Qui est vraiment Alexeï Koudrine

Qui est vraiment Alexeï Koudrine ?

Le quotidien Nezavisimaïa Gazeta a annoncé mi-mai que l’ancien ministre russe des finances Alexeï Koudrine pourrait remplacer Dmitri Medvedev au poste de Premier ministre vers la fin de l’année, au cas où ce dernier ferait mal son travail. En attendant, Ogoniok a publié une interview personnelle d'Alexeï Koudrine, qui sonne comme le discours de quelqu'un qui s'apprête à défendre sa candidature à un poste important.

Sur ses racines

Je pense que je tiens beaucoup de mes parents. Ma maman est lettone, et sans doute ma sérénité, une certaine pondération, une réflexion me viennent-ils d’elle. Quand mes parents se sont rencontrés, maman était comptable dans un grand magasin d’État et suivait une formation technique. Mon Sibérien de père avait fait son service et était resté dans l’armée. Il a toujours été plus communicatif, sociable, il s’efforçait d’être soudé avec la collectivité, de diriger. Quand j’ai été plus âgé et que je suis allé le voir au travail, j’ai vu qu’il savait trouver une approche juste avec les gens. Il me semble que c’est ce qui me vient de lui. C’était aussi un homme au foyer idéal, comme ça, qui plante les clous, répare tout. Et j’étais son assistant dans ces tâches-là. Mes parents se sont rencontrés dans une salle de bal à Dobel, en Lettonie. Maman vivait dans une ferme à la campagne, et mon père la raccompagnait souvent là-bas. Je connais bien la petite forêt de rossignols où ils se tenaient pour se dire au revoir. J’y vais deux ou trois fois par an, j’y ai emmené mon fils récemment, je lui ai montré. Ma grand-mère du côté maternel était lettone. Elle connaissait huit langues, gagnait un peu d’argent avec la traduction. Moi, je ne parle pas le letton, j’ai grandi dans une famille russophone. Je n’ai jamais vu mon grand-père, quand les troupes soviétiques sont entrées en Lettonie, il a été arrêté et a disparu. Mes autres grands-parents vivaient dans la région de Tomsk. Grand-père avait fait l’armée, il avait été blessé près de Leningrad, et en était revenu unijambiste. Il travaillait comme enseignant de physique et mathématiques, et ensuite comme directeur de l’école.

Sur son enfance

Nous vivions très modestement. À une époque, nous n’avions même pas de vaisselle – nous mangions à même la poêle, posée sur la table. Les parents trouvaient peut-être ça difficile, mais pour nous, les enfants, c’était normal. Et le milieu dans lequel je vivais était très intéressant. Le jardin d’enfants : on y apprenait toujours quelque chose. Il y avait ces jeux de construction – énormes, comme des briques, je ne sais pas s’il y avait les mêmes ici, en Russie. Nous nous séparions en groupes et construisions – à qui aurait le plus beau. Nous jouions au football, grimpions voler des pommes dans les jardins des autres gens. On ne nous disputait pas trop pour ça. Mais ça arrivait, pour d’autres choses. C’était maman la plus sévère – parfois, elle se servait d’un chiffon mouillé. Mon père a sorti la ceinture une fois ou deux,

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Traduit par Julia Breen

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