Crimée. Crédits: @courrierderussie

Pourquoi les habitants de la Crimée ont-ils dit oui à l’intégration à la Russie ?

Ce n’est pas la première fois que l’Europe se trompe d’ennemi. Dans les années 30, elle a soutenu l’Allemagne et n’a rien fait pour empêcher sa montée en puissance, espérant qu’Hitler pourrait un jour combattre l’Union soviétique. L’histoire a montré par la suite qui représentait la véritable menace pour la civilisation européenne et qui a su en assurer la survie – mais l’Europe n’a jamais voulu tirer de cette leçon les enseignements nécessaires. Aujourd’hui, malheureusement, la situation se reproduit. Dans la crise ukrainienne, l’Europe considère la Russie comme un fauteur de troubles et voit en elle une menace à la paix. En réfléchissant aux meilleurs moyens de la punir, les élites et les médias occidentaux présentent le chef de l’État russe sous les traits d’un dictateur sanglant ne rêvant que d’opprimer le peuple ukrainien. Mais si les Européens pouvaient ne serait-ce qu’une seconde renoncer à cet exercice de diabolisation de la Russie et de son président, ils verraient une image toute autre.Il leur suffirait pour cela de se poser une question simple : pourquoi des milliers d’habitants de la Crimée ont dit oui à l’intégration à la Russie, malgré l’image désastreuse que ce pays a à l’étranger ? Et pourquoi des milliers d’habitants du Sud-Est de l’Ukraine descendent en ce moment même régulièrement dans la rue avec des pancartes proclamant « Russie, aide-nous ! » ?Bien sûr, certains médias diront que les habitants de la Crimée ont voté pour le rattachement « sous la menace des mitraillettes » et que les manifestants de Kharkov et de Donetsk « ont tous des passeports russes et ont été spécialement envoyés en Ukraine pour semer le désordre ».Inutile, dans la guerre d’information qui se déroule actuellement, de tenter de convaincre ceux qui refusent l’évidence. On ne peut que conseiller à ceux qui doutent de la sincérité des Criméens et des habitants du Sud-Est d’aller sur place et de leur poser la question. Admettez au moins que si un référendum se déroule effectivement « sous la menace des mitraillettes », ceux qui ont voté ne vont pas aller, le soir de l’annonce des résultats, danser sur la place centrale de leurs villes – comme ça a été le cas à Simferopol et à Sébastopol.
Pourquoi la Russie, alors ? Pourquoi vouloir intégrer un pays à la réputation de dictature où il ne fait pas bon vivre ?
À cette question, il existe plusieurs réponses, qui toutes se complètent. Tout d’abord, les habitants de la Crimée ont dit oui à la Russie pour des raisons identitaires : Sébastopol ne doit pas au hasard ses surnoms de « cité de la gloire russe » ou de « ville des marins russes ».

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Inna Doulkina

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