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Boris Berezovski

Les dernières paroles de Boris Berezovski

Boris Berezovski s'est éteint le samedi 23 mars dans sa propriété d’Ascot, en Grande-Bretagne. Avec lui, c'est une page de l'histoire contemporaine russe qui se tourne. Le Courrier de Russie a sélectionné deux de ses dernières interviews les plus marquantes: celle donnée la veille de sa mort, et celle donnée à Ksenia Sobtchak en 2011, à Londres.

Forbes.ru, Ilia Jegoulev - la veille de sa mort

Nous nous étions retrouvés au restaurant de l'hôtel Four Seasons, à Londres, le vendredi 22 mars. Ce n'était pas une interview. Nous avons bavardé, sans magnétophone ni prise de note. J'avais promis à Boris Berezovski de ne pas publier cet entretien. De son vivant. Désormais, je me sens obligé de le faire, de raconter une des dernières rencontres de sa vie. J'entamai la conversation.Ilia Jegoulev : Comment vous sentez-vous ?Boris Berezovski : Bien, merci. Mais pourquoi cette question ?, me répond-il nerveusement. Il est habillé simplement : col roulé noir, écharpe et veste. Il me regarde attentivement, puis vérifie, sous la table, qu'aucun appareil n'est allumé. Ayant tenté de parler de ses affaires, je comprends vite que, pour Berezovski, le thème n'est plus d'actualité.Je ne suis plus dans les affaires. Quand j'ai reçu l'argent d'ORT et de Rosneft, j'ai tout donné à Badri Patarkatsichvili [ami et ancien partenaire d'affaires de Boris Berezovski, ndlr] et je lui ai confié la gestion de mes finances. Pour la politique, j'ai pris ce dont j'avais besoin. Le reste était pour lui.I.J. : Badri Patarkatsichvili vous a presque fait faux bond ?B.B. : Je n'ai jamais été très doué pour comprendre les gens, pour comprendre leurs qualités humaines. Je ne jugeais que leur intelligence et leur audace, mais j'ai été dupé par Badri.I.J. : C'est l'un de vos plus proches amis...B.B. : Je le considère aujourd'hui comme un ami. Vous savez, je faisais confiance. Je n'ai notamment jamais pris soin de signer de contrats avec Abramovitch (Roman Abramovitch) et Badri.I.J. : La Russie vous manque-t-elle ?B.B. : Je ne désire rien au monde plus que de rentrer en Russie.

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Thomas Gras

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