela n’est fait que pour satisfaire quelqu’un de l’autre côté de la frontière, pour danser sur la mélodie de tel ou tel et nous imposer des choses, alors, évidemment, je réagirai en m’y opposant.

A. V. : Est-ce que cela ne risque pas d’attiser la haine dans la société ?

V. P. : Je ne vois rien de tel aujourd’hui. Au moment des campagnes électorales, on voit ça partout, et on l’a vu chez nous aussi, mais il ne me semble pas que ce soit le cas en ce moment.

A. V. : Pourtant, regardez avec quelle fougue les réseaux sociaux réagissent à n’importe quel événement symbolique. Qu’il s’agisse des nouvelles d’Ukraine ou de la première d’un film de Nikita Mikhalkov. Parfois, les gens ne sont tellement pas prêts à respecter, voire à entendre un autre point de vue que le leur, qu’il faut, sur les thèmes les plus brûlants, […]

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Traduit par Julia Breen

Dernières nouvelles de la Russie

Société

Mezen : un village
au chevet de son hôpital

À Mezen, petite ville du Grand Nord russe située à plus de 1 500 kilomètres de Moscou, les retraités se sont organisés pour financer la rénovation de l’hôpital municipal. Un reportage du magazine Ogoniok.Le petit port de Mezen est la dernière escale sur le fleuve du même nom, avant la mer Blanche. La ville ne recense qu’un peu moins de 3 300 habitants, mais elle est située au cœur d’un tel désert, entourée de toundra, qu’elle fait figure de véritable îlot de civilisation. Elle possède un minuscule aéroport, d’où un petit avion décolle une fois par semaine vers la capitale régionale, Arkhangelsk, située à 400 kilomètres de là. Des minibus privés desservent aussi la grande ville plusieurs fois par semaine – du printemps à l’automne. Mais en hiver, quasi inaccessible par la route, Mezen est comme coupée du monde. Sous les tsars, c’était un lieu d’exil.Ni ascenseur ni anesthésisteMezen a l’air d’un village sans âge avec toutes ses constructions en bois : ici la mairie, qui penche un peu, là, les annexes désaffectées de l’hôpital… Les services et le nombre de lits se réduisent comme peau de chagrin. Aujourd’hui, l’établissement tient tout entier dans le bâtiment central : une construction de briques, à étage.L’hôpital a longtemps détenu la palme régionale du plus grand chantier inachevé. Il a finalement été livré en 2000. Mais à quel prix… « L’ancien intendant m’a raconté qu’à l’inauguration du bâtiment, il y avait déjà trente-huit trous dans le toit ! », se souvient le docteur Alexandre Khviïouzov, chef du service de chirurgie.L’hôpital dispose bien d’un ascenseur, mais il n’a jamais fonctionné : il sert de remise.Son département se situe à l’étage. Au plafond, de larges taches d’humidité. Au cours de l’automne 2018, le personnel avait disposé des seaux un peu partout sur le sol – pour les fuites… Le lino, moisi, se décolle par endroits, révélant des lattes de contreplaqué noircies par le temps et l’usure. « C’est bien simple, tout est à refaire ! Régulièrement, les agents du contrôle sanitaire viennent inspecter les planchers et nous infligent des amendes. Comme si l’hôpital n’était pas assez endetté… », se désespère le médecin.L’hôpital de Mezen. Crédit : KommersantUn vacarme soudain dans l’escalier : deux hommes transportent une vieille dame sur une chaise. L’hôpital dispose bien d’un ascenseur, mais il n’a jamais fonctionné. Il sert de remise. […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

12 avril 2019
International

Nikolaï Patrouchev : « Les sanctions occidentales nous stimulent »

Nikolaï Patrouchev est le secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, organe consultatif près le chef de l’État sur les questions de sécurité nationale. Dans l’une de ses rares interviews, accordée au journal Izvestia, il expose le point de vue de Moscou sur une série de grandes questions internationales : sanctions occidentales, politique russe de substitution aux importations, traité FNI…Le 1er février 2019, les États-Unis ont dénoncé le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), signé en 1987. La Russie, en réponse, s’est aussitôt désengagée de l’accord. Ce dernier est-il définitivement enterré ?Nikolaï Patrouchev : Pour justifier la rupture unilatérale de ses engagements, Washington a accusé la Russie de violer ce traité, sans avancer la moindre preuve. Et les États-Unis ont fait fi de toutes nos inquiétudes quant au non-respect de leurs propres obligations.En fait, les Américains estimaient que le traité FNI était obsolète, parce qu’il ne s’étendait pas aux nouveaux pays possédant des armes de ce type. Cependant, ils n’ont jamais ne serait-ce que tenté d’entamer des négociations pour l’amender et l’adapter aux réalités nouvelles…La Russie, de son côté, n’aurait vu aucun obstacle à ce que cet accord devienne un traité multilatéral.Le commandant des forces alliées de l’OTAN en Europe a récemment affirmé que Moscou n’hésiterait pas à employer l’arme nucléaire contre « ses voisins plus faibles ». Après de telles déclarations, on comprend que l’opinion publique occidentale ait une piètre image de la Russie…N.P. : Les États-Unis et leurs alliés assènent régulièrement de telles accusations, sans jamais les étayer… En réalité, ce sont les Américains qui ne veulent pas renoncer aux « frappes nucléaires préventives » ‒ c’est écrit noir sur blanc dans leur doctrine militaire.En présentant aujourd’hui la Russie comme l’ennemi à abattre, la Maison-Blanche cherche à justifier l’élargissement continu de l’OTAN, qui vise à préserver l’hégémonie planétaire américaine. Mais le monde a changé : la domination d’un seul État sur tous les autres, dans tous les domaines, n’est plus possible.Cérémonie de passation de pouvoir entre Noursoultan Nazarbaïev (à gauche) et Kassym-Jomart Tokaïev (à droite) le 20 mars au Sénat kazakh. Crédit : Liter.kz L’économie joue un rôle de plus en plus prépondérant dans l’équilibre des forces. Et il suffit d’observer les rythmes de croissance qu’affichent des pays comme la Chine ou l’Inde, pour comprendre que les États-Unis ne sont plus les maîtres du monde.La république du Kazakhstan est le principal partenaire de la Russie au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

8 avril 2019
International

Damanski
Le souvenir russo-chinois à ne pas réveiller

Il y a un demi-siècle, en mars 1969, l’île Damanski (dans la région du Primorié, dans l’Extrême-Orient russe) était le théâtre d’un conflit armé entre l’URSS et la Chine. Moment décisif de la rupture entre les deux géants communistes, ce litige frontalier a redessiné en profondeur les grandes alliances internationales, notamment en engageant un rapprochement entre la Chine et les États-Unis.En 1941, en Extrême-Orient, les Soviétiques prennent le contrôle de la rivière Oussouri et des îles qui s’y trouvent – dont la neutralité est assurée par un traité sino-russe signé en 1860. Ils les conservent après la débâcle du Japon, qui occupe alors le nord-ouest de la Chine. Proclamée en 1949, la République populaire de Chine, doit trop à son « grand frère communiste du Nord » pour soulever des questions territoriales embarrassantes.Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS »À la fin des années 1950, les relations entre l’URSS et la Chine se détériorent. Mao Zedong dénonce la « déstalinisation » entamée par Khrouchtchev et, dans la courte guerre sino-indienne de 1962, Moscou prend le parti de Dehli, renforçant le « Grand Timonier » dans son rejet des « révisionnistes soviétiques ». Peu après, Moscou rappelle tous ses « conseillers techniques » dépêchés auprès du gouvernement chinois. Lors de ses rencontres avec les dirigeants étrangers, Mao Zedong évoque de plus en plus souvent les « territoires illégalement occupés par l’URSS » – entre autres les îles Kouriles (revendiquées par le Japon), et celles de la rivière Oussouri.Île Damanski sur le fleuve Oussouri. Crédit : PanoramioConsciente du potentiel explosif d’un litige territorial avec son voisin, Moscou envoie à Pékin, en février 1964, une délégation chargée de trouver un accord sur la question des frontières. Les négociations durent près de six mois et se soldent par un échec : les Chinois dénient toute force juridique à la frontière établie pendant la Seconde Guerre mondiale, […]Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur WhatsApp(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

25 mars 2019

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