Mikhaïl Nesterov, La vision de Bartholomée, 1889

Chez saint Serge de Radonège

« Vous réalisez, un peu, chez qui vous vous trouvez ? » nous demandait il y a quelques années, retenant à peine son indignation, un moine de la Laure Saint-Serge, à mon amie française et moi.Non, évidemment, nous ne réalisions pas.Pour nous, la Laure, c’était un site touristique de seconde zone, une visite en option, loin derrière la place Rouge et la galerie Tretiakov, quelque part entre le palais de Tsaritsyno et l’exposition universelle – bref, un lieu intéressant mais difficile d’accès. Parce qu’il fallait, pour y aller, se lever tôt, prendre le métro puis un train de banlieue, avec ses bancs collants et ses colporteurs importuns, pour finalement descendre en gare de Sergueï Possad et encore trouver le chemin de la Laure. Sur la place devant le monastère, nous avions acheté des foulards, un peu à contrecœur. Voilà encore un vestige bon à éliminer !, pestions-nous.Pourquoi les femmes doivent-elles se couvrir la tête en entrant dans les églises en Russie, alors que même en France, ce n’est plus obligatoire ?.. Après avoir fait le tour du monastère, agacées par la foule de pèlerins qui nous bousculaient sans cesse, nous avons fini par trouver – oserai-je le dire ? – le but du voyage, la boutique ! Les photos étaient prises, il ne nous restait qu’à acheter un quelconque bibelot et on pourrait y aller. Et là, ce moine, derrière son comptoir, qui, au lieu de s’enquérir poliment de ce que nous souhaitions, nous déclare qu’il ne nous vendrait rien. Et pas même un sourire. Pourquoi ? Il n’a pas la bénédiction pour vendre des croix et des icônes aux non orthodoxes.Et mon amie, en effet, ne l’était pas. Hurlant à la discrimination, nous avons quitté la boutique, sans oublier de claquer la porte. Assises sur un banc à l’ombre des lilas, dans une cour du monastère, nous avons dressé l’amer constat : décidément, l’église orthodoxe manque cruellement d’ouverture d’esprit. Mais comment s’appelait-il, effectivement, ce monastère ? Chez qui nous trouvions-nous ?..

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Inna Doulkina

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