Qui sont les Russes ?

Le rattachement de la Crimée à la Russie et la guerre civile entre Ukrainiens pro-russes et pro-occidentaux qui dévaste en ce moment le Donbass sont autant d’événements historiques majeurs qui provoquent chez les Russes des débats acharnés sur leur identité nationale. Qui sont les Russes ? Comment sont-ils ? Qu’est-ce qui les distingue des autres nations ? Voilà les questions que se posent aujourd’hui les intellectuels russes de tous bords, et le célèbre journaliste de Kommersant Valeri Paniouchkine ne fait pas exception. Il a récemment posé aux Russes une série de questions sur le portail Snob.ru. Nous avons cru bon de les traduire, et de tenter d’y apporter des éléments de réponse.1. Pourquoi vous considérez-vous comme russe ? Est-ce parce que vous êtes de « pur sang » russe ou bien, comme moi, avez-vous, à côté des leucocytes russes, encore un litre et demi de leucocytes finnois, polonais, turcs, tsiganes ? Peut-être est-ce la langue ? Est-ce la langue russe maternelle qui vous rend russe ? Ou quelque chose d’autre encore ?Si l’on remplace dans cette phrase le mot « russe » par « français », la question peut paraître absurde, voire insultante. Qu’est-ce que c’est que ces discussions sur le sang, quand la nationalité, de nos jours, est déterminée par le passeport et rien que le passeport ? Mais notre journaliste n’est pas un nazi – loin de là. Et, pour interpréter correctement sa question, il faut tenir compte du fait que le terme unique « russe », en français, traduit deux mots russes différents : rousskiï, qui désigne avant tout une origine, une ethnicité, et rossiïanine (« russien »), qui désigne la citoyenneté. Et si cette distinction sémantique n’est pas toujours reconnue ni faite parmi le peuple, (le terme rossiïanine a été introduit dans le langage politique par Boris Eltsine), elle est bien présente à l’esprit et sous la plume des auteurs d’inspiration libérale, comme Paniouchkine. Et quand ce dernier pose sa question, il emploie consciemment le mot rousskiï, au sens ethnique du terme. Ainsi, en formulant ses interrogations aux « Rousskié », Valeri Paniouchkine ne s’adresse pas aux détenteurs du passeport de la Fédération de Russie, mais à ceux qui se nomment et se pensent « russes avant d’être russiens », qui insistent sur l’aspect ethnique et culturel de leur identité, qui écartent le terme rossiïanine parce qu’ils le trouvent fade et politiquement correct.

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Inna Doulkina

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