Le Courrier de Russie

Saint-Pétersbourg : à la recherche du bourgeois déchu

J’ai toujours aimé, dans les murs de l’ancienne Leningrad, l’omniprésence du bourgeois déchu, hagard, que son errance forcée rend tout à la fois arrogant et attachant.

« Peut-être est-ce parce que le Pétersbourgeois vit dans une ville dont les édifices ont l’air de décors d’une pièce vieille d’un siècle qu’il se sent personnage littéraire plutôt qu’être humain, écrivait l’historien Lev Lourié sur le snobisme pétersbourgeois, avant de poursuivre : Mais sans ce snobisme, (…) ce sentiment douloureux de notre propre dignité, nous ne serions pas nous-mêmes. »

Attachant dans tout ce qu’il a de plus tragique, arrogant parce que renfrogné, perdant, anciennement majestueux : le Pétersbourgeois a à jamais perdu sa grandeur impériale – et c’est tant mieux. […]