Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer Poutine

Les élections ont eu lieu. A bientôt soixante ans, Владимир Владимирович Путин a été élu dès le premier tour. Surpris ? Relisez notre dernier éditorial. C’est moins la cuisson que la préparation qui compte pour faire un bon пельмень (s. pelmen, pl. pelmeni). Rouler, couper, remplir, plier et pincer la pâte pendant des heures tout en chantant, racontant des histoires et en buvant aussi de la vodka. C’est ça la politique russe. 

Après Борис Николаевич le tribun débonnaire, encore et toujours Влади́мир Влади́мирович le stratège. Les ayatollahs de la démocratie gloussent. A quoi bon juger. La Russie n’a que vingt ans. Où en était la France vingt ans après 1789 ? Un Napoléon tout puissant, se couronnant empereur en 1804, rétablissant la censure et les prisons d’Etat (1810) avant de créer les Sapeurs-pompiers de Paris (1811) et de mener la funeste campagne de Russie (1812).

Et Vladimir Poutine est assurément moins omnipotent ou belliqueux que Napoléon. Qu’a-t-il fait en dix ans ? A l’intérieur de la Russie, il a navigué entre fans de Docteur Folamour2, idéalistes passionnés par Retour vers le futur3 et démocrates dépressifs nourris à Beregis avtomobilya4. A l’extérieur, il a marqué son territoire et s’est montré tâtillon sur les alliances et le droit international.

Je vais répondre à une question qui, au fond de la salle, ne m’a pas été posée.

Charles de Gaulle 

Poutine a fait preuve de pragmatisme mâtiné de cynisme. A l’exception des « chiottes » tchétchènes, « l’ex-Président, ex-Premier ministre, Président » préfère en effet la boutade limite sarcasme aux propos tonitruants style pompier toujours en vogue en France (il suffit de voir Hollande en campagne). Encore une fois la différence entre les pelmeni et les nouilles.

Mais comme notre journal est plus qu’un livre de cuisine et que la société russe nous intéresse autant qu’une bonne bouffe entre copains (ce n’est pas peu dire), ce numéro du Courrier de Russie s’intéresse à Poutine tel qu’il est et pour cela, […]

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Jean-Luc Pipon

Dernières nouvelles de la Russie

Éditorial

Ukraine, Irak, Gaza : bonne rentrée !

A quoi bon prendre la vie au sérieux puisque de toute façon nous n’en sortirons pas vivants ? Alphonse Allais Un été de plus qui se termine. Qu’en restera-t-il ? Pour beaucoup d’expatriés rentrés en France pour l’occasion, le souvenir d’une météo pourrie ! Mais vacances ou pas vacances, le monde a continué de tourner et le moins que l’on puisse dire est que les jours passent et se ressemblent tous. Partout, des pays entiers à feu et à sang. En Syrie, au Mali, en Ukraine, en Israël, en Irak pour ne parler que des conflits sur-médiatisés. En Irak, journalistes et hommes politiques admettent implicitement l’existence d’un État Islamiste. Les séparatistes ukrainiens peuvent-ils se frotter les mains et attendre patiemment leur tour ? Non. En Irak, la « reconnaissance » de l’État Islamiste ne vise manifestement qu’à faire sortir du bois une opposition protéiforme pour mieux lutter contre. Sauf qu’il n’y a pas beaucoup de bois en Irak. La partie est donc loin d’être gagnée et l’on peut s’interroger sur la clairvoyance des États-Unis à l’égard de ce pays depuis plus de vingt ans et plus généralement sur la tendance de l’Amérique à vouloir infléchir la politique des uns et des autres partout dans le monde depuis plusieurs décennies. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

28 août 2014
Éditorial

La justice française ou l’amour vache

On ne gagne rien à vouloir paraître ce qu’on n’est pas réellement. André Santini En Russie, il fait enfin beau ou presque. La Russie se remet doucement de sa dispute avec le reste du monde à propos de l’Ukraine. Et gouverner étant surtout prévoir, la Russie se tourne vers l’Est. Mais nulle raison pour l’Europe de s’affoler. L’Ouest reste le principal partenaire de la Russie. Pour les exportations russes (64 %), les importations (51 %), le capital (flottant) des sociétés cotées russes détenu par les étrangers (54 %) et les prêts bancaires consentis à la Russie (75 %). Le mouvement à l’Est est une évolution, pas une révolution. Ici comme ailleurs, la Russie se construit dans l’adversité et difficile de dire si c’est à la lettre ou plutôt dans l’esprit. Parfois l’un, parfois l’autre, voire les deux ! On aime surtout les grands principes, les grands rêves. De là, la « Grande » Russie, Poutine tel un tsar, etc., etc. Sauf que le diable se glisse toujours dans les détails ! Tel ce prêtre orthodoxe se réjouissant de la défaite de l’équipe russe à la Coupe du monde de football au motif que cette dernière ne serait plus qu’une entreprise de promotion du drapeau arc en ciel (emblème des gays) depuis que de nombreuses équipes portent des chaussures de couleurs dépareillées. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

18 juillet 2014
Éditorial

La France va-t-elle inventer le 14 juillet flottant ?

C’est une maxime bien essentielle dans le gouvernement, de prévenir que les peuples ne tombent dans une sorte d’indifférence qui leur fasse penser qu’il est égal de vivre sous une domination ou sous une autre.Louis XVI, Réflexions Quand on vient vivre en Russie, l’une des premières choses que l’on découvre est le jour férié flottant ! Comme l’agenda traditionnel qui ne mentionne pas les jours du calendrier. Seraient-ce des restes de dialectique marxiste qui visait à casser les codes d’un monde trop établi ? La vérité est plus prosaïque. « On ne gouverne pas un peuple contre ses habitudes », disait Louis XVI. En Russie, si le jour férié tombe un jour chômé, il est déplacé au jour travaillé le plus proche. De même, les horaires de travail étant traditionnellement articulés en « deux jours de travail – deux jours de repos », articuler l’agenda autour de la semaine calendaire n’a pas vraiment de sens. C’est toujours vrai aujourd’hui et il n’y a guère que l’école française à Moscou pour ignorer les jours fériés russes et appliquer les jours fériés français. Témoignage d’une république universelle ? Probablement une simple affaire de droit du travail, de statut de la fonction publique ou la nécessité d’un régime uniforme partout dans le monde. […] Partager :Cliquez pour envoyer par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur LinkedIn(ouvre dans une nouvelle fenêtre)Cliquez pour partager sur Google+(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

3 juillet 2014