Le Courrier de Russie

Volnovakha : enquête de l’OSCE sur le bombardement du bus dans le Donbass

Les observateurs de la mission de suivi de l’Organisation pour la sécurité et la paix en Europe (OSCE) en Ukraine ont établi l’origine géographique des roquettes responsables de l’explosion d’un bus, qui avait causé la mort de douze passagers, le 13 janvier, dans le Donbass.

L’OSCE a conclu, dans son dernier rapport du 17 janvier, que les roquettes avaient été envoyées depuis le nord et nord-est du territoire. Crédits: Vkontaktebass

À l’occasion de sa troisième visite sur les lieux du bombardement, la Mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine a examiné en détail les cinq principaux cratères causés par les roquettes, afin de déterminer l’origine des projectiles. Suite à ces observations, l’OSCE a conclu, dans son dernier rapport du 17 janvier, que les roquettes avaient été envoyées depuis le nord/nord-est du territoire, qui est, selon les dires du représentant permanent de la Russie auprès de l’organisation Andreï Kelin, contrôlé par les forces de l’armée ukrainienne.

Une conclusion qui contredit celle du précédent rapport, publié le 15 janvier, dans lequel l’OSCE indiquait que les tirs de roquettes Grad provenaient du sud, du sud-est et de l’est de la région – territoires aux mains des insurgés pro-russes, toujours selon Andreï Kelin. La Mission spéciale d’observation avait reçu ces informations des autorités ukrainiennes, qui accusent les combattants des républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk d’être à l’origine de l’attaque.

Commentant le rapport du 17 janvier, Andreï Kelin a déclaré que les roquettes provenaient donc en réalité du « côté opposé » à celui indiqué par Kiev, et que la question se posait désormais de savoir si les insurgés en étaient réellement responsables. « De sérieux doutes persistent quant à l’identité des responsables de la tragédie du bus » a-t-il insisté.

La situation sur le terrain dans le Sud-Est de l’Ukraine s’est fortement détériorée ces derniers jours, et le cessez-le-feu imposé par les accords de Minsk de septembre 2014 a été violé par les deux parties à plusieurs reprises, constate par ailleurs la mission d’observation de l’OSCE dans ce rapport du 17 janvier. En 24 heures, entre les 15 et 16 janvier, le Centre conjoint de contrôle et de coordination, qui compte des militaires russes et ukrainiens, a ainsi enregistré 138 violations du cessez-le-feu, dont 64 commises par les forces de l’armée ukrainienne et 74 par les insurgés des républiques autoproclamées. L’aéroport de Donetsk reste la zone la plus problématique, conclut le document.

Dans un rapport publié le 11 janvier, l’ONU alertait également sur la reprise des hostilités et la situation humanitaire désastreuse dans le Sud-Est ukrainien. Selon les données des Nations-Unies, 1,4 million de personnes ont ainsi besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Mardi 13 janvier, douze civils ont été tués et 17 autres blessés à proximité de Volnovakha, à 60 km au sud de Donetsk, après que le bus dans lequel ils se trouvaient a été frappé par une attaque d’artillerie, à proximité d’un barrage routier des forces ukrainiennes.