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Pourquoi ils ont tort !

Pourquoi ils ont tort !

Les Russes qui ont défilé le 4 février dernier sur la rue Yakimanka et chanté en chœur avec Iouri Chevtchouk sur la place Bolotnaïa Je rentre au pays, je rentre en Russie. Ils peuvent dire qu’elle n’est plus toute belle – nous, on l’aime telle quelle ne méritent pas que des bravos. On peut, au risque de se retrouver à prêcher dans le désert, leur adresser toute une série de reproches. Ils ont, d’abord, la mémoire courte : en clamant leur « ras-le-bol » de Poutine, ils oublient que c’est pourtant sous son « règne » qu’ils ont pu s’offrir la belle voiture qu’ils ornent désormais d’un ruban blanc pour faire le tour du Koltso anti-poutinien ou encore le dernier iPhone qui leur permet de suivre en temps réel les préparatifs de la prochaine manif’. L’embourgeoisement de la société russe – pour parler polit-correctement, l’apparition d’une classe moyenne représentant aujourd’hui près de 11% de la population – a eu lieu sous et grâce à Poutine. C’est lui qui a orchestré une distribution plus large de la rente pétrolière, sur laquelle vivent précisément les nombreux médias, bureaux de design et autres agences de com’ employant une partie conséquente des manifestants.Outre cette tendance amnésique, on peut reprocher aux Russes de la place Bolotnaïa le peu d’intérêt qu’ils manifestent envers la politique même de ce Premier ministre devenu objet de toutes les haines. Soyons clairs ! Si les manifestants déclarent « en avoir marre » de Poutine et de son régime, ce n’est certes pas parce que le gouvernement prépare actuellement une loi qui rendra l’enseignement secondaire semi-payant ou prévoit de supprimer les subventions pour les villes monoindustrielles.

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Inna Doulkina