Le Courrier de Russie

Russie, ce grand petit pays

Printemps russe

« J’habite une maison à la campagne, Paris est tout près, à une trentaine de kilomètres seulement, et la gare de trains de banlieue est à moins d’une heure à pied », contais-je ma vie de fille au pair à mes parents en Sibérie, il y a sept ans.

« Oh, c’est trop loin, Paris – tu n’as pas besoin d’y aller. Les courses, on peut les faire plus près », me raisonnait ma famille d’accueil, qui ne voyageait dans la capitale qu’à de très grandes occasions. Et personne n’avait tort : ni moi, qui venais de ma « petite ville » russe de plus d’un million d’habitants, ni ma famille d’accueil, dont les ancêtres n’avaient toujours peuplé qu’un périmètre de dix lieues autour du village des Molières, où j’avais eu la chance d’atterrir.

Car si le « tout près », pour un Français, veut dire « en bas de l’immeuble » ou, au maximum, à dix minutes de voiture, il peut s’étendre, pour un Russe, à des dizaines de kilomètres.

Les Finlandais l’ont bien compris, eux qui ont officieusement rebaptisé leur aéroport de Lappeenranta en « Saint-Pétersbourg–Nord » : ça attire les touristes russes qui ne craignent pas ce petit détour de 200 km – soit la distance séparant Lappeenranta de la ville de Saint-Pétersbourg – afin de s’envoler pour Milan ou Berlin vite et pas cher. […]