Le Courrier de Russie

Salle d’attente

« Nous vivons dans une salle d’attente », écrit en 1963 le poète Robert Rojdestvenski. Il est alors âgé d’une trentaine d’années et occupe une place non négligeable dans la « jeune poésie » de l’après-XXe Congrès du Parti communiste d’Union soviétique (PCUS), organisé en 1956.

Au moment de l’écriture du poème, le « Dégel » poststalinien se poursuit, mais on sent déjà se dessiner l’éventualité d’un « regel ». Robert Rojdestvenski ne parle pas d’espoirs ni même d’attentes ‒ ce serait encore trop optimiste. Il ne parle que de « salle d’attente », autrement dit d’un lieu généralement peu agréable, qui peut être le prélude au pire comme au meilleur : un voyage ou l’extraction d’une dent…

1964 : Nikita Khrouchtchev est limogé. […]